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02/09/2013

Hommage au CBA Hélie de Saint-Marc, Légionnaire-para, écrivain.

 

Sans conscience, pas d'honneur.

Sans devoir d'obéir à sa conscience, pas d'honneur.

Honneur brille au drapeau avant Patrie.

Capitaine Magniez, "Sois bon soldat", 1904.

 

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Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant à 19 ans, arrêté par les nazis sur dénonciation et interné au camp de Buchenwald. Est l’un de 30 survivants d’un convoi de plus de 1000 déportés. Saint-Cyrien. Légionnaire. Guerre d’Indochine avec le 3e REI et le 2e BEP. Guerre d’Algérie avec le 1er REP qu’il commande par intérim. Entre en opposition avec la politique menée par le gouvernement. Refuse d’abandonner les français d’Algérie et les harkis. Passe 5 ans en prison avant d’être gracié. Réhabilité dans ses droits civils et militaires en 1978. Ecrivain. Prix littéraire de l'Armée de Terre Erwan Bergot en 1995 et prix Fémina en 1996 pour « Les champs de braises ». Grand-croix de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation, Croix de guerre des TOE avec 8 citations, Croix de la valeur militaire avec 4 citations, Médaille de la résistance, Croix du combattant volontaire de la Résistance, Croix du combattant, Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient », Médaille commémorative de la guerre 1939-1945, Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance, Médaille commémorative de la campagne d'Indochine, Médaille commémorative des opérations du Moyen-Orient (1956), Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie », Insigne des blessés militaires (2), Officier dans l'ordre du mérite civil Taï Sip Hoc Chau. Décède le 26 août 2013.

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Ce soir-là, je regarde le journal de 20h et les chaînes d'information. Combien de secondes accordées  au CBA Hélie de Saint-Marc ? Les avez-vous comptées ?

Alors que les tambours de la guerre ne cessent de gronder, Afghanistan, Libye, Mali… Syrie. A quoi est dû ce silence assourdissant des médias ? Est-ce de l’indifférence ? Indifférence des médias seulement, ou indifférence de la France ?

Si la France détourne son regard lors du dernier voyage d'un vieux soldat, peut-elle encore regarder dans les yeux les jeunes gens qu’elle envoie combattre, pour elle, au bout du monde ? Peut-elle regarder dans les yeux la maman de Jean-Nicolas Panezyck, mort en Afghanistan ? Peut-elle regarder dans les yeux la fille d’Alexandre van Dooren, mort au Mali ?

J'écris cela sans rancœur : Sur le Net, où la parole n'est pas muselée, j'ai vu fleurir des milliers d'hommages. Mots simples de vieux soldats, certes, mais aussi de "ménagères de moins de 50 ans", de jeunes mamans, d'adolescents... Une multitude d'anonymes qui ont salué le Commandant, les yeux dans les yeux. Une France au regard franc. La vraie France.

 

« Reposez en paix Monsieur Hélie Denoix de Saint-Marc...

L’hommage que le journal télé ne vous donne pas, prenez-le de ces quelques lignes.

Merci d’avoir été.

Merci du fond du cœur. »  

Commentaire d'une jeune-femme lectrice de La Plume & L’Epée, sur notre page FaceBook.

 

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***

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Œuvres d'Hélie de Saint-Marc

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Ed. Perrin.

Les Sentinelles du soir, Ed. Les Arènes.

Indochine, notre guerre orpheline, Ed. Les Arènes.

Notre histoire (1922-1945) avec August von Kageneck, conversations recueillies par E. de Montety, Ed. Les Arènes

Toute une vie, en collaboration avec Laurent Beccaria, Ed. Les Arènes.

L’Aventure et l’Espérance, Ed. Les Arènes.

***  

 

Le CBA de Saint-Marc a été inhumé le 30 août dernier.

Lors de la cérémonie religieuse en la primatiale Saint-Jean de Lyon, devant  plus d'un millier de personnes rassemblées pour un dernier hommage, l'une de ses filles s'est ainsi exprimée :

"Tu as préféré l'honneur aux honneurs".

 

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Un homme doit garder la capacité de résister, de s'opposer, de dire "non". Ensuite, il n'a pas à s'excuser. Trop d'hommes agissent selon la direction du vent. Leurs actes disjoints, morcelés, n'ont plus aucun sens. 

CBA Hélie de Saint-Marc

 

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"Le dernier saut du para" 

Dessin publié sur la page FB des « amis d’Hélie de Saint-Marc »

 

«J’ai choisi une direction tout à fait différente de celle du général Salan. J’ai choisi la discipline, j’ai également choisi de partager avec mes concitoyens et la nation française la honte de l’abandon. Ceux qui comme moi ont vécu, ont combattu en Afrique du nord ressentent davantage cette honte, mais j’espère que beaucoup de Français qui se renseignent la ressentent également et je pense que ceux –là garderont quelque indulgence pour  celui et pour ceux qui n’ont pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle. 

L’Histoire dira peut-être que leur crime fut moins grand que le nôtre ».

Général de Pouilly, déposant au procès du Général Salan.

 

 

 

 

  Livres, commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, 1er REP

26/08/2013

« Hommage & Valeurs », Sylvain Auché, photographe. Ed. Prividef.

Toutes les photos © Sylvain Auché, publiées avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

 

A genoux les hommes,

Debout les officiers !

Ecole Spéciale Militaire, Cérémonie du Triomphe

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Après-midi du 20 juillet, Coëtquidan. Le réjouissant triomphe du tonneau vient de s'achever, donc retour au Festival International du Livre Militaire, pour saluer une dernière fois les auteurs. Discussion avec Mme L, charmante organisatrice. Nous souhaitons la féliciter pour l’organisation  et la remercier pour son accueil : « Avez-vous rencontré Sylvain Auché et vu son livre sur Saint-Cyr ? ». « Mais non… »

Fichtre ! Dire que nous avons failli passer à côté ! 

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Après six années au 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique, Sylvain Auché a troqué le canon qui fait « boum » pour le Canon qui fait « clic ». Et quelle bonne idée il a eu ! Depuis sept ans désormais, il fait de l’Ecole Spéciale Militaire son sujet de prédilection.  

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Sylvain Auché en dédicace au FILM

Nous avons entre les mains un livre format à l’italienne, succession de photos toutes plus belles les unes que les autres. On y trouve, bien entendu, du beau gosse et du bel uniforme, casoar flottant au vent,  mais aussi la grimace dans la bouillasse du stage commando. Il y a du romantisme, prise d’arme au clair-obscur, comme la mâchoire crispée, regard de killer, face à l’obstacle à franchir.

C’est ma-gni-fi-que.

Et puis le texte basé sur des « classiques », citations, poèmes, extraits des chants de l’ESM... Parti pris intelligent. 

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"Hommage & Valeurs" ne se chronique pas. Il se déguste, s’admire. Voici donc, comme un hommage, six photos de Sylvain extraites du livre et du DVD joint (bonne idée), accompagnées de « La Gloire » du Capitaine Rollin, Saint-Cyrien de la promotion Sud-Oranais (1902-1904).

 

La Gloire 

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© Sylvain Auché 

 

Voulant voir si l'École était bien digne d'Elle,

La gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.

 

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© Sylvain Auché 

 

On l'y connaissait bien, ce fut avec plaisir

Que tous les Saint-cyriens reçurent l'immortelle.

 

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© Sylvain Auché 

 

Elle les trouva forts. Ils la trouvèrent belle.

 

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© Sylvain Auché 

 

Après trois jours de fête, avant de repartir

La Gloire voulant à tous laisser un souvenir

Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.

 

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© Sylvain Auché 

 

Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.

Mais un soir de combat, prêt de fermer les yeux,

Un Saint-cyrien mourant le mit sur sa blessure

Afin de lui donner le baptême du sang.

 

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© Sylvain Auché 

 

Et depuis nous portons, admirable parure,

Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

 

Capitaine Rollin

 

***

"Hommage & Valeurs", de Sylvain Auché. Un petit chef d'oeuvre de livre. Quel bel hommage aux valeurs de l'ESM !

 

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Edité par Prividef. Pour vous le procurer, voir ici.

***

  

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Hommage

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Au CNE Thomas Gauvin, 1er RCP, major de la promotion Capitaine Beaumont (2005-2008), mort pour la France  en Afghanistan,

Aux Saint-Cyriens morts pour la France,

Aux blessés.

  

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc

 

La vague du temps emporte chants et rires,

Des prénoms s’effacent, reste quelques sourires,

Mais dans le bleu cristal de ce grand souvenir

Seigneur, garde moi ce qui me fit Saint-Cyrien.

 

 * * *

Hommage

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Au Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc

Saint-Cyrien, Légionnaire du 1er REP,

Grand-croix de la Légion d'honneur,

envolé ce jour 26 août 2013 pour le paradis des combattants.

Nul doute qu'il y sera dignement accueilli. 

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Un ami m’a dit un jour : « Tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ». Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié.  

 

De profundis clamavi ad te, Domine

Chant de la promotion sortante 2010-2013 Chef de Bataillon Bulle,

 conclusion de la cérémonie du Triomphe du 20 juillet dernier,

vécu en live par le Chasseur et la Russe-blanc, non sans émotion.

Nos photos du Triomphe ici.

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© Sylvain Auché 

 

Car les Casoars n’ont jamais été aussi beaux 

que dans la bourrasque des vents contraires.

 

 

 

 

 

 

 

   Livre, photos, ESM Saint-Cyr, Ecole Spéciale Militaire

11:34 Publié dans Mili-Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2013

Mili-Reportage : Festival International du Livre Militaire, Saint-Cyr Coëtquidan

Photos © Natachenka & A. Broquet

 

 

 

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Le Festival International du Livre Militaire. Comment rater un tel évènement ? Une centaine d’auteurs, un millier de livres, le campus grandiose de Coëtquidan, un accueil chaleureux, une organisation parfaite, des auteurs très disponibles, tous plus sympas les uns que les autres (mais ça, nous le savions déjà !)...

Même le soleil a fait une incursion en Bretagne pour l’occasion ! (amis bretons, on rigole, hein J)

Et pour couronner le tout, comme une apothéose : le Triomphe.

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Que demande le peuple ?

Des livres ! Des livres ! Alors, en voilà :

Commençons par des retrouvailles :

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 Le Capitaine Brice Erbland, tout bronzé, désormais grand habitué des photos de groupies de La Plume & L’Epée.

 

Depuis notre dernière rencontre, « Dans la griffes du Tigre » est auréolé du prix spécial Erwan Bergot de l’Armée de Terre et du prix spécial de la Saint-Cyrienne (association des élèves et anciens élèves de l’Ecole Spéciale Militaire). Mérité !

Chronique ici.

Aux éditions Les Belles Lettres. Pour vous procurer le livre, voir ici.

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Son éditeur Mr « Les Belles Lettres » nous a fait remarquer que Brice avait rejoint la collection « Mémoire de guerre » où  le nom de l’auteur est écrit en caractères plus grands que le titre du livre… Maréchal Soult, Winston Churchill...

Commentaire de Brice : "Et je suis le seul auteur de la collection toujours  en vie". J

*** 

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 « Quoi ? Encore des photos ? » « Oui Yohann. Encore des photos ». clic. J

 

Le Sergent-Chef Yohann Douady, 2e RIMa, pour « D’une guerre à l’autre ». Finaliste du prix Erwan Bergot , porte-drapeau, avec le LCL Marc Scheffler (voir plus loin), des éditions Nimrod. Nos fidèles lecteurs savent tout le bien que l’on pense du récit de Yohann. Un témoignage incontournable sur la Côte d’Ivoire et l’Afgha, doublé d’un chef d’œuvre d’écriture. On ne se lasse pas de le dire.

Chronique ici.

Pour vous procurer le livre, voir ici.

*** 

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Après de bien sympathiques échanges via Internet, enfin l’occasion de rencontrer le Caporal-Chef Emmanuel Gargoullaud du RICM,  dont le récit biographique « L’Afghanistan en feu », très bien mené, ravira tous les fans de Marsouins (qui ne l’est pas ?).

Chronique ici.

Aux éditions Economica. Pour vous procurer le livre, voir ici.

« Je n’aime pas tellement les photos… » « Ah oui mais quand on porte l’uniforme du prestigieux RICM, on n’y coupe pas, Emmanuel ». clic.

*** 

 

Et maintenant, de belles rencontres attendues, présageant de belles lectures, attendues elles-aussi !

 

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Nous savions déjà par M’sieur Nimrod que le LCL Marc Scheffler était un gars sympa. Nous n’avons pas été déçus… Longue discussion, qui rend frustrant le fait de ne pouvoir lire 10 livres à la fois en moins d’une semaine, tant « La guerre vue du ciel » s’annonce passionnant. Le récit biographique d’un pilote de Mirage 2000D, de son intégration en escadron de combat aux opérations sur la  Libye, l’Afghanistan… c’est de l’inédit ! 

Notons la collaboration pour l’écriture avec Frédéric Lert, une référence dans le monde de l’aéronautique et  comme toujours avec Nimrod une couverture percutante à l’anglo-saxonne dans laquelle Marc s’est largement impliqué.

Aux éditions Nimrod. Pour vous procurer le livre, voir ici.

*** 

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Accueil très chaleureux du Colonel (e.r) Thierry Jouan (et de Madame !) « Une vie dans l’ombre » a de quoi nous intriguer. 13 ans au service Action de la DGSE. On peut se douter que tout n’y sera pas conté. On peut comprendre aussi quelques grincements de dents, de ci de là, dans la blogosphère Défense… Quant à nous, on se réjouit de lire, et d’en apprendre (un tout petit peu) plus…

Aux éditions du Rocher. Pour vous procurer le livre, voir ici.

 

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Retour du FILM : « Une vie dans l’ombre », coup de cœur de la FNAC Paris Saint-Lazare.

[Private] J’adresse un coucou un rien taquin (mais amical) à une personne qui m’avait dit « Il est impossible d’obtenir une dédicace du Colonel Jouan ». A cela j’avais répondu : « Vous connaissez mal les Chasseurs… ». Et zou :

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Le COL Thierry Jouan et Madame, au 2nd plan le LCL Marc Scheffler.

***  

 

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Rencontre attendue là-encore, pour avoir longuement échangé par tél et mail, avec le photographe Alphonse-Bernard Seny. Nous découvrons enfin « Le temps de l’action ». Aimant savourer les beaux livres, au calme, une bière, un whisky, (de l’eau ferrugineuse), à portée de la main, nous ne l’avons que feuilleté ; mais c’est déjà une évidence : un beau livre comme on les aime, grand format, beau papier et, avant tout, les photos sublimes des Gaulois du 92e RI en Afgha. « Le temps de l’action » rejoint les *grands* livres-photos publiés ces dernières années par José Nicolas, Thomas Goisque, Jean-Baptiste Degez…

Pour vous procurer le livre, voir ici.

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Ajoutons qu’Alphonse est un personnage haut en couleur. Un régal de remonter le Mékong avec lui. Saluons aussi son sympathique coéditeur. 

***  

Et maintenant, des découvertes :

La solidarité existe entre auteur : « Vous avez vu le livre d’un tel ? Cela devrait vous intéresser… »

Entrent donc dans le « pipeline » des lectures et futures chroniques de la Plume & L’Epée :

 

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« 15 ans au GIGN », par Eric Delsaut et Guillaume Moingeon. Le GIGN, mes voisins de Satory ! A force de les fréquenter dans le petit supermarché, je pourrais écrire le récit de leurs poussées de caddies dans le rayon fruits et légumes… Mais quelque chose me dit que le récit d’Eric va être un tout petit peu plus intéressant… J Bientôt donc, place aux Gendarmes d’élite sur la Plume & l’Epée !

 

Aux éditions L'àpart. Pour vous procurer le livre, voir ici.

 ***  

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Retour au service action de la DGSE. Certains se souviendront du ramdam occasionné en 2006 par la sortie de « Un agent sort de l’ombre ». Depuis cette époque de l’espion a coulé sous les ponts...  Pour preuve, le récit de Pierre Martinet est désormais disponible chez J’ai Lu. L’édition de poche : une évidente consécration.

Pierre est également auteur de deux romans : Cellule Delta et Opération sabre d’Allah, mais dans le contexte des services secrets, quelle est la part de témoignage, qu’elle est la part de fiction ?

 

Pour vous procurer ses  livres, voir iciici.

*** 

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Enfin, bel hommage à Messieurs Bazars et Cyrards : un livre splendide, accompagné d’un DVD, sorti pile-poil pour le Triomphe : « Hommage & Valeurs » du photographe, ancien artilleur, Sylvain Auché. Dire que l’on a failli passer à côté ! Une découverte grâce à la sympathique organisatrice du FILM (avez-vous vu le livre de Sylvain ?), et cela aurait été un drame de le rater, car ce livre-photo est une pure merveille !

Aux éditions Prividef. Pour vous le procurer, voir ici.

Nous y reviendrons rapidement, l'occasion de revenir sur le Triomphe, cérémonie aussi grandiose qu’émouvante. A genoux les hommes…

*** 

 

Nous ne manquerons pas de saluer aussi tous les autres auteurs présents. Histoire, stratégie militaire, BD, livres pour enfants... de quoi satisfaire tous les goûts et intérêts.

 

 

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Oui, la vie a été parfois dure au FILM…

(délicate attention, à mon réveil : une bière fraiche posée juste à ma droite… J)

Une petite sieste pour recharger les batteries, avant :

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Voilà, c’est la rentrée : Le Chasseur reprend sa plume et la Russe-blanc son épée. Au programme des prochaines semaines, que du bonheur : « Au service de l’espoir » du CNE (e.r) Philippe Stanguennec, pilote de Transall [absolument jouissif ! Ah Stang…], « La Légion » de l’ADJ (e.r) Thomas Gast [mon frère de cœur, entre Edith et Marlène (vous comprendrez)], « Afghanistan – La guerre inconnue des soldats français » du reporter-photographe Nicolas Mingasson, « embedded » (intégré) au 21e RIMa en Afghanistan, en quelque sorte « associé » au SGT Christophe Tran Van Can, à qui l’on doit « Journal d’un soldat français en Afghanistan ». [Je m’attendais à un bon livre, mais on bien est au-delà. Un must].

Et aussi une incursion dans la poésie Légionnaire…

 

Mais en attendant :

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22/07/2013

« Toujours y croire », roman d’Arthur Hopfner, Commando Marine (e.r), Ed. Edilivre, et mili-brake…

 

  

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Opex-lecture. © ECPAD

 

Chers lectrices et lecteurs,

La Plume & L’Epée fait une pause de 3 semaines, histoire de recharger les batteries. Rassurez-vous, ce n’est pas le blog qui nous épuise… bien au contraire, il nous donne la pêche ! Mais nos vies professionnelles et familiales restent denses. Alors, même si c’est sans commune mesure avec ce qu’endurent nos garçons et filles en OPEX, quelques jours de farniente sont bienvenus.

L’été n’est-il pas l’occasion d’une bonne lecture ? Nous vous avons parlé de nombreux récits, mais pourquoi pas un roman ? Les chefs d’œuvre ne manquent pas. Mes préférés ? « Pour qui sonne le glas » d’Ernest Hemingway, « La Bandera » de Pierre McOrlan, « Week-end à Zuydcoote » de Robert Merle, « A l’ouest rien de nouveau » d’Erich-Maria Remarque, « Le désert des Tartares » de Dino Buzatti, « Le Crabe-Tambour » de Pierre Schoendoerffer, tous les Lartéguy : Les Mercenaires, les Centurions, les Prétoriens…  etc. etc. etc.

Ou pourquoi ne pas donner sa chance à un roman écrit  en 2013 par un Commando Marine ? Original, non ?

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Arthur Hopfner, après 20 ans de forces spéciales, prend la plume du romancier avec « Toujours y croire ». Bien entendu, nous ne dévoilerons pas l’intrigue puisqu’il s’agit d’une fiction. Reprenons simplement le synopsis :

 

« Jacques Mandrier, membre des forces spéciales, est un homme comblé.

Une femme qui l’aime, un fils dont il est fier et un métier passionnant qu’il adore, sans oublier des amis sincères.

Pourtant, après 20 ans au sein des Commandos Marine, il arrive à un carrefour de sa vie professionnelle où il va devoir, afin d’être plus présent auprès des siens, faire des choix.

Mais le destin va en décider autrement et c’est un combat auquel il ne s’attend pas qu’il devra livrer. De Paris à Bagdad en passant par Riyad, il lui faudra à nouveau comprendre, s’adapter puis dominer et riposter… pour retrouver le bonheur dont on l’a privé.

Ses convictions d’homme l’aideront à toujours y croire… » 

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Arthur Hopfner

Oh, Arthur ne revendique pas le prix Goncourt ! Mais il nous offre un sympathique moment de lecture. L’intrigue est bien menée ; le style simple sied aux personnages ; Oui, un rien de romanesque, mais c’est la loi du genre. On ne peut que se prendre d’affection pour « Jacques Mandrier », compatir au drame qui le touche, se réjouir pour lui quand le jour se lève…

C’est un roman, certes, mais les multiples références fleurent bon les Forces Spéciales. Et par-dessus tout transpire l’esprit de fraternité qui règne parmi les Commandos Marine. Et là, nous ne sommes pas dans la fiction.

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Il ne vous reste qu’à trouver une place à l’ombre, « Toujours y croire » dans la main gauche, une bière fraiche dans la main droite…

 

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Pour vous procurer le livre, voir ici.

Page FaceBook d’Arthur : ici.

 

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Jeu lancé par Arthur : « Toujours y croire » à travers le monde : Sénégal, Tahiti, Grand Canyon, Las Vegas… Votre Chasseur a participé avec Versailles, certes moins exotique…

 

 

arthur-hopfner-du-beret-vert-a-la-plume.jpgMessage d’Arthur Hopfner sur sa page FaceBook.

 

Aujourd'hui, c'est l’anniversaire de S... J 'ai eu la chance de l'avoir vu arriver au Commando, à Jaubert. J'étais son chef d'escouade. Il avait vingt ans et avait tout à découvrir. 20 ans plus tard cet homme est père de famille, chef de groupe à son tour, il a effectué plusieurs missions en Afghanistan. Lors de l'une d'entre elles, il a perdu l'un de ses hommes après une nuit de combat au contact direct de l'ennemi, nuit épouvantable qu'il va garder en mémoire toute sa vie. Pourtant, quelques mois plus tard, il y retournera et repartira chasser le taliban et effectuer son travail de forces spéciales avec professionnalisme, en veillant sur la vie de chacun de ses hommes. Au moment d'écrire ces lignes il est toujours en première ligne là-bas sur le continent africain, l'endroit dont nous parlent tant les médias. Alors je suis heureux que mon livre sorte ces jours-ci, parce qu'à travers lui je voulais rendre hommage à ces hommes de l'ombre, ces frères d'armes, pères de famille, passionnés de rugby, de foot ou de sport et surtout aimant la vie, qui se battent aux quatre coins du monde, pour nous, pour notre liberté. Mon héros "Jacques Mandrier" pourrait être S... dans sa mentalité, ses valeurs, ses conceptions de l'amitié, de l'amour, du drapeau. Bon anniversaire S... Je suis très fier de toi.

* * *

Rassurez-vous, nous revenons bien fin-août, avec un reportage sur le très réussi Festival International du Livre Militaire, et le (splendide !) Triomphe de Saint-Cyr Coëtquidan, où nous avons fait de belles rencontres, en sus de joyeuses retrouvailles avec le CNE Brice Erbland, le SCH Yohann Douady, le CCH Emmanuel Gargoullaud...

Mais vous craignez que nos sources d'inspiration se tarissent ? Là aussi, rassurez-vous et jugez :

"Au service de l'espoir" du CNE (e.r) Philippe Stanguennec, du CoTAM ;

"La Légion" de l'adjudant légionnaire (e.r) Thomas Gast ; 

"15 ans au GIGN" d'Eric Delsaut ;

"La guerre vue du ciel" du LCL Marc Scheffler, pilote de Mirage 2000D ;

"Afghanistan, la guerre inconnue des soldats français" du reporter-photographe Nicolas Mingasson ;

"Journal d'un soldat français en Afghanistan", du SGT marsouin Christophe Tran Van Can ;

"Une vie dans l'ombre" du COL (e.r) Thierry Jouan ;

"Un agent sort de l'ombre" de Pierre Martinet, ancien de la DGSE ;

"Task Force Tiger" du COL Nicolas Le Nen, 27e BCA, commandant le GTIA ;

"Le temps de l'action", les gaulois du 92e RI par le photographe Alphonse-Bernard Seny ;

"EV3" de l'engagé volontaire Patrick Camedescasse ;

"Soldats cibles" du marsouin François Lapuh ;

"D'ombre et de poussière" du binôme bien connu Goisque-Tesson ;

"Mon Afghanistan" du cousin québécois LCL Steve Jourdain ;

"Les cloches sonnent aussi à Kaboul", du padre Jean-Yves Ducorneau ;

Le magnifique livre-photo du photographe, ancien artilleur et Saint-Cyrien d'adoption Sylvain Auché... et j'en passe...

Dire que nous avons rencontré la majorité de ces auteurs... Oui, le Chasseur et la Russe-blanc ont bien de la chance.

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Courage à ceux qui restent sur le pont ! Quant aux autres :

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   Livre, roman, récit romancé, Commando Marine

15/07/2013

"Aito - Guerriers du Pacifique", les soldats polynésiens et le 511ème RT, film de Sébastien Joly

Photos publiées avec l'aimable autorisation de l'auteur. Droits réservés.  

 

‘Aito n’est pas un film sur la guerre, mais un film sur les hommes qui la font.

Sébastien Joly, dossier de presse d’Aito – Guerriers du Pacifique

 

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2011, base de Nijrab, un tringlot du 511ème observe la vallée de Tagab.

Vous habitez Papeete ? Alors, vous avez bien de la chance ! Non pour la baignade dans l’eau turquoise des lagons ou le coucher de soleil, assis sur une plage de sable blanc, adossé à un cocotier, mais parce que vous avez pu voir le film  ‘Aito  de Sébastien Joly :)

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Rappelons la genèse de ce projet un peu fou :

En janvier 2011, avec 500€ en poche, Sébastien quitte Tahiti. Objectif : suivre pendant 2 ans les soldats  français du Pacifique, tahitiens, néo-calédoniens.

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Sébastien Joly

C’est le 511ème Régiment du Train d’Auxonne qui accueille notre photographe-cinéaste aventurier. De cette immersion, déploiement de 2 mois en Afghanistan, stage commando, vie de quartier et de famille, Sébastien rapporte des photos sublimes et un film-reportage : ‘Aito (Guerriers en Polynésien).

Bande annonce d’Aito

Les temps sont durs (…) mais grâce au soutien d’entreprises et médias polynésiens, du Ministère de la Défense, des Tringlots d’Auxonne, renforcé par celui d’une centaine de coproducteurs de tout horizon, et grâce surtout à l’abnégation de Sébastien, l’aventure est menée à son terme.

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Le 4 juin dernier, ‘Aito est présenté en avant-première au cinéma Majestic de Papeete. Programmé du 5 au 11 juin, il est prolongé jusqu’au 18, puis jusqu’au 25.

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Nous sommes privilégiés; nous avons vu ‘Aito en avant-première (non, pas à Papeete… J). Et… c’est une belle réussite. Les hommes et femmes d’abord, tous très attachants, qui livrent des témoignages respirant l’honnêteté, avec un joli accent des antipodes. De l’action, tant en Afghanistan que pendant les entraînements commandos en métropole. La tension lors des convois sur les routes de Kapisa, mais aussi le cochon de lait cuit à l’étouffée sous un tas de terre, dégusté au son des ukulélés. De l’émotion aussi lors des séparations et des retrouvailles. Et la fierté de tous, chef de corps compris, pour le travail bien mené… Le tout porté par des images superbes et un très bon montage.

Pas d’esbroufe, de l’authentique.

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Sébastien nous a réservé une belle surprise en citant le blog au générique.

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Le dvd est disponible au prix de 25€ sur le site officiel ici. Vous y trouverez également toute une série d'objets "lookés" Aito, mugs, chevalières, patchs... C'est fort joli.

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 Polynésie française

Site de Sébastien ici. Page FaceBook .

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511ème RT

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Téva, 511ème RT.

Depuis la seconde guerre mondiale et son bataillon du Pacifique, les polynésiens se battent pour la nation.

Quoi de plus normal que de leur rendre hommage ?

Sébastien Joly, dossier de presse ‘Aito

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Juillet 2011, à Douchanbé capitale du Tadjikistan, Teata du 152ème RI s'apprête à décoller pour Kaboul. © Sébastien Joly.

Haka des soldats polynésiens, 14 juillet 2011 

A rohi e Tahiti ite taua !

En avant Tahiti, en avant pour le combat !

Chant de guerre tahitien.

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08/07/2013

"Combattants sans passé", Robert Markus, 2ème REP.

Photos et extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

 

"Ces hommes d’exception qui choisissent de servir la France avec honneur et fidélité…"

Général Christophe de Saint-Chamas, Commandant la Légion Etrangère

 

 

Legio Patria Nostra. Trois mots qui résonnent dans le cœur de tous les Légionnaires, comme ils devraient le faire dans celui de chaque Français. Quels mecs quand même ces Képis blancs ! N’hésitez pas : avec « Combattants sans passé » du Sergent Robert Markus, imaginez-vous, le temps de la lecture de son récit, dans la peau de l’un d’entre eux…

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Entrez dans la peau de Robert ! Vous êtes un jeune gars, vous vivez à Maribor dans la belle Slovénie, vous êtes mécanicien et puis, non pas sur un coup de tête, car ce n’est pas votre genre, mais après mûre réflexion, vous quittez votre fille, votre mère, votre sœur, vos amis… Vous quittez toute votre vie et vous prenez un billet de train pour Marseille, pour servir la France sous le képi blanc.

Et pourtant, vous ne parlez pas un mot de français. Alors, dans un premier temps, vous jouez les ombres : « Un ordre. Que font les autres ? Je fais pareil ». Vous doutez parfois, mais dans la tête, les choses sont claires : vous atteindrez l’objectif que vous vous êtes fixé : intégrer la Légion, vaille que vaille, coute que coute.  Et vous marchez ! Vous courrez ! Vous sautez ! Vous suez ! Vous vous massacrez les pieds et le dos ! Oui, vous en ch*, mais  vous la fermez, même si parfois….

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Lors d’une marche, vous êtes appelé auprès du Lieutenant, pour servir de radio. En sus de votre arme, de votre sac qui vous déchire déjà le dos, d’une partie des affaires d’un camarade à la peine, vous portez tout le matériel radio.

Plusieurs fois le Lieutenant s’est retourné pour me demander si tout allait bien (…)  J’ai toujours répondu dignement, en serrant les dents, comme si tout allait bien. En fait, j’avais envie de jeter ce *putain* de poste de radio par terre, avec toute la force qui me restait, pour qu’elle explose en millions de morceaux !

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Mais si vous avez la chance d’être un homme de la trempe de Robert, vous tenez  le coup physiquement, et de plus, par une certaine forme de grâce,  vous respectez d’instinct les us et coutumes de la Légion.

Alors, même si vous ne maîtrisez toujours pas le français, la récompense est au bout : vous vous coiffez du képi blanc. Vous êtes désormais un Légionnaire. Tant ont échoué ou abandonné, que vous pouvez en être fier. Oh oui !

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Voici venu le temps de l’affectation. Vous restez dans un même esprit de saine ambition : légionnaire, c’est génial, légionnaire-para, ça l’est encore plus ! Donc ce sera le 2ème REP de Calvi. Ouais. Reste que, ce n’est pas vous qui décidez…

A Aubagne, accompagné de votre Lieutenant, vous vous présentez devant le Colonel du 1er RE qui va vous affecter. Votre français reste approximatif, mais vous êtes décidé :

- Où veux-tu aller ?

- Au 2ème REP, mon Colonel.

- Non, non. Toi, tu iras au 1er REC.

- Non mon Colonel. Je veux 2ème REP.

- [en fronçant les sourcils] Le 1er REC n’est pas assez bon ? Ce n’est pas la Légion étrangère ?

- La 1er REC bonne. Mais moi veux 2ème REP.

Après un coup d’œil au Lieutenant du 4ème RE, qui cache mal son sourire, le Colonel approuve. Ce sera Calvi.

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Et sans transition,  vous voici dans un Transall, au-dessus de la Corse, à jouer les pantins accrochés sous un bout de tissu. Rien que ça.

Je me suis quelque peu perdu dans les différentes émotions ressenties, le saut dans le vide, l’adrénaline, l’accélération du rythme cardiaque.

Il y avait l’avion, il y avait moi, l’altitude, le parachute, le saut, l’air…

Et puis,  jour après jour, vous vous fondez dans votre Patria, vous progressez en français, vous vous endurcissez encore plus, physiquement, mentalement ; vous ne bronchez pas aux ordres des Caporaux, qui règnent en maîtres sur les chambrées, vous nettoyez les toilettes sans moufter, vous buvez la bière…

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Evidemment, vous êtes jeune et vigoureux, cloîtré depuis des mois avec des mâles, donc certains besoins « physiologiques » de base vous titillent l’esprit (et le reste). Lors des premières sorties, vous pensez vivre l’aura du Légionnaire auprès des filles, mais, attention, les étincelles dans les yeux de certaines d’entre elles sont surtout allumées par l’aura de votre portefeuille…

Avec le nombre de b* qui étaient entrées et sorties de cette fille, on aurait pu construire une autoroute à quatre voies de Calvi à Paris…

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Et puis, à l’occasion, vous jouez des biscoteaux et balancez quelques châtaignes, mais c’est de tradition légionnaire…

Comme chaque année, la fête [de Noël] a été mémorable. Des spectacles de divertissement joués par des Légionnaires sur une scène de théâtre improvisée, une ambiance festive et des têtes chaudes. Cette fois, la compétition des forts caractères avait lieu entre les Anglais et les Polonais. Une bagarre a éclaté à peine une heure après le début des festivités, mais n’a pas duré longtemps. Quelques bons coups concrets et rapides ont été échangés, agrémentés par les insultes standards anglaises « fuck you » [va te faire…] et polonaises « Kurva » [salope]. Cette « performance théâtrale » imprévue a été le centre de l’attention. Nous sommes tous restés simplement assis en les observant, le Capitaine inclus, en attendant que les coqs combattifs se calment. Puis le Capitaine leur a tranquillement demandé s’ils en avaient assez, et si nous pouvions continuer avec le dîner et le spectacle.

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Et puis vous découvrez l’Afrique, antithèse de votre chère Slovénie… Le Tchad, la République Centrafricaine, la Gabon, le Congo, Djibouti…

Les hommes restaient tranquillement couchés devant leur cabane, dans l’ombre, sur le tapis (…) Ils regardaient autours d’eux en se grattant les c*, outils indispensables pour la fabrication d’héritiers de la pauvreté.

En Centrafrique, vous subissez le jeu de jeunes chenapans, qui empoisonnent vos tours de gardes au camp de Bangui :

Afin de protéger le garde dans le mirador des jets de pierres, un filet métallique a été installé.

Ces pestes ont rapidement inventé de nouvelles techniques plus sophistiquées pour nous embêter. Ils ont rempli des préservatifs d’urine et les ont jetés directement dans le filet de métal (…) au contact, les préservatifs explosaient…

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, et malheur au chef de bande que vous allez attraper un peu plus tard.

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L’Afrique ne cesse de vous surprendre…

Après une nuit blanche pour avoir « fait le barbelé » [forme légionnaire de « faire le mur »] et fêté votre anniversaire, vous embarquez pour un saut d’entrainement avec des paras centrafricains.

Je bataillais contre le sommeil alors qu’eux étaient apeurés à mort. (…) J’ai appuyé le front sur mes mains et fermé les yeux en pensant que j’allais pouvoir me reposer quelques minutes avant le premier saut. Erreur capitale. Dès le décollage, les soldats locaux ont commencé à chanter en chœur avec enthousiasme. J’ai levé la tête pour vérifier de mes yeux ce que mes oreilles ne pouvaient croire (…) Ils tapaient dans les mains au rythme d’une chanson d’église, semblait-il (…). Adieu sommeil. Amen.

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Vous avez aussi droit au grand écart de la sortie « culturelle » :

Petit a)  Il était interdit de plonger dans les profondeurs noires sans protection de caoutchouc. Si jamais le héros se présentait chez le médecin avec une maladie sexuelle, ce dernier l’aidait volontiers, en le piquant avec une aiguille énorme directement dans le plongeur téméraire. Le malheureux patient sautait de joie pendant au moins deux jours après la confrontation avec l’aiguille

Petit b) Le Capitaine a organisé une sortie au cinéma dans le centre culturel français, avec au programme le dessin animé Pocahontas. Quand nous sommes sortis du centre comme un groupe d’écolier en uniforme, nous avons été la cible de regards stupéfaits des parents…

Et puis aussi, à l’occasion, vous vous vengez gentiment d’un Lieutenant pénible, profitant de son assoupissement alors que vous conduisez le camion sur une piste. Vous visez le nid de poule et  *boum* réveil mode panique du Lieutenant. Evidemment vous vous faites engueuler, mais intérieurement, vous vous marrez…  (héhéhé).

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Oui, lisez « Combattants sans passé » et prenez-vous pour un Légionnaire ! Dans un style simple, direct, honnête, Robert vous offre cette chance. Changez de peau, le temps d’une lecture !

 

Chaque jeune homme tenté par le képi blanc devrait s’y plonger, car la Légion n’est pas un choix, c’est une vocation. Pour les anciens, que de souvenirs reviendront à la surface, avec à n’en pas douter, une certaine émotion. Quant à tous les autres, ils refermeront le livre avec le sentiment d’en avoir appris beaucoup sur ce corps d’élite, si atypique, dont la France est si fière et à juste raison.

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SGT Robert Markus et ADC Jean-Yves Saulnier 

Et lisez aussi « Combattants sans passé » pour Robert, l’archétype du Légionnaire au sens le plus noble du terme, un type large d’épaules, clair dans sa tête, droit dans ses rangers. Un type pour qui les mots Honneur et Fidélité ont encore un sens. Un Slovène, dont la France peut s’enorgueillir de l’avoir adopté pour fils.

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Robert et le Général Bidart

*

robert_markus.jpgRobert Markus est né en Slovénie. Après son service militaire dans la défunte armée yougoslave, et pour des raisons que nous tairons, tradition Légionnaire oblige, il quitte sa ville natale de Maribor et s’engage dans la Légion. Affecté au 2ème REP de Calvi, il participe aux principales OPEX des années 1990 et 2000 : Tchad, République Centrafricaine, Gabon, Congo, Bosnie-Herzégovine, Djibouti, Kosovo, Guyane, etc. Il est nommé Sergent en 2001.

Robert quitte la Légion après 15 ans de service aux 2ème REP, 13ème DBLE, 4ème RE et 2ème REI. Il est marié à Aleksandra et vit dans le sud de la France.

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Robert s’est lancé seul dans cette belle aventure littéraire, qui retrace ses 5 premières années de Légionnaire. Ecrit en slovène, son récit a été traduit en français par sa femme Aleksandra. Devant le succès en Slovénie (classé best-seller, et oui…), Robert poursuit l’aventure avec «  Légion ; anecdotes et traditions », dont il fait actuellement la promotion dans son pays natal. On espère pouvoir le lire bientôt en français… 

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 Pour vous procurer « Combattants sans passé », et contacter Robert (accueil sympathique garanti) voir ici.

 

 

 *

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Hommage

Aux Légionnaires morts pour la France

Aux blessés

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux bérets verts

 

Respectueux des traditions,

attaché à tes chefs,

la discipline et la camaraderie sont ta force,

le courage et la volonté tes vertus. 

Code d’honneur du Légionnaire

 

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Et moi le vieux Chasseur à pied, dinosaure d’un corps historiquement prestigieux, qui ne survit que grâce au 16 (Dieu soit loué) ; ces Vitriers à l’esprit quelque peu fantaisiste, protestataires, voire frondeurs dès que l’on touchait à leurs traditions, allant jusqu’à renommer les couleurs qui ne leur convenaient pas… Bleu cerise ! Jonquille ! Ce corps des Chasseurs à pied pourtant si vaillant, auquel j’ai eu l’honneur d’appartenir,  comme avant moi mon arrière-grand-père et mon grand-père ;  ces diables bleus qui n’ont pourtant jamais démérité, « Qu’on nous fasse marcher plus vite, mais que l’on ne nous supprime pas ! », hélas laminés en 20 ans, sans état d’âme…

Je formule le vœu que la France n’agira pas de même avec la Légion, et que dans cent ans, un jeune Slovène quittera sa jolie ville de Maribor, prendra un train pour Marseille, avec ces trois mots à l’esprit :

Legio Patria Nostra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Livre, récit biographique de Légionnaire, 2e REP

23/06/2013

"Haute Tension - Le 27e BCA en Afghanistan", S. Tesson, T. Goisque, B. de Miollis, Ed. Gallimard

In memoriam

Fernand-Gaston Camut, 71ème BC, Croix de guerre 14-18, mon arrière-grand-père,

Maurice Camut, 1er BC, 69ème BC, Croix de guerre 39-45, mon grand-père.

 

 

 

"Faire la guerre à une rébellion est lent et compliqué,

comme manger sa soupe avec un couteau"

T.E. Lawrence, « Les sept piliers de la sagesse »

 

Okay. Vous vous dites : on parle du 27ème BCA, alors le Chasseur saute de joie… Certes. Mais, avec « Haute Tension – Des Chasseurs alpins en Afghanistan », nous ne nous plaçons pas que dans l’affectif…

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Nous avons entre les mains un ouvrage collectif : texte de l’écrivain Sylvain Tesson, photos de Thomas Goisque, croquis, dessins aquarellés, de l’artiste Bertrand de Miollis. Résultat : un livre atypique, vraiment sympa, très original, que nous pourrions qualifier de « journal de guerre ».  

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Bertrand de Miollis, Sylvain Tesson, Thomas Goisque

2009. Sylvain, Thomas et Bertrand sautent dans leurs treillis de reporters de guerre, enfilent casques et gilets pare-balles, et se fondent dans le Groupement Tactique Interarmes "Tiger" qui se déploie dans la vallée de la Kapisa pour 6 mois. 

Placée sous le commandement du Colonel Nicolas Le Nen, la Task Force Tiger est composée du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins, appuyé par des éléments du 93ème Régiment d'Artillerie de Montagne, du 2ème Régiment Étranger du Génie, du 4ème Régiment de Chasseurs et du 28ème Régiment de Transmissions regroupant un total de plus de 400 militaires français.

2009, encore au temps de la conquête...

Faites sonner les cors !

 

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En Afghanistan, seuls 10% des 60 000 soldats américains sortent sur le terrain ! Le Colonel Le Nen veut éviter cette tentation d’une guerre électronique faite sous les blindages ou d’une guerre aérienne conduite devant des écrans. Ses soldats sont là pour renouer avec le réel, dans un monde inféodé au virtuel.

 

 

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Les Chasseurs feront ici ce en quoi ils excellent : labourer le terrain.

 

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Patrouille du 27ème BCA en Kapisa - Photo © Thomas Goisque

Les alpins ragent de ne pouvoir déposer les armes pour grimper sur les piliers de granit, skier dans les couloirs, traverser les hautes arêtes, batailler contre eux-mêmes et les sommets lointains. L’Hindou Kouch promet toutes les aventures, mais l’alpinisme est un luxe de temps de paix. Les champs de bataille sont parfois théâtres de splendeurs.

 

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Début mars 2009. L'armée nationale afghane, tout comme les forces de l'ISAF, se voient interdire par les insurgés l'accès à la vallée d'Alasay.

Située dans la zone d’action des hommes du Colonel Le Nen, l'objectif de l'état-major est clair : la conquérir.

 

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La vallée vue du toit de "l'hôtel Alasay" - Aquarelle de Bertrand de Miollis

Le 14 mars, la Task Force française, les 1er et 2ème Kandak de l’Armée Nationale Afghane, appuyés par l'US Air Force, partent à l'assaut de la forteresse naturelle talibane.

 

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Vallée d’Alasay - Photo © Thomas Goisque

4 heures 30, les Chasseurs sont aérotransportés sur les hauteurs de la vallée.

 

 

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La campagne afghane semble avoir été aménagée par les dieux de la guerre pour servir les desseins de l’insurrection.

 

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Tenir les hauts - Photo © Thomas Goisque

Les talibans ciblent la 4ème Compagnie déployée sur les hauteurs sud-est de la vallée, à 2000 mètres d’altitude. Les sections du lieutenant Alegre de La Sougeole  et de l’Adjudant Bouaouiche sont sous le feu. Les afghans ne peuvent se permettre de laisser les français contrôler les hauts.

 

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Les talibans cherchent à s’imbriquer dans les sections pour contraindre les mortiers français à se taire. Les hommes du capitaine Gruet – lequel ne démérite pas de son surnom de « boule de feu » - se battent comme des diables. Le Lieutenant Alegre de la Sougeole fait hisser le drapeau français sur la position, au plus fort de la lutte.

 

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Après l’attaque d’un VAB à la rocket - Photo © Thomas Goisque

Le Caporal Nicolas Belda avait rendez-vous avec la mort. Il est tué sur le coup. Le Colonel Le Nen vient de perdre son premier homme. En apprenant la nouvelle, certains Chasseurs murmurent la dernière prière. D’autres, stoïciens, pensent à la force du destin.

 

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Les canyons de Spé et de Skent, qui confluent pour former la vallée d’Alasay, offrent des replis aux insurgés. C’est à dessein que le Colonel Le Nen a laissé la possibilité aux talibans de s’y refugier. Quand crève l’aspect, il faut bien que le pus s’écoule. 

 

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La vallée d’Alasay est conquise, Photo © Thomas Goisque

Très loin vers l’est, par-delà les canyons de Spé et de Skent, se dressent les hauts sommets de l’Hindou Kouch, souverains, indifférents aux agissements des hommes. C’est à leurs pieds que les talibans, défaits, doivent panser leurs plaies, rendre culte à leurs morts, et mâcher leurs rancœurs. 

Les combats ont été féroces, mais il a suffi d'une journée aux diables bleus et leurs alliés afghans pour bousculer les talibans, les déloger des contreforts de la vallée et repousser toutes leurs contre-attaques. On estime à 70 le nombre d'insurgés tués.

Dès le lendemain de l'assaut, les bases avancées d'Alasay et Shehkut, permettant de contrôler la vallée conquise, sont établies.

 

 

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* * *

 

Miollis.JPGNé en 1972, Bertrand de Miollis est diplômé de l’ESC de Dijon. Artiste autodidacte, lauréat d’une bourse de la Guilde Européenne du Raid, il se lance dans sa première aventure en 1998 : rallier par la piste Hanoï à Rangoon sur une vieille moto russe. Il effectue là son premier carnet de voyage et expose ses aquarelles au retour. Le virus du voyage l’a saisi. Dès lors Bertrand sillonne le monde, cahiers, crayons et aquarelles sous le bras, sur terre comme sur mer : De Saïgon à Saint-Malo sur une jonque, le tour du Kirgizstan à bord d’un side-car, expédition Paris-Kaboul, Irak…

Bertrand est également homme d’entreprise et collabore avec la Banque Edmond de Rothschild (communication), BNP Paribas (carnets de voyage d’entreprise) ou L’Oréal. Il dessine aussi pour Dior, Lancôme…

Site de Bertrand ici.

 

TESSON.JPGSylvain Tesson est né en 1972. Géographe de formation, diplômé de géopolitique, il parcourt le monde dès 1991, traversée de l’Himalaya à pied, des steppes d'Asie centrale à cheval, expéditions archéologiques au Pakistan et en Afghanistan, itinéraire des évadés du goulag... De toutes ces aventures, Sylvain tire des livres et reportages unanimement salués. 

^ Sylvain Tesson, photo de Natachenka

Il obtient le prix Goncourt de la nouvelle en 2009, pour "Une vie à coucher dehors" et le prix Médicis essai en 2011 pour "Dans les forêts de Sibérie".

En juin 2012, il est reçu parmi les écrivains de Marine, assimilé au grade de capitaine de frégate.

 

goisque1.jpgNé en 1969, frère du Colonel Jérôme Goisque (126ème RI, commandant le GTIA « Bison »), Thomas Goisque est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Il réalise son grand projet de fin d’études en Asie du Sud-Est au profit d’une O.N.G. engagée dans la scolarisation des enfants des rues. En 1993, appelé sous les drapeaux, il devient photographe du Gouverneur Militaire de Paris avant de se porter volontaire pour une mission de la FORPRONU en Bosnie qui donne lieu à son premier album : « Bosnie hiver 95, journal de marche d’un casque bleu appelé ».

Depuis plus de quinze ans, de Valparaiso à Irkoutsk, de Saigon à Bagdad, de Kaboul au Cap de Bonne-Espérance, il parcourt le monde pour la presse magazine et publie  de nombreux livres-photos, dont la remontée du Mékong avec Pierre Schoendoerffer..

Site de Thomas ici.

 

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Sylvain et Thomas viennent de publier "D’Ombre et de Poussière", aux éditions Albin Michel. L’occasion pour Thomas de présenter ses superbes clichés, lors d’une exposition à la galerie Nabokov.

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Exposition des photographies de Thomas Goisque - Alexis Nabokov, photo de Natachenka

 

Evidemment, Natachenka s’est précipitée… Rencontre fort sympathique avec Alexis Nabokov, maître des lieux et ami de nos trois auteurs.

 

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Le Colonel Le Nen a publié son journal de marche, "Task Force Tiger", chez Economica. Il sera intéressant de le mettre en perspective avec "Haute Tension".

* * *

Je ne peux m’empêcher de revenir sur la dédicace de Bertrand.

Car, voyez-vous, sa dédicace, ce n’est pas que ce texte fort sympathique :

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A l’origine, la page était blanche... donc sa dédicace, c’est aussi :

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Et oui, une œuvre originale, crayon et aquarelle, de Bertrand. 

 

* * *

 

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Hommage

Aux diables bleus morts pour la France en Afghanistan :

Adjudant-Chef Franck Bouzet, 13ème BCA,

Adjudant Laurent Pican, 13ème BCA,

Caporal Nicolas Belda, 27ème BCA,

1ère Classe Eguerrant Libaert, 13ème BCA,

1ère Classe Clément Chamarier, 7ème BCA.

Aux Chasseurs morts pour la France.

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc

 

Le 27ème BCA en Afghanistan, reportage de Géraud Burin des Roziers pour Zone Interdite, M6. Formidable.

  

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Le drapeau français hissé sur les hauts de la vallée d'Alasay

 

Francs Chasseurs, hardis compagnons,

voici venir le jour de gloire !

La Sidi-Brahim, chant des Chasseurs 

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Dessin et aquarelle de Bertrand de Miollis

 

 

 

 

 

 

 

 

    Livre, photos, 27e BCA en Afghanistan, Alasay, Alasaï

17:49 Publié dans Mili-Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2013

"Une vie de Légionnaire", ADC Jean-Claude Saulnier, 2ème REP, Ed. Nimrod

Extraits et photos publiés avec l'aimable autoristation de l'auteur et des éditions Nimrod. Droits réservés. 

 

Et le temps passera. Ces hommes, anonymes sous le képi blanc, continueront de défiler majestueusement et de se battre comme ils l'ont toujours fait, relevés par d'autres hommes au même képi blanc, ayant toujours dans les yeux le reflet de cette foi intérieure qui ennoblit la Légion.

Maréchal Juin

 

Il y a des jours comme ça.

Vous êtes au bureau. Vous jetez un coup d'œil à la fenêtre. Ah ! Le soleil brille enfin ! Votre téléphone sonne. Vous ne connaissez pas le numéro. Vous décrochez.

"- Bonjour Monsieur, Jean-Claude Saulnier à l’appareil.

- ...??!?! Adjudant-chef Saulnier ?

- Mais oui.

- …"

Adjudant-Chef Saulnier, 2ème REP, infirmier, président des Sous-Officiers, Chevalier de la Légion d’Honneur, 34 ans de Légion, du saut sur Kolwezi à L’Afghanistan. Waouh !

Et puis... nous avons parlé une heure, des Légionnaires bien sûr, de ces em* de Chasseurs, du Mali, de nos arrière-grands-pères en 14, du retour des GI du Vietnam, du Service militaire et de ses bienfaits... et d'une bière...

L’impression de se connaître depuis toujours et que le soleil ne brille pas que dans le ciel.

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« Une vie de légionnaire », nouvel opus de nos amis des Editions Nimrod, qui, décidément, n’ont que de bonnes idées. Ce livre est le résultat d’une collaboration entre l’ADC Jean-Claude Saulnier et Pierre Dufour, écrivain et journaliste, spécialiste de la Légion, qui brosse une histoire extrêmement précise du 2ème REP de 1977, date de l’engagement de Jean-Claude, à son adieu aux armes en 2011.

De par la densité du livre (400 pages…), cette chronique n’est qu’un humble résumé, parti-pris de votre serviteur.

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Engagement sous le nom de Julien Soral

Né à Châtellerault, aîné d’une fratrie de 3 garçons, hélas orphelin de père à 5 ans, Jean-Claude Saulnier n’a pas, a priori, la vocation militaire. Il effectue son service à la 153ème CLRM puis tente sa chance dans le civil comme chaudronnier.

Pas de vocation militaire donc, et pourtant, lassé des jérémiades de ses concitoyens :

Je suis parti, car les gémissements des gens me tuaient à petit feu.

1977, Engagement, Fort de Nogent

 

Et c’est pour la Légion qu’il opte, convaincu par un Adjudant-Chef recruteur qui évoque une vie d’aventure, d’action et de camaraderie.

La Légion, dont il découvre bien vite les spécificités….

[Le médecin] m’a demandé si je buvais.

« - Oui, Normalement.

-         C’est-à-dire ?

-         Bah, deux ou trois bières.

-         Caisses ?

-         Mais non, canettes ! »

Visite médicale, Aubagne

 

C’était une véritable fourmilière, sans cesse en mouvement, jour et nuit. Jusqu’au grade de Caporal, les gens courraient partout. On avait l’impression qu’il fallait être cadre ou permanent pour avoir le droit de marcher. Une cour de récréation pour adultes.

Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les fenêtres ouvertes en plein mois de novembre. J’ignorais encore que les chambrées étaient chauffées par des poêles à mazout qu’il fallait éteindre à 22 heures, et qu’on ouvrait les fenêtres le matin jusqu’au retour du sport, quel que soit le temps. 

Nous avons appris à prendre soin de nos pieds et de notre corps, percer les ampoules avec un fil trempé dans le permanganate, casser les rangers à coups de marteau pour les assouplir. Certains urinaient même dedans.

1977, Instruction, Castelnaudary

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Le 2e REP à Calvi, 1978

Son instruction à Castelnaudary n’est pas une sinécure, mais le fameux mens sana in corpore sano s’applique bien à Jean-Claude, et la récompense de tant de sueur, d’ampoules, de courbatures, de grimaces et de serrements de dents l’attend au bout du chemin :

Puis l’ordre a retenti : « Coiffez vos képis blancs ! ». Pendant quelques secondes il y eut un moment d’émotion, puis nous nous sommes coiffés de ce képi pour lequel nous avions fourni tant d’efforts.

Jean-Claude opte pour le 2ème REP de Calvi. Il est vrai que cumuler le prestige du Légionnaire à celui du Para…

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Calvi, Saut d’entrainement, 1978

C’est à Calvi que se forgeait désormais l’esprit para du Légionnaire. C’est aussi à Calvi que se trempait l’âme du régiment.

1978, 2ème REP, Calvi.

  

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Entraînement LRAC, lance-roquette-anti-char

Et c’est toute la vie du Légionnaire que nous dévoile le livre, y compris dans ses aspects les plus cocasses…

On allait aussi au Pouf, le bordel militaire de campagne. Bien sûr pour les filles, mais aussi pour passer un bon moment. Il existait un jeu entre compagnies. Quand l’une était au Pouf, une autre envoyait le plus jeune pour chercher de la bière après l’appel.

Rien d’extraordinaire, direz-vous, si ce n’est qu’une concurrence, certes amicale mais très  « virile », régnait entre les compagnies. Lorsque l’une d’elles  était au Pouf, les autres y étaient persona non grata. De ce fait, l’arrivée du p’tit jeune au bordel était sanctionnée à coups de poings…

Le pauvre « bizut » avait deux options :

- Se faire casser la tête, revenir sans bière, et être accueilli par le mépris des caporaux de sa compagnie,

-  Se faire casser la tête, et revenir avec la bière. RAS.

L’expérience aidant, l’idée était de cacher deux ou trois caisses de canettes dans le maquis et de s’affranchir ainsi… du cassage de tête au Pouf !

Et puis… A peine un an dans la Légion, et Jean-Claude entre dans l’histoire.

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Kinshasa, avant le saut sur Kolwezi  

Dès l’indépendance du Congo belge en 1960, la région du Katanga, riche en matières premières stratégiques, manifeste violement son désir d'autonomie. En mai 1978, une nouvelle révolte, soutenue par le bloc soviétique, se dresse contre le pouvoir central de Kinshasa. Plusieurs milliers de  rebelles, bien armés, encadrés par des conseillers cubains, investissent Kolwezi où résident près de 3000 Occidentaux. 

Blancs et noirs font face à la mort. Les minutes comptent double. Des européens sont abattus comme des chiens à certains endroits de la ville. Kolwezi est livrée aux pillards. 

La Belgique, ancienne puissance coloniale, tergiverse quelque peu, la France, elle, percute !

Jean-Claude décolle vers un saut qui marquera l’histoire du XXème siècle. 

19 mai 1978

A 15 heures, un grondement d’avions se fait entendre au nord de la ville, au dessus de l’ancien aérodrome. Les corolles blanches des parachutes s’ouvrent dans un ciel de plomb. Parmi les africains, une rumeur se répand : Ce sont les Cubains qu’on attend ! Mais les Européens savent que c’est le salut qui vient du ciel…

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Le 2e REP saute sur Kolwezi -Photo © 2ème REP  

La descente a été pénible et m’a paru très longue (…) Des rafales d’armes automatiques ont été tirées à partir de la lisière nord de la ville et de la voie ferrée située à l’est de la zone de saut. La densité de la végétation autour des villas de l’ancienne ville ne permettait pas de situer l’origine des coups de feu, mais leur imprécision ne provoqua aucune perte. Il est néanmoins désagréable d’être une cible impuissante. Un vrai pigeon d’argile.  

Hélas Jean-Claude se blesse à l’atterrissage, mais le courageux jeune-homme n’a pas l’intention d’abandonner les copains. Il sert les dents  et marche.

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Déploiement du 2ème REP à Kolwezi. Photo © AALE

C’est un voyage au bout de l’horreur qui commence alors pour les Légionnaires. Partout ce ne sont que des rues désertes parcourues par des meutes de chiens errants qui s’attaquent aux innombrables cadavres abandonnés à même le sol, des voitures calcinées, des tas d’immondices devant les maisons pillées. L’odeur âcre prend à la gorge. Des essaims de mouches tourbillonnent et s’acharnent sur les corps mutilés, gonflés, hideux.

En quelques heures, le bilan du 2ème REP est éclatant. L’effet de choc des troupes d’assaut a été déterminant et a bousculé l’ennemi.

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Photos © AALE

Au bout de quelques jours cependant, la douleur devient insupportable et Jean-Claude peine à marcher. Constat (et engueulade) du médecin : le pied est gonflé et noir comme la ranger ! Double fracture malléolaire et fissure du talon. Jean-Claude est rapatrié. Devoir accompli.

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Défilé du 2ème REP à Kolwezi. En tête le Colonel Erulin (1932+1979) photo © famille Erulin

L’opération « Bonite » est un succès incontestable, mais le bilan est lourd :

5 tués et 20 blessés au 2ème REP, 6 disparus de la mission française, 1 para belge tué, 11 tués et 8 blessés parmi les parachutistes Zaïrois, sans compter les autres militaires de Kinshasa.

On estime à 170 le nombre de civils blancs massacrés, ainsi que 700 africains.

Les rebelles Katangais ont perdu 250 des leurs et sont en déroute.

2700 Occidentaux sont sauvés par l’opération.

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1984, Jean-Claude est nommé Sergent 

On le voit, il y a du courage et de la volonté chez cet homme, tout comme une grande part d’humanisme, et c’est, assez naturellement, que Jean-Claude s’oriente vers le rôle d’infirmier.

Mais il reste bel et bien un Légionnaire avant tout, au grand dam des élèves de l’école de santé d’Orléans, appartenant à d’autres corps, pour au moins un aspect : 

Nous nous sommes intégrés sans problème dans un monde nouveau pour nous, mais d’un autre côté nous cultivions notre différence, qui se manifestait  par le pas Légion, ce qui fait que nous étions toujours en retard sur le pas des autres quand il s’agissait de marcher en rang. Finalement, le chef de stage a renoncé et nous étions préposés aux couleurs, au grand désespoir des autres, qui trouvaient que nous mettions beaucoup trop de temps pour faire le trajet jusqu’au mat…

1983, Ecole du Service de Santé, Orléans 

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Assistance médicale en Centrafrique, 1982

Jean-Claude va partager la vie du 2ème REP multipliant les OPEX, en particulier en Afrique, terre de prédilection des Légionnaires : Centrafrique, Tchad, Gabon, Djibouti...

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Jean-Claude Saulnier à l’entraînement à Djibouti 

Nous avons subi une violente tempête de sable comme on en voit dans les films. Nous nous sommes arrêtés, nous avons enfilés nos ponchos et courbé l’échine en attendant que cela passe. Quand la tempête a été terminée, on ne voyait plus de la section que quelques petits monticules de sable qui commençaient à s’ébrouer.

1980, Djibouti

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Centrafrique 

Arrivés à proximité d’un village, nous avons vu un petit vieux sur le bord de la route, debout au garde à vous, toutes ses médailles pendantes. C’était un vétéran de la seconde guerre mondiale qui avait appris notre arrivée. On ne sait comment. Le Lieutenant a fait arrêter le convoi et a salué régulièrement l’ancien.

1984, Centrafrique

Puis vient le temps des forces d’interposition. Concept quelque peu angélique imposé par les politiques ; missions compliquées, frustrantes pour les militaires. Liban, Bosnie, Côte d’Ivoire… goût amer pour nos soldats.

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Marines du 32d MAU et légionnaires du 2e REP pendant l'évacuation des troupes de l'OLP de Beyrouth, photo © 2ème REP

Quand la nuit est tombée, nous avons eu droit à un son et lumière impressionnant. Dans tous les coins de la ville, nous voyions des départs d’armes lourdes, des traçantes dessinant des serpentins qui zébraient l’obscurité, tandis que le staccato des armes automatiques était ponctué de détonations assourdissantes. L’Ouest répondait à l’Est, avant que le Nord n’entre dans la danse et que le Sud s’en mêle.

1982, Liban

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Jean-Claude Saulnier, poste avancé à Nevesinje, Bosnie 

Un bosniaque passait son temps à tirer sur les antennes du PC. De temps en temps, il parvenait à en couper une. (…) Dans ce cas, l’ADC Deptula venait me chercher à l’infirmerie pour monter sur le toit. Nous commencions à réparer l’antenne et là, nous entendions des balles se planter à quelques mètres de nous. (…) Les tirs se rapprochaient à 3 mètres, puis 1 mètre… Quand c’était très proche, nous décrétions que c’était l’heure du café et descendions du toit. Après cette pause, nous remontions pour finir le travail.

(…) Ce qui est sûr, c’est que le Bosniaque n’avait pas l’intention de nous tuer, car nous faisions des cibles faciles.

1992, FORPRONU, Bosnie 

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Légionnaires du 2ème REP en Côte d’Ivoire, Photo © 2ème REP 

J’ai pris une rafale de Kalachnikov que j’ai évitée d’un roulé-boulé derrière un talus. J’ai lâché à mon tour une rafale et j’essayais de voir d’où provenait le tir. Encore deux ou trois rafales qui ont tapé à 10 ou 15 cm, mais je ne voyais pas le tireur. J’ai lâché encore une longue rafale et j’ai dégagé de ce coin malsain.

2002, Côte d’Ivoire

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Légionnaires sous casques bleus – ici du 2ème REI, Bosnie. Photo © AALE

Nous avons pris conscience qu’un casque bleu, c’était un peu la palombe du coin.

1992, FORPRONU, Bosnie

Et cependant, Jean-Claude Saulnier reste philosophe…

J’ai vu un grand-père assis sous un arbre très feuillu. Je me suis approché et lui ai demandé comment s’appelait cet arbre. Il m’a dit : « C’est un arbre à ombre ». J’ai trouvé la réponse empreinte d’une grande philosophie.

2002, Côte d’Ivoire

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Sur les sentiers du GR20

Désormais marié à Marylin, père de 4 enfants, on pouvait penser que la carrière de l’ADC Saulnier se déroulerait sereinement, sous le beau ciel de la Corse qu’il aime tant. D’autant plus que vient le temps des honneurs…

Reconnu par ses paires, il est élu Président des sous-officiers. Le rôle lui va comme un gant : accueil des nouveaux sous-off’, rappel des traditions et des us et coutumes, interface avec les officiers, et surtout soutien aux hommes en difficulté, tant d’un point de vue personnel que professionnel. Bel hommage de ses camarades, et sans aucun doute l’homme de la situation.

Mais… 11 septembre 2001, le monde entier regarde sa télévision avec effarement, et voici notre Adjudant-Chef de nouveau en campagne : direction le pays de l’insolence…

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ADC Saulnier, GAL Townsend (101st Airborne), COL Bellot des Minière (CDT 2ème REP)

Nous résumerons la dernière campagne de Jean-Claude par ces deux phrases : 

Il est très dur de faire du social aujourd’hui avec des gens qui tireront sur vos camarades demain. 

La rébellion afghane est comme l’hydre de Lerne. On coupe sa tête, il en repousse deux.

2010, Afghanistan  

Et puis un jour de 2011, qui vient certainement bien vite pour Jean-Claude, bien trop vite même : l’adieu aux armes.

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2011, L’adieu aux armes, photo © 2ème REP 

Trente et un ans de joies et de coups de chien, l’épanouissement d’une vie d’homme et de sous-officier au sein d’une institution militaire sans égale au monde...

* * *

A la lecture de « Une vie de légionnaire », ce qui m’a frappé, outre évidemment la carrière exceptionnelle de Jean-Claude Saulnier, c’est sa formidable humilité.

Tentez l’expérience, dites-lui : «  Vous êtes une légende vivante du 2ème REP, c’est un honneur de vous rencontrer », il vous répondra à coup sûr : « Arrête tes conneries ».

Il n’y a là aucune fausse modestie, c’est simplement l’âme du personnage, et cela en fait toute la grandeur. De la part d’un Légionnaire, ce n’est certes pas surprenant.

Le 29.9.2005, lors de la prise d’armes de la Saint-Michel, j’étais fait Chevalier de la Légion d’Honneur (…) La première question que je me suis posé a été : « Pourquoi moi » ?

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Saint-Michel, 29.9.2005, remise de la Légion d’Honneur par le GAL Dary

« Par son courage au feu et ses qualités d’infirmier au combat, a contribué personnellement à la sauvegarde de vies françaises.

Mérite d’être cité en exemple. »

24.5.2004, extrait de la citation à l’ordre de la division, Général d’armée Bentégat, Chef d’Etat-Major des Armées

* * *

ach_sa10.jpgNé en 1954 à Châtellerault, Jean-Claude s’engage en 1977 et rejoint le prestigieux 2ème REP de Calvi. Sa première mission de guerre fait date : le saut sur Kolwezi. Infirmier au combat, il participe à l’essentiel des opérations extérieures : Zaïre, Gabon, Centrafrique, Tchad, Djibouti (dont un déploiement avec le 13ème DBLE), Liban, Guyane (avec le 3ème REI), Bosnie, Afghanistan... En 2006, il est élu par ses paires Président des Sous-Officiers. Fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2005, médaille militaire, trois citations, il poursuit sa carrière d’infirmier dans le civil. Amoureux de la Corse, sa terre d’adoption où il vit toujours, Jean-Claude est marié à Marylin et père de quatre enfants. Et c’est un chouette bonhomme !

Pierre Dufour, écrivain et journaliste spécialisé dans l'histoire militaire, a été chef du secrétariat de rédaction du mensuel de la Légion étrangère Képi blanc. Il est l'auteur de nombreux articles dans des revues françaises et étrangères et de plus de quarante ouvrages historiques et militaires consacrés à l'ancien empire colonial français, dont "La France au Levant", "La Légion en 14-18" et "Les Bat' d'Af".

* * *

Soutenez les éditeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Nimrod 

Pour commander le livre, voir ici

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Hommage

Aux Légionnaires-Parachutistes du 2ème REP morts pour la France, 1977-2013

Zaïre

Sergent-chef DANIEL, Caporal-chef ALLIOUI, Caporaux ARNOLD et HARTE, Légionnaire CLÉMENT. 

Djibouti

Catastrophe aérienne du mont Garbi, morts en service aérien commandé. 

Capitaine PHILIPONNAT, Sergent-Chef STORAI, Sergents DORE, POMMIER et WOUTIER, Caporaux OEHLMANN, OLETTA, PELTON, SIMONET, BURGRAFF, 1ères Classes BEAUTEMPS, BETON, KERTY, ZASSER, Légionnaires BUZUT, DEPIERRE, FALAUT, GALVES, GORDON, GUNES, LEON, LIMA DA SILVA, LUANG, SENDERS, THIU-SAM, VELMAR.

Accompagnés de :

Capitaine  CHANSON et Caporal LAURIOL, 13ème DBLE,

Commandant DALMASSO, Capitaines COUILLAUT, TADDEI et DEMANGE, Adjudant-Chef DAENINCKX, ETOM 188, Armée de l’Air,

Capitaine DROULLE, EMIA/FFDJ,

Maître GLOANEC, Commando Jaubert. 

Bosnie

Légionnaire BENKO.

Congo-Brazzaville

Caporal GOBIN.

Afghanistan

Sergent RYGIEL, Caporal-Chef PENON, Caporal THAPA, Légionnaires de 1ère Classe HUTNIK et JANSEN.

Mali

Sergent-chef VORMEZEELE

A tous les Légionnaires-Parachutistes du 2ème BEP/2ème REP morts pour la France,

Aux blessés. 

* * *

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Hommage au 1er REP

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux Képis blancs-Bérets verts ! 

 

Nous sommes les hommes des troupes d’assaut,

Soldats de la vieille Légion.

Demain brandissant nos drapeaux,

En vainqueurs nous défilerons.

Chant du 2ème REP.

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ADC Saulnier et GAL McChrystal, commandant la force internationale en Afghanistan, 2009-2010.

-         Que penses-tu de toutes ces années à la Légion ?

-         Mon Général, vous me donnez 35 ans de moins, et je recommence. 

L’ADC Saulnier au Général de Saint-Chamas,

COMLE (Commandant de la Légion Etrangère).

 

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28 janvier 2013, les Légionnaires-Parachutistes sautent sur Tombouctou. 

« More Majorum »
À la manière des anciens.

Devise du 2e REP. 

C’est moi qui rêve, pense l’ancien. Donne-moi tes vingt ans. Donne-moi ta place. Prends mes médailles. A toi les honneurs, à toi la gloire. Donne-moi tes missions impossibles, donne-moi tes pitons à conquérir, ton adjudant à supporter, la jungle à traverser. Donne-moi encore l’occasion de chanter avec les copains, de tomber en route, ou vaincre au combat.

Pierre Sergent, 1er REP.

 

 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un Légionnaire, 2e REP, Kolwezi

03/06/2013

Hommage Vigipirate & Actualité Littéraire Mili

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Aéroport de Nice. Photo © Serge Haouzi/MaxPPP

 

Pour rendre hommage à nos anges gardiens qui sillonnent gares, aéroports et autres lieux publics, Natachenka a choisi cette photo de S. Haouzi. 

Nous nous réjouissons des bonnes nouvelles concernant la santé du 1ère Classe Cédric Cordier, du 4ème Régiment de Chasseurs.

 7761729463_cedric-cordiez-et-sa-compagne-amelie.jpgPhoto © famille Cordier.

 

* Mili-News *

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Quatre mois d’existence, et déjà plus de 800 lecteurs mensuels…

Inespéré ? Réjouissant en tous cas, pour le Chasseur et la Russe-blanc, les auteurs et les éditeurs.

Et puis, rassurant sur l’état d’esprit de nos concitoyens (au moins certains d’entre eux…), pour qui l’engagement de nos soldats, leurs sacrifices, ceux de leurs proches, ont encore un sens.

Douze chroniques ci-dessus résumées, que vous retrouverez dans la rubrique « mili-livre ». 

Chacun trouvera son bonheur dans ces témoignages formidables. Ils sont complémentaires, tant dans la forme : journaux, récits biographiques, livres photos… que sur le font : Afrique, Balkans, Afghanistan… Légionnaire, aumônier, marsouin, chasseur-para, aviateur/trice, sapeur, infirmier, médecin…

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Que de rencontres, de discussions, parfois même de simples échanges de mails… mais, à chaque fois, l’impression d’être en phase, de se connaître depuis toujours…

Dans quel autre milieu « social » ceci est-il encore possible ? 

  

 *Mili-News * Mili-News* Mili-News*

 

Et, alléluia! Ce n’est qu’un début. Voici toute une série de livres, déjà publiés ou à venir, et qui seront *évidemment* abordés par LP&L’E. 

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« Une vie de Légionnaire », ADC Jean-Claude Saulnier, 2ème REP, 13ème DBLE, 3ème REI. Infirmier, Président des sous-officiers, Chevalier de la Légion d’Honneur, 34 ans de Légion, de Kolwezi à l’Afghanistan. Genou à terre, les jeunes… (cela va le faire rigoler J). Aux éditions Nimrod. Voir ici.

 

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« Combattants sans passé », Sergent Robert Markus, 2ème REP, 13ème DBLE, 4ème RE, 2ème REI. Quinze ans de Légion pour Robert, d’origine Slovène. Après tant de déchirements entre ces peuples qui nous sont si chers, Slovènes, Serbes, Croates, Bosniaques, Monténégrins, réjouissons nous de les retrouver frères d’armes sous notre drapeau. « Legio Patria Nostra » ! Un récit biographique à compte d’auteur. D’autant plus à soutenir. Ici.

 

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« Haute Tension – Des Chasseurs Alpins en Afghanistan », par l’écrivain Sylvain Tesson, le photographe Thomas Goisque et l’artiste Bertrand de Miollis. Déjà, on y parle de mes frères Chasseurs… et en sus une approche totalement originale, sorte de journal de guerre, qui mêle photos, texte et croquis pris sur le vif. Et puis, une dédicace à tomber par terre de Bertrand… vous verrez. Chez Gallimard. Site de Bertrand de Miollis : ici.

 

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« Afghanistan – La guerre inconnue des soldats français », par le reporter de guerre Nicolas Mingasson, éditions Acropole. Livre qui se doit de figurer dans toute bonne mili-bibliothèque. On connait l’intérêt que porte Nicolas à nos troupes, et nous aurons l’occasion de parler de ses projets actuels, dont un film !

Rappelons aussi sa collaboration avec le Sergent Christophe Tran Van Can, 21ème RIMa, pour son « Journal d’un soldat français en Afghanistan » (Plon), incontournable, là-aussi.

 Site de Nicolas Mingasson : Ici.

 

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« Au service de l’espoir », par le Capitaine Philippe Stanguennec. Oooh voici un bien bien bien sympathique pilote, qui propose de déguster son livre accompagné d’un bon whisky… (Mais comment connaît-il mes goûts en matière de boisson ? J). Plus sérieusement, un journal totalement réussi, extrêmement vivant, sur un rôle, la Projection, dont on connaît l’importance…

Aux éditions L’esprit du livre, à commander chez Prividef, ici. 

 

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« Le Temps de l’action »  par Alphonse-Bernard Seny. La Plume et L’Epée sont fans de ces beaux livres photos, et nous avions déjà été gâtés avec le sublime « Légionnaires – Portraits » de Jean-Baptiste Degez & Henri Weill, alors… nous accueillons avec enthousiasme les Gaulois du 92ème RI !  Chez Enfin!Editions : ici.

 

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« La Légion – Avec le 2ème REP au cœur des crises internationales », par Thomas Gast. Nous avons parlé plus haut de nos amis balkaniques, mais la Légion, sans nos frères Allemands ??? Voici, le 2ème REP, que l’on aime tant, par Thomas, que l’on aime aussi beaucoup...

Chez Epée Edition. Site de Thomas ici.

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« Toujours y croire », par Arthur Hopfner

Un roman écrit par un Commando-marine, 20 ans de Forces Spéciales. Cela interpelle n’est-ce-pas ? Et bonne nouvelle, le livre est en cours de réédition.

Chez Edilivre. Ici.

 

 

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« Soldats Cibles » par François Lapuh, 6ème RPIMa, 8ème RPIMa.

Ah ! François, le rebelle… Nous attendons de voir ce qu'il nous réserve sur l'ex-Yougo. Une chose est sûre, l'homme ne mâche pas ses mots. Intriguant...

Edité à compte d’auteur. Ici.

 

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« Task Force Tiger », journal de marche du Colonel Nicolas Le Nen, chef de corps du 27ème BCA et du GTIA Tiger en Afghanistan. En quelque sorte la vision du « boss », donc forcément à lire. Et puis, dès que l’on parle de Chasseurs...

Aux éditions Economica : ici.

*

Et ce n’est pas fini …

Quelques exemples, parmi d’autres… 

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Si vous découvrez des livres qui pourraient nous intéresser, journaux, récits biographiques (nous laissons l’histoire et la stratégie à la blogosphère Défense, à commencer par notre ami de Guerres et Conflits) contactez-nous, via la page Facebook, ou nos adresses mails indiquées dans l’à propos.

 

* * *

Et des sorties ! (youpi !)

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Après le très réussi « Haute Tension », nouvelle collaboration de Sylvain Tesson et Thomas Goisque : « D’ombre et de poussière », livre photo à paraître en juin chez Albin Michel. Ici.

 

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« Passé par les armes » du Lieutenant-Colonel Georges Brau. Forces Spéciales... Tout un programme…

Aux Editions du Rocher. Ici.

 

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Enfin, chez Nimrod, « La guerre vue du ciel » par le Commandant Marc Scheffler, pilote de Mirage 2000D, à paraître en juin.  De l’inédit !

Et encore n’est-ce qu’une des nouveautés attendues chez cet éditeur engagé. Nous sommes dans la confidence de très alléchantes futures publications… (suspens...).

 

A suivre...

 

* * *

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‘AITO, film de notre ami Sébastien Joly dédié aux soldats polynésiens et au 511ème RT d’Auxonne, est présenté en avant-première le 4 juin à Papeete (hélas, nous n’y serons pas… J)

Nous sommes heureux de soutenir cette belle aventure, en attendant avec impatience l’avant-première métropolitaine…

 

* * *

Mili-Rendez-vous

 

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4ème édition du Festival International du Livre Militaire : 110 auteurs présents ! Le « Triomphe » de Saint-Cyr-Coëtquidan en parallèle…

Que d’amis à voir, et de belles rencontres à faire.

Infos ici.

 

*

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Et puisque l’on parle d’amis…

Prochain Café historique de la Chouette : Les armées coloniales.

Mercredi 12 juin, 19-21h, café Le Concorde, bd Saint-Germain, métro Assemblée nationale

 

* * *

 

Tout ceci donne au Chasseur et à la Russe-blanc l’envie de danser…

 

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27/05/2013

"Légionnaires - Portraits", Jean-Baptiste Degez & Henri Weill, Ed. Nimrod

Toutes les photos de cette chronique © Jean-Baptiste Degez/Editions Nimrod

  

Il avait de grands yeux très clairs,

où parfois passaient des éclairs,

comme au ciel passent des orages.

Il était plein de tatouages,

que j’ai jamais très bien compris ;

Son cou portait « Pas vu, pas pris »,

Sur son cœur on lisait « Personne »,

Sur son bras droit, un mot : « Raisonne »… 

Edith Piaf, « Mon Légionnaire »

Créée par Marie Dubas en 1936, sur des paroles de Raymond Asso (ancien légionnaire), et une musique de Marguerite Monnot

 

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Ma complice Natachenka m’a posé un jour une question réjouissante : « Pourquoi les soldats sont-ils toujours aussi beaux ? ». Avec un sourire (amusé :) je lui ai répondu : « Ils sont jeunes, ce sont des athlètes, l’uniforme joue probablement, et puis... ils ont le regard franc ».

Mais en y réfléchissant, j’ai raté l’essentiel : Les soldats sont beaux, car leur âme est belle. 

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Ionas, Slovénie, 2ème REP, Calvi

Et cette belle âme, elle rayonne dans « Légionnaires - Portraits »,  fruit de cinq ans de travail du photographe Jean-Baptiste Degez, accompagné d’Henri Weill pour les textes, et soutenu par notre éditeur préféré, Nimrod.

« Légionnaires, Portraits » : tout simplement sublime. 

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José, Brésil, Recrutement, Fort de Nogent

Les notions d’exil, de déracinement, de rupture, d’abandon de personnalité ou d’identité (…) venaient encore s’ajouter à leur histoire passée, et faisaient briller dans leurs regards une humanité d’autant plus intense, qu’ils avaient déjà vécu plusieurs vies. 

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Yourii, Russie, 1er RE, Fort de Nogent

« Tiens voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin… ». La musique en tête !

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Federico, Espagne, 4ème RE, Castelnaudary 

On n’est rien, tant que l’on ne porte pas le képi blanc !

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Thomas, France, MLE, Fort de Nogent

On y dort Légion, on y vit Légion, on y mange Légion. Tout le monde doit pisser rouge et vert.  [couleurs de la Légion].  

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Dirk, Suède, CECAP, Djibouti

Par l’effort, la volonté, ils ont été intégrés. La Légion offre souvent une deuxième chance, mais au prix de quelle exigence et de quels risques. Ils en ont pourtant accepté les règles. 

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Marian, Roumanie, 3ème REI, Guyane

Le Commandant de la Légion étrangère résume ainsi sa mission : « Prendre des grains de sable, et en faire du ciment »

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Julio, Pérou, 3ème REI, Guyane 

Guyane :  Pendant  la phase survie de mon stage de moniteur forêt, deux jours avaient passé sans que nous ne trouvions rien à manger, sinon deux pauvres poissons et une châtaigne à partager entre 22 stagiaires (...) et nous avons vécu un moment de cohésion formidable.

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Chance, Corée du Sud, 2ème REP, Djibouti

28.1.2013, Mali. Nous sommes à 250m d’altitude. Go ! Dans quelques heures, les journaux titreront : « La Légion a sauté sur Tombouctou ». 

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Abdou, Sénégal, GRLE, Fort de Nogent.

Cette estafilade sur la tête ? Une bouteille cassée à Marseille. Cette autre longue cicatrice sur l’oreille gauche ? Un coup de coupe-coupe en Guyane (…) Cette 3ème balafre sur le bras gauche ? Une bagarre à Castel…

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Mariusz,  Pologne, 1er RE, Aubagne,

blessé à Sarajevo, amputé.

Ma jambe gauche, qu’avait-elle ? Je voulais le savoir, mais n’avais pas envie de la découvrir. Ma main partait en éclaireur, en descendant lentement, sans que j’ose brusquer le geste. Puis elle remontait avant de savoir… J’ai répété souvent ce mouvement. 

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Vaidotas, Lituanie,  1er RE, Fort de Nogent

J’ai passé huit ans à la Légion que j’ai quittée à cause d’une femme. Un an plus tard, je me réengageais, à cause de la même femme.  

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Jean-Marie, France, GRLE, Fort de Nogent

Sur sa poitrine, un avertissement accompagné d’un crane exécrable : « Les Légionnaires ne meurent jamais. Ils vont simplement se regrouper en enfer ». Il sourit. « Une œuvre d’art, non ? ». 

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Elio, Italie, CTLE, Fort de Nogent

Un officier supérieur de la 6ème BLB visite le 1er REG. Satisfait de ce qu’il voit, il lance aux Légionnaires : « Vous êtes un régiment démmerde ! ». Réponse d’un adjudant furieux : « Quoi ??!?? Nous sommes un régiment dé merde ??!?? ».

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Yves, France, 1er RE,  Fort de Nogent

On se comprend parfois mieux entre Légionnaires de nationalités différentes, qu’entre Français d’horizons différents… 

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Mickael, Kabylie, Algérie, CTLE, Fort de Nogent

La fierté d’un homme, c’est d’assumer son destin. 

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Père Yannick Lallemand, aumônier, Fort de Nogent

La Légion étrangère est une institution humaine, donc imparfaite, mais elle croit en l’homme. Elle croit en l’homme qui, quand il veut, peut-être plus grand que lui-même.

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Léonard, France, AALEP, Fort de Nogent 

Même si on n’a fait que cinq ans à la Légion, que l’on est devenu SDF ou milliardaire par la suite, il y a des souvenirs que l’on ne pourra jamais oublier, des choses que l’on ne pourra jamais reconstruire (…) Cela fait déjà dix ans que je suis parti de la Légion, mais, d’une certaine manière, je suis toujours avec eux. 

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Pierre– IILE - Puyloubier

Ils sont nombreux, ces Légionnaires ou ces anciens, à ne jamais ouvrir la cage des mots. Ils ne parlent que rarement, voire jamais, de leur passé et de leur engagement…

Mais en un seul mot, n’ont-ils pas tout dit ?

Général de brigade Zinovi Pechkoff, 1er RE, 2ème RE,

Grand-Croix de la Légion d’Honneur.

L’homme a séduit les plus belles femmes, parcouru le monde entier, fréquenté les voyous comme les intellectuels, les guerriers comme les diplomates, les chefs d’état comme les révolutionnaires. Il a vécu mille vies, comme mille aventures, embrassé mille destins et reçu les décorations les plus prestigieuses, mais, à sa demande, il a souhaité que cette épopée ne soit résumée sur sa tombe que d’un seul mot :  

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Cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois

 

***

528706_578188552199941_1762791808_n.jpgFormé aux Beaux-Arts de Paris, Jean-Baptiste Degez devient photographe professionnel. En marge de ses activités tournées vers la publicité des marques de luxe, il lance il y a cinq ans ce projet de portraits de Légionnaires. Il est accompagné pour les textes par Henri Weill, journaliste, historien et écrivain, enseignant au Centre de Formation et Perfectionnement des Journalistes, à qui l’on doit de nombreux ouvrages dans le domaine militaire, dont « Légionnaires » paru en 2011, Ed. Pascal Galodé.

Cette belle aventure n’aurait pu se concrétiser sans le soutien des éditions Nimrod, qui savent déjà toute l’affection que nous leur portons [a priori le boss a survécu à Camerone 2013 à Aubagne… J]

Et rêvons maintenant, rêvons d’une série : « Marsouins - Portraits », « Marins - Portraits », « Soldates - Portraits », et oui… « Chasseurs - Portraits » ! Rêvons…

 

* * *

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 * * *

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Hommage

Au Capitaine Benoît Dupin, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

A Adjudant-Chef Mohammed El Gharrafi, 2ème REG, mort pour la France, en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Konrad Svilen Simeonov, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Harold Vormezeele, 2ème REP, mort pour la France au Mali,

Au Sergent Konrad Piotr Rygiel, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent Damien Zingarelli, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Rodolphe Pénon, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Ihor Chechulin, 2ème REI, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal Alan Karsanov, 2ème REI, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal Kisan Bahadur Thapa, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Robert Hutnik, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Gerhardus Jansen, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Goran Franjkovic, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan, 

l'Adjudant-Chef  Dejvid Nikolic, 1er REG, mort pour la France au Mali,

Aux Légionnaires morts pour la France,

Aux blessés.  

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In memoriam.

Alain, France, 2ème REP, Djibouti

Lorsqu’ils meurent à vingt ans, les hommes poursuivent leur course sans changer de visage. Ils sont comme des astres morts, dont la lumière nous éclaire encore, alors que le cœur s’est éteint.

Hélie de Saint-Marc, 1er REP, « La sentinelle du soir ».

 

J’rêvais pourtant que le destin,

me ramènerait un beau matin, mon Légionnaire,

Qu’on s’en irait loin, tous les deux,

dans quelque pays merveilleux plein de lumière…

 

 

 

 

 

Livre, photos Légionnaires

 

16/05/2013

Mili-Reportage : La Légion au Café historique de la Chouette

 

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A l’initiative du Lieutenant-Colonel Rémy Porte, animateur (entre autres multiples fonctions) du blog Guerres et Conflits XIX°-XXI°, sont organisés mensuellement les « Cafés historiques de la Chouette ».

 

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Le Lieutenant-Colonel Porte présente « Légionnaires, Portraits », de Jean-Baptiste Degez et Henri Weill, Ed. Nimrod

 

Dans l’esprit des cafés littéraires sont abordés des thèmes qui nous sont chers : La Légion, Les blessures de guerre, La Gendarmerie…

Une belle occasion de rencontrer les auteurs, des journalistes Défense, des éditeurs, des « mili-blogosphériens », et plus généralement un public sympa qui partage notre intérêt pour la Littérature militaire (et oui, nos valeurs).

Moment convivial (rien n’interdit de prendre un verre J).

 

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Jean-Baptiste Degez & Henri Weill

 

Le dernier café du 15 mai, fort réussi, nous a permis de rencontrer Jean-Baptiste Degez et Henri Weill, co-auteurs de « Légionnaires, Portraits », paru chez nos amis de Nimrod.

Un livre qui nous a emballés. Nous en parlerons très bientôt… (scoop).

 

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Jean-Baptiste Degez, Henri Weill, Etienne de Montéty

 

Etait également invité Etienne de Montéty, directeur du Figaro Littéraire, auteur de la préface de « La Légion Etrangère, Histoire et dictionnaire » d'André-Paul Comor, paru chez Robert Laffont. 

 

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Pour les Parisiens, un rendez-vous à ne pas manquer ! 

 

Prochain thème : nos amis Marsouins, mercredi 12 juin au Café Le Concorde, boulevard Saint-Germain / Métro Assemblée Nationale, de 19h à 21h.

 

Blog Guerres et Conflits : ici

Page FaceBook : ici 

 

 

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Jean-Baptiste Degez et Le Chasseur (évidemment chèche et verre à la main...)

 

 

 

 

 

13/05/2013

« Survivre au traumatisme », Colonel Jean-Yves Boyer, Sapeur, Ed. l’Harmattan

 

 

Cette chronique est dédiée à Delphine, épouse de Jean-Yves Boyer.

 

 

Nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté,

qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image,

et ont retiré du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance,

cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué.

 

« La chambre des officiers », Marc Dugain

 

 

Survivre au traumatisme, récit du Colonel Jean-Yves Boyer. Il y est bien question de survivre, dans un premier temps, puis de vivre, tout simplement.

 

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Vivre l’injustice.

 

Vous vous appelez Yohann Douady. Vous êtes envoyé au bout du monde par votre pays. Vous devez défendre un régime politique, que votre gouvernement considère comme allié de la France. Ce même gouvernement, votre allié donc, envoie son aviation bombarder vos frères d’armes. Votre ami meurt.

Vous trouvez cela injuste.

 

Vous vous appelez toujours Yohann Douady. Vous combattez en Afghanistan. Vous et vos frères d’armes survivez aux combats. Peu de jours avant votre rapatriement, une grenade explose accidentellement dans le camp, et tue votre ami.

Vous trouvez cela injuste.

 

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Engin-Blindé-Génie Valorisé, 19ème Régiment du Génie, Besançon - photo © 19ème RG

 

Vous vous appelez Jean-Yves Boyer, vous êtes Lieutenant-Colonel et revenez d’Afghanistan après une mission dont on connaît les dangers. Vous rendez visite à un régiment du Génie, votre arme de cœur, le 19ème RG de Besançon. Vous vous réjouissez d’un tour en EBG. Histoire de rajeunir. Votre tête dépasse de la tourelle. Incident technique : la trappe blindée se détache et vous fracasse la tête.

Vous trouvez cela injuste. 

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Après l’accident, hôpital de Besançon – photo © JY Boyer

 

Vivre ?

 

« Votre mari est sur une crête. Dans son cas, 20% des blessés tombent définitivement de cette crête dans les premiers jours. 80% continuent à avancer. »

 

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Retour à la maison - photo © JY Boyer

 

Vivre sa détresse.

 

« Plus de mastication, presque plus de parole, plus de respiration par les voies aériennes supérieures. Il me restait, normalement, encore l’odorat et la vue. Hélas… »

*

« Elle me trouva dans un état de stress, d’angoisse, de peurs et de larmes causés par les premiers instants d’incertitude générés en partie par l’enlèvement de la trachéotomie. »

*

« Comment vais-je m’en sortir ? Quand ? Si oui dans quel état final ? Serai-je toujours accepté et considéré par mes enfants ? Que vont penser mes amis, ma famille, mon entourage ? A quoi vais-je servir à mon retour au domicile ? Vais-je reprendre un jour un travail normal ? Que vont-ils faire de moi au bureau ? »

*

« Attendre, toujours attendre, avec ce sentiment sans cesse de tête posée sur un échafaud. »

 

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Visite du Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre - photo © JY Boyer

 

Me voir vivre.

 

« La première fois que je vis mon visage dans le miroir de la salle de bain (…) L’horreur absolue. »

*

« J’étais parvenu à un âge où l’enfant commence à se mouvoir seul avec ses quatre membres, dans son parc, entouré de ses jouets qui lui apportent des joies simples. »

*

« Peut-être m’étais-je aussi aperçu qu’après m’être longtemps senti  "supérieur" aux autres dans beaucoup de domaines, qu’après avoir connu durant plusieurs années tant de succès familiaux et professionnels, un accident grave m’avait ramené à une réalité basique, celle de n’être après tout qu’un homme physiquement fragile et potentiellement dépendant des autres. »

*

« - Après avoir vu l’état dans lequel tu te trouvais, j’ai dit à ma femme, une fois revenu chez moi, que si un jour la même situation m’arrivait, elle aurait intérêt à me débrancher.

-  Penses-tu toujours cela aujourd’hui ? 

Il resta silencieux. »

 

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Fête afghane - photo © JY Boyer

  

Vivre en père, en mari, en fils, en gendre.

 

« Je libérais ma main de celle de mes parents et la faisait passer par-dessus mon corps pour attraper la sienne, et la lui serrais quand elle me le demandait. »

*

« Elle a souvent craqué en cachette m’a-t-elle raconté par la suite, à la maison ou à son travail. Elle ne pouvait pas se comporter comme cela devant moi, car elle savait pertinemment que si je la voyais, cela pouvait nous entraîner dans la chute. »

*

« Retrouver cette place de père fût très long, et il me restera encore du chemin à parcourir, car cette épreuve de vie, presque achevée, laissera derrière des traces surement indélébiles. »

 

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2007, remise de la Légion d’Honneur, Jean-Yves Boyer et sa maman - photo © JY Boyer

 

Vivre dans l’Espérance.

 

Posons-nous plusieurs questions : Jean-Yves s’est-il battu pour lui-même ? Ce n’est pas si sûr. Pour sa femme Delphine et ses enfants ? Probablement, mais jusqu’à un certain point seulement. Par orgueil de militaire, d’homme ? Sans doute un peu, mais pas que. Par pur instinct de survie ? C’est probable car naturel ; encore que...

Bien des questions sans réponses franches. 

Alors ?

Et si, tout simplement, le Colonel Boyer s’était battu par espérance ?

Ne livre-t-il pas, avec son récit, toutes les clés pour qu’un homme, rencontrant un traumatisme comparable, survive et se reconstruise ?

Ne nous livre-t-il pas toutes les clés de l’espérance ?

 

 * * * 

 

22 - Remise de la citation le 14 juillet 2006.jpgIssu d’une famille de militaires, Saint-Cyrien, Jean-Yves Boyer s’engage en 1990 au 15ème Régiment du Génie de l’Air. En 2005, il est déployé en Afghanistan comme Adjoint Opération du Chef d’Etat-Major de la Brigade internationale de l’OTAN. C’est au retour de cette mission qu’il est très grièvement blessé. Spécialiste Génie, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, école de Guerre, sa carrière évolue de l’organisation opérationnelle aux ressources humaines, puis à la gestion du patrimoine militaire. Le Colonel Boyer est désormais Chef de la Division Gestion du Patrimoine de l'Etablissement du Service d'Infrastructure de la Défense. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2007.

Merci mon Colonel pour l’accueil réservé à mes multiples sollicitations !

(Je sais, je me répète à chaque chronique, mais nos soldats ne sont-ils pas formidables ?).

 

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Hommage

Au Capitaine Christophe Barek-Deligny, 3ème RG, mort pour la France en Afghanistan

Au Capitaine Benoît Dupin, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Lieutenant Valery Tholy, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant-Chef Nicolas Rey, 3ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

A l'Adjudant-Chef Mohammed El Gharrafi, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant Emmanuel Técher, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant Jean-Marc Gueniat, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent–Chef Laurent Mosic, 13ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Svilen Simeonov, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent Damien Zingarelli, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Guillaume Nunes-Patego, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Facrou Housseini Ali, 19ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Kamel Elward, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Loïc Roperh, 13ème RG, mort pour la France en Afghanistan

Au 1ère Classe Goran Franjkovic, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Aux Sapeurs, Sapeurs de l’Air, Sapeurs Légionnaires, Sapeurs Parachutistes,  morts pour la France,

Aux blessés.

 

Hommage

 

A tous les soldats, morts accidentellement dans l’exercice de leur mission,

Aux blessés,

A leurs proches, sans lesquels aucune reconstruction psychologique n’est possible.

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux protégés de Sainte-Barbe,

 

Fantassins, cavaliers, nos frères de combat, foncez dans la mêlée, sans crainte et sans peur !

Si le combat fait rage, surtout ne craignez pas les obstacles et les mines !

Nous serons toujours là pour vous ouvrir la route, nous les Sapeurs !

 

* * *

Un homme très pieux traverse le désert. Le Christ marche à ses côtés. Lorsqu’il se retourne, l’homme voit deux traces de pas sur le sable. Hélas, il s’égare. Ses vivres, puis son eau, s’épuisent. Perdu au milieu du désert, il désespère. Il se retourne alors, et ne voit plus qu’une seule trace de pas. A bout de forces, il sent sa fin approcher, mais, miracle ! Une oasis ! Il étanche sa soif, puis s’adresse au Christ : «  Seigneur, au moment où tout me semblait perdu, me retournant, je n’ai vu dans le sable qu’une trace de pas. Pourquoi, alors que j’avais le plus besoin de toi, m’avais-Tu abandonné ? ».

Le Christ lui répond : « Il n’y avait qu’une seule trace de pas, car je te portais ».

Libre interprétation de la parabole du désert d’Adhemar Pereira de Barros, poète brésilie

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Vous n’avez qu’une seule envie : celle de reprendre goût à la vie,

et démontrer ainsi que

vous êtes plus fort que cet accident.

 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un soldat blessé, Sapeur, Génie, 19e RG

07/05/2013

Mili-Brake...

Chers lecteurs,

La Plume et L’Epée s’offrent quelques jours de brake (qu’ils estiment) bien mérités !

Le Chasseur, dit La Plume, va visiter nos alliés émiratis :

 

… et la Russe blanc, dite L’Epée, va faire découvrir les terres de ses ancêtres à son tsarévitch de fils : 

 

 

Et à très bientôt, avec « Survivre au traumatisme », du Colonel Boyer ; « Task Force Tiger » , journal de marche du Colonel Le Nen, 27ème BCA ; « Haute Tension - Des Chasseurs en Afghanistan » des artiste, journaliste et photographe Bertrand de Miollis, Frédéric Pons et Thomas Goisque et leur propre vision du 27ème BCA ;  « Une vie de légionnaire » de notre cher Adjudant-Chef Saulnier, légende vivante de 2ème REP ; Le sublime « Légionnaires, Portraits » du  photographe Jean-Baptiste Degez accompagné de Henri Weill pour les textes, paru chez nos amis Nimrod ; « Combattants sans passé » de Robert Markus, à nouveau un Légionnaire, et c’est tant mieux, on ne s’en lasse pas ; « Soldats cibles » de François Lapuh, l’ex-Yougo vue par un rebelle J ; « Le temps de l’action » d’Alphonse-Bernard Seny, beau livre hommage aux « Gaulois » du 92ème RI, « Au service de l'espoir » du Capitaine Philippe Stanguennec, pilote de Transall, etc.

Alléchant, non ?


Avec une pensée affectueuse à tous nos soldats en OPEX, quant aux civils : 

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Bons ponts (de la rivière Kwaï) (hum)


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10:29 Publié dans Mili-Film | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2013

"Afghanistan, Regards d’aviateurs", LTN Charline Redin, SIRPA-Air

 

 

A la mémoire du Lieutenant-Colonel Anne Broquet, commandant des Convoyeuses de l’Air

 

 

 

Alors, ils surent ce que les camarades entendaient par équipage. Ils n’étaient pas simplement deux hommes accomplissant les mêmes missions, soumis aux mêmes dangers et recueillant les mêmes récompenses. Ils étaient une entité morale, une cellule à deux cœurs, deux instincts que gouvernait un rythme pareil. La cohésion ne cessait point hors des carlingues. Elle se prolongeait en subtiles antennes, par la vertu d’une accoutumance indélébile à se mieux observer et se mieux connaître. Ils n’avaient fait que s’aimer.

Joseph Kessel, « L’Equipage »

 

 

« Cher Monsieur, Merci pour votre mail. Je suis en ce moment au Qatar pour l’exercice Gulf Falcon 2013. Je serai ravie de vous envoyer un ouvrage dédicacé dès mon retour en France». Cool, non ?

 

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« Afghanistan, Regards d’aviateur », par la Lieutenant Charline Redin. Dans mon esprit, de par son format,  j’allais avoir entre les mains un beau livre-photo, Rafale, Mirage…  mais on est bien au-delà  de ça : fruit de plusieurs années de travail, faisant suite à ses déploiements  en Afghanistan, Charline Redin, journaliste au SIRPA-Air, nous rapporte une multitude de témoignages, sous forme d’interview. Je ne peux mieux faire que la citer : « Ce livre, même s’il décrit des missions militaires, se veut une sorte de carnet intimiste où l’individu se livre, à travers sa fonction, son ressenti, ses angoisses et ses émotions ».

 

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« Voir les mecs qui vont au charbon, écouter ce qu'ils racontent…»

LTN Charline Redin

 

« Afghanistan, Regards d’aviateurs » est effectivement un très beau livre - saluons le magnifique travail de l’Adjudant Benoît Arcizet pour la conception graphique -  mais en sus, c’est un très bon livre, hommage si mérité aux hommes et femmes de toutes les composantes de l’Armée de l’Air.

Oui, nos Rafale et nos Mirage sont beaux, mais pas autant que les hommes et femmes qui les font voler…

 

Les équipages de chasse-bombardement

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On s’équipe. Notre habit est lourd, mais j’aime le revêtir. Je quitte déjà un peu ce monde et gagne celui du vol (...) A chaque fois, je m’isole un instant pour prendre du recul et me concentrer. Dans ce tourbillon d’activités, le départ en vol de guerre demeure un moment où l’homme, le combattant et le chef se réalisent pleinement. La force de l’engagement, le courage et la valeur sont mis à nu par la violence des faits.

Lieutenant-Colonel M. Chef du 1er détachement Chasse à Kandahar.

 

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L’implication avec le sol est totale. Nos interventions se doivent d’être très rapides. On nous appelle, on se déroute instantanément. Dans le cockpit la tension est immédiatement à son paroxysme. Un déroutement signifie toujours un accrochage qui s’est déroulé peu de temps avant. La moindre minute perdue peut signifier la différence entre la vie et la mort pour un soldat.

Lieutenant-Colonel W. Pilote de Mirage 2000D.

 

Les équipages de transport et les ravitailleurs en vol, dits les « Lourds » 

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Chacun des deux Mirage 2000D avait tiré ses deux bombes. Nous les avons ravitaillés une dernière fois pour qu’ils puissent rentrer à Manas [base au Kirghizstan]. A la radio, un des pilotes nous lance « Merci les Lourds pour la mission ! ». Ce ne sont que quelques mots, mais ils nous ont énormément touchés .

Lieutenant-Colonel P. Chef du Groupe de Ravitaillement en Vol 2/91, sur Boeing C135FR.

 

 

Les convoyeuses et convoyeurs de l’air, le personnel de santé

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A 4h du matin, les réacteurs sont de nouveau en route. Top départ, direction Paris-Orly. Pendant les 7 heures de vol, les équipes médicales sont à pied d’œuvre (…) Je me souviens plus particulièrement d’un soldat grièvement touché, qui était anxieux ; inquiet de son état de santé et d’un handicap futur certain. Il me confie ses craintes. Notre mission prend alors tout son sens.

Capitaine H. convoyeur de l’air.

 

Le chapitre de Charline dédié aux convoyeuses et convoyeurs m'a touché. C'est l'occasion, me semble-t-il, de rendre mon propre hommage à ma cousine Anne Broquet, chef des convoyeuses de l'Air, disparue, hélas, prématurément. 

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Anne s’engage en 1972. Lieutenant-Colonel, elle commande la division des Convoyeuses de l’Air, escadrille aérosanitaire 6/560 « Etampes ». Elle totalise plus de 10 000 heures de vol, 25 déploiements en Afrique, Moyen-Orient et Asie.

Peintre à ses heures, membre actif de  l’ordre de Malte, ses dernières missions humanitaires l’ont menée au Sri Lanka et en Inde, dans le cadre de mesures d’aide urgente pour les survivants du tsunami.

Anne décède prématurément le 17 juillet 2008,à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce,  luttant courageusement contre la maladie.

Femme humble, très discrète, elle me laisse un grand regret, ne pas avoir assez échangé avec elle, ne pas l’avoir incitée à écrire sur sa vie d’exception…

Quelle belle remontée du Mékong ce fût été…

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Photo © Ordre de Malte

 

LETTRE OUVERTE AUX EQUIPAGES.

La mythologie connut le centaure, monstre moitié homme, moitié cheval. Plus tard vint le mi-ange, mi-démon, bon ou mauvais. Enfin, arriva la convoyeuse de l'air, divinité mi-infirmière, mi-hôtesse !

Comme tout être fabuleux, qu'il soit issu de la mythologie, de la religion ou du transport aérien militaire, il appartient à la légende. Mais, bien qu'invraisemblable, il n'en demeure pas moins vrai. Je le sais puisque je suis leur chef ! Mais comme tout être de légende, il ne peut jamais être rationnellement défini. C'est là notre lot, mais aussi notre spécialité.


Moi, ce que je sais, c'est que lorsque je vois partir Brigitte, Odile, Nathalie, Sophie, Isabelle, Astrid... en tenue verte couleur «combat» avec le masque à gaz, le gilet pare-balles, le casque bleu, je sais qu'elles vont aller sur le terrain pour, s'il en est besoin, vivre leur métier d'infirmière. Et, même si au dernier moment elles glissent tout au fond de leur poche ce petit tube de rouge à lèvres, elles savent que dans leur lot sanitaire il y a ce qu'il faut. Et puis, un dernier réflexe de coquetterie ne nuit en rien aux «guerrières» (à chacun ses peintures de guerre). D'ailleurs messieurs, qui me dit que vous ne glissez pas dans votre poche au dernier moment un petit échantillon d'after-shave !


Pendant ce temps-là, Anne, Emmanuelle, Véronique, Dominique, Yvette, Cathy... en tenue bleue couleur «travail» partent à l'assaut d'un redoutable obstacle : «la mission avec passagers». Cette «mission logistique» est plus scabreuse pour une convoyeuse de l'air qu'une «mission tactique», car là, vous devez affronter ce deuxième rôle pour lequel on vous dit ne pas être «faite» ! C'est-à-dire celui de conforter une maman aux prises avec ses enfants, soutenir un passager faisant un petit malaise vagal ou cet autre ne supportant pas le décalage horaire. Il faut également assister le commandant de bord, le chef de cabine et aider le médecin assurant une évacuation sanitaire. 


Ce rôle «d'assistante de bord» plus qu'hôtesse d'ailleurs, sur «avion à moquette», n'est pas non plus pour nous déplaire, car après s'être pris un nombre incroyable de fois nos petits pieds, quoique chaussés d'énormes chaussures, dans les chaînes d'arrimage du Transall et avoir glissé sur les rouleaux des palettes du C130, qu'il est doux de poser nos pieds fragiles chaussés enfin d'escarpins sur la moquette moelleuse d'un DC8 en partance pour l'autre bout du monde ou d'un Falcon effectuant une EVASAN [Evacuation sanitaire]. A chacun son repos ! Mon grand regret il est vrai, c'est de ne pas les poser plus souvent dans nos hélicoptères !


Par ces quelques mots, je n'ai rien voulu prouver. J'existe, c'est tout, et je suis convoyeuse de l'air. Mais ce que je voulais, c'est dire aux équipages du COTAM [Transport] que quel que soit l'avion sur lequel nous volons, nous serons toujours avec eux pour les aider, les assister, partager ensemble les bons et mauvais moments. Nous comptons sur eux, et sans eux, nous ne serions pas convoyeuses de l'air.

CDT Anne BROQUET, Chef des Convoyeuses de l'Air
FAP INFO n° 70 – 2ème semestre 1993.

 * * *

 

Les équipages d’hélicoptère

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Il y avait dans le regard de cet enfant toute la misère du monde. Il allait monter pour la première fois dans un hélicoptère, les hommes autour de lui étaient armés (…) de plus, il était très mal en point, les balles lui avaient perforé le corps.

Nous  venons sur le théâtre pour évacuer des soldats, des combattants. Evacuer un enfant, qui pourrait être notre fils, c’est toujours une mission noble.

Lieutenant-Colonel C. Chef du détachement hélicoptère de l’Armée de l’Air sur l’Aéroport de Kaboul.

 

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18.8.08. Vallée d’Uzbin

14 heures d’engagement de l’équipage de l’hélicoptère Caracal, pour déposer des troupes en soutien, des infirmiers, évacuer les blessés, ramener les 10 corps.

 

Au moment de la cérémonie d’hommage aux Invalides pour les dix soldats tombés, les écrans de télévision sont branchés à Kaboul, et tous les militaires sont devant, les yeux humides, le cœur lourd.

Je suis resté dans mon bureau. J’entendais le son, mais je ne pouvais voir les images. Aujourd’hui encore, je suis incapable de regarder cette cérémonie. Devant chaque cercueil, je revois chacun des hommes que nous avons ramenés.

Lieutenant-Colonel C, pilote de Caracal à Uzbin.

 

 

Les personnels de l’escadron de drones (avion de surveillance sans pilote)

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J’ai remarqué sept hommes à la démarche étrange. Nous avons supposé que ces hommes étaient armés. Nous avons donné leur signalement aux militaires sur place. Nos suspicions étaient fondées.

Sergent C, interpréteur photo, Escadron de drones  1/33.

 

 

Les renseignements

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[Les hommes du Renseignement préparent, entre autres, les plans de vol, pour éviter au maximum les risques encourus]. Lorsqu’un hélicoptère décollait de l’aéroport de Kaboul, il y avait toujours une forme d’appréhension d’avoir peut-être raté une donnée, ou d’être passé à côté de quelque chose. Mes amis et mes camarades étaient dans la machine. J’avais une lourde responsabilité à chacun de leur départ.

Lieutenant-Colonel F. Officier Renseignement, ED 1/33.

 

 

Les Commandos Parachutistes de l’Air

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Nous étions en autonomie complète. Nous sommes entrés dans un village dans la zone du Baloutchistan. Il ne restait plus qu’une famille (…) Ils étaient à des lustres de savoir ce qu’il se passait à cette époque en Afghanistan. Ils étaient surpris de voir des militaires dans cette région. Nous dormions dehors, les températures chutant la nuit. Elles pouvaient atteindre -20°c. On se sentait si minuscules dans ce paysage merveilleux. Nous avions l’impression d’être des pionniers.

Lieutenant-Colonel R, dit Jacky, Commando Parachutiste de l’Air, intégré aux Forces Spéciales.

 

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Nous travaillons régulièrement avec les américains. Lorsque nous leur avons montré ce que nous savions faire, ils ont été tout de suite demandeurs. Ils reconnaissent notre expérience de terrain.

Caporal-Chef M. CPA.

 

 

Les mécaniciens et armuriers

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Les mécaniciens sont arrivés aujourd’hui et commencent d’emblée à installer les centaines de tonnes de matériel, qu’ils vont mettre en œuvre quand les F1 seront là. Ils sont impressionnants de courage et d’énergie, travaillant sans relâche sous un soleil de plomb. Ils sont admirables.

Colonel B. Pilote de Mirage F1CR.

 

 

Le personnel de soutien, d’infrastructure

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Ces hommes de l’ombre sont souvent les premiers déployés sur les théâtres d’opération. Ils sont maçons, soudeurs, électriciens, spécialistes dans le montage de hangars (…) Ce sont des aviateurs qui font preuve de beaucoup d’abnégation. Quand ils arrivent sur le terrain, il n’y a rien. Tout est à construire, et pour la majorité des missions, il faut le faire vite…

Colonel V. Compagnie d’Infrastructure en Opération.

 

 

Les chefs de piste, agents d’escale

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Ce que j’aime dans mon métier (…) c’est que nous sommes les derniers avant que la porte de l’avion ne se ferme, à voir les militaires quitter le théâtre pour rejoindre leurs familles. Ils ont tous le sourire aux lèvres. Ca réchauffe le cœur.

Sergent-Chef P. Agent d’escale.

 

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lieutenant-charline-redin-auteure-du-livre-afghanistan-regards-d-aviateurs.jpgLa Lieutenant Charline Redin est journaliste au Service d’Information et de Relations Publiques de l’Armée de l’Air.  Après des études brillantes d’histoire des médias, de journalisme et de chinois, elle s’engage en 2007. Elle ne compte plus ses voyages à titre privé et déploiements en OPEX. Soutenue par le Général Jean-Paul Paloméros, CEMA-Air, accompagnée par l’Adjudant Benoît Arcizet, graphiste de talent, et par toute l’équipe du SIRPA-Air, elle se lance dans ce beau projet qu’est « Afghanistan, Regards d’aviateurs » en 2011.

Charline est aussi photographe. Vous retrouverez son oeuvre sur son site : ici.

Merci Charline pour votre accueil chaleureux. Et pour le futur café ;)

 

 

 

« Afghanistan, Regards d’aviateurs », est édité par le SIRPA-AIR, disponible sur le site de l’ECPAD ici.

Livre multimédias : en scannant les codes à chaque chapitre, vous pouvez visualiser le reportage associé sur votre mobile.

 

 

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La Lieutenant Redin interviewe un militaire afghan – photo © SIRPA

 

Tous les aviateurs français présents ici n’ont qu’une idée en tête : celle de vous aider à apporter la paix dans votre pays.

 Général Paloméros, Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air, au Général Mohammad Dawran, son homologue afghan.

 

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Mon tout petit. Tu liras ces pages dans quelques années, et elles te sembleront écrites par un étranger. Tu n’auras pas de souvenir de ton papa pilote, mais j’espère que tu seras quand même fier de lui.

Lieutenant-Colonel B. Pilote de Mirage F1CR ; extrait de son journal, destiné à sa femme et ses enfants.

 

* * *

 

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 Hommage

 

Au Caporal-Chef Sébastien Planelles, CPA 10, mort pour la France en Afghanistan,

Aux hommes et femmes de l’Armée de l’Air morts pour la France,

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux aviatrices et aviateurs !

 

« Mon but n’était pas de tirer des bombes, mais de faire mon devoir. »

Lieutenant G. pilote de Mirage 2000D.

 

 

 

 

 

 

 

 Livre, photos, témoignage, récit biographique, Armée de l'Air, pilotes, personnel au sol

 

15/04/2013

« L’Afghanistan en feu », CCH Emmanuel Gargoullaud, RICM, Ed. Economica

 

A la mémoire du caporal-chef Bracchi, qui n’a pu quitter ses frères marsouins. Qu’il repose en paix.

 

 

 

Nous pouvons être fiers du comportement remarquable des soldats français en Afghanistan.

Général d’Armée Bertrand Ract-Madoux, Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre

 

 

Ils sont en train de nous bâtir un bien bel édifice, nos soldats-auteurs. Un monument virtuel car littéraire, mais qui rend magnifiquement hommage à leurs camarades morts pour la France, aux blessés, au dévouement de leurs frères d’armes.

Par leurs témoignages, chacun participe à sa façon : les officiers, c’était courant, mais désormais les sous-officiers et militaires du rang. Réjouissant.  Et c’est au tour du Caporal-Chef Emmanuel Gargoullaud, marsouin du RICM, d’apporter sa pierre à l’édifice, avec son journal de marche en Afghanistan.

 

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Le Régiment d’Infanterie Chars de Marine ; le plus décoré de l’Armée française… Tout est dit au titre de la gloire et de l’honneur, mais ce livre nous en apprend plus, de par sa vision de l’intérieur.

 

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Devant un VBLL – photo © CCH Emmanuel Gargoullaud

 

Le Caporal-Chef Emmanuel Gargoullaud appartient au peloton de Commandement et Logistique. C’est un combattant, mais aussi un administratif qui gère la vie de la base. Ce rôle, parfois sous-estimé, est pourtant essentiel : Combien de temps un soldat tiendrait-il, sans retrouver un minimum de confort physique [popote/douche/lit], mais aussi moral, entre deux missions de terrain ? Sans accès internet pour échanger avec sa bien-aimée, sa famille ? Sans pause autour d’une bière raisonnablement fraiche ? Sans la moindre petite fête pour évacuer la pression ?

Je commence ma course pour trouver la Capitaine commissaire, les cartes Internet et téléphoniques, puis le vaguemestre pour le courrier, ainsi que le gérant du foyer pour l’approvisionnement de « La Sirène » [bar du RICM]. Courte nuit marquée par le ronflement de certains et les flatulences des autres.

 

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Devant un T55 ex-soviétique – photo © CCH Emmanuel Gargoullaud

 

Les parties "action sur le terrain" sont toujours percutantes :

Nous, le groupe 50, avec Centaure et le JTAC, seront installés sur le COP51. Le PAD10 sera en QRF sur la FOB46, avec un groupe Génie de Jaune 30, les EOD. Le peloton AMX10RCR sera en tête du SGTIA et fera la reconnaissance par l’axe Taurus 1.

Je vois d’ici les lecteurs néophytes en jargon militaire : « Heeuuu... ». Ne vous effrayez pas.  J’ai cherché dans le livre le paragraphe qui cumulait le plus d'abréviations :)

Emmanuel se parle à lui-même, il utilise donc la langue du soldat ; mais ce vocabulaire a aussi son mérite : il donne du rythme, voire crée un style littéraire original (Mili-Style ?) et, évidemment,  tous les acronymes sont expliqués.

 

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photo © CCH Emmanuel Gargoullaud

 

Entre les chapitres où il décrit sa vie au quotidien, sur la base ou le terrain, Emmanuel prend le temps d’approfondir sa vision de l’engagement de nos troupes en Afghanistan :  Il nous parle de l’ennemi Taliban,  souvent un groupe d’une dizaine de combattants,  connaissance parfaite du terrain, mobilité extrême, réseau de renseignements on ne peut plus efficace (dans tous les récits publiés, les soldats parlent d’Afghans les observant, tout en parlant dans un portable...), possibilité de se fondre immédiatement dans la population, n’ayant que peu (pas ?) de respect pour la vie des femmes et des enfants, n’hésitant pas à en faire des boucliers humains, sachant pertinemment que  les occidentaux ne tireront pas…

Il s’intéresse même à la géopolitique, la famille Ben Laden ou   l’économie basée sur  la culture de l’opium (drogue de Tintin et le Lotus bleu, mais aussi la matière-première de la morphine).

L’opium fait vivre plus de deux millions d’afghans et génère des recettes estimées à 2,5 milliards de dollars, soit 35% du PIB de l’économie afghane en 2005. En 2009, on estimait à 1,6 millions le nombre de personnes impliquées dans ce secteur d’activité. 8% des Afghans sont dépendants de drogue, que ce soit l’opium ou l’héroïne. Le pays produit plus de 80% de l’opium de la planète.

Un fermier indique qu’il peut obtenir, sur une même superficie, 8kg d’opium qui lui rapportent 300€, au lieu de 850 à 1100kg de blé, de culture plus aléatoire, et ne lui rapportant que 200€.

 

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Dans son VAB. photo © CCH Emmanuel Gargoullaud

 

Nous l’avons dit, notre secrétaire est avant tout un combattant. Pilote de VAB, il est intégré régulièrement à la QRF : Quick Reaction Force/Force de Réaction Rapide, qui intervient en soutien des troupes au contact.

Une explosion assourdissante retentit. Je suis tout d’abord sonné. Mon véhicule est envahi de pierres et de poussière. Je suis recouvert d’une fine couche de terre, lorsque je réalise, au bout de quelques secondes, que nous venons de subir une attaque. Dans l’obscurité, avec mon [dispositif de vision nocturne] OB70, je regarde autour de moi, puis palpe mes bras et mes jambes. Tout va bien.

 

Tout va bien heureusement pour Emmanuel, mais…

Le Caporal-Chef Hervé Guinaud, descendu pour guider l’un des trois VAB du convoi, a disparu.

Au bout d’interminables minutes, j’aperçois une lampe  qui s’agite à une vingtaine de mètres de mon VAB. Aussitôt je réagis, allume ma lampe torche Surfire pour les éclairer et, dans le halo de lumière, j’aperçois un corps.

(…)

C’est bien Hervé.

(…)

Le souffle de l’explosion l’a projeté à 50 mètres du cratère laissé par l’IED.

Il n’a pas souffert.

 

* * *

 

Avec « L’Afghanistan en feu », son journal, le Caporal-Chef Emmanuel Gargoullaud s’est parlé à lui-même, mais il l’a fait suffisamment fort pour que nous l’entendions haut et clair. C’est heureux. Une indispensable pierre à l’édifice.

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« La guerre peut parfois sembler monotone, jusqu’au jour où elle rappelle à chacun de nous que nous sommes payés pour tuer, et mourir. »

 

* * * 

Gargoullaud Portrait.JPGEngagé en 1995, Emmanuel Gargoullaud intègre le 1er Régiment de Hussards Parachutistes. Neuf ans plus tard, il rejoint le Régiment d’Infanterie Chars de Marine de Poitiers. Il a été déployé en République Centrafricaine, ex-Yougoslavie, Côte d’Ivoire et Afghanistan. Emmanuel est marié et père de deux enfants. Envisageant une carrière civile au retour d'Afghanistan, il a finalement décidé de poursuivre sa vie de marsouin.

Emmanuel, je tiens à te remercier chaleureusement pour l’accueil  réservé à mes sollicitations et l’envoi de tes photos perso.  Vraiment sympa ! 

 

 

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Hommage

 

Au Caporal-Chef Hervé Guinaud, mort pour la France en Afghanistan,

A tous les marsouins du Régiment d’Infanterie Chars de Marine, né Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc,  morts pour la France,

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux Marsouins du RICM. 

« Recedit immortalis certamine magno »,

Il revint immortel de la grande bataille !

Devise du RICM 

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photo © CCH E. Gargoullaud

 

 

 

Livre, récit biographique d'un Marsouin, RICM, Afghanistan