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22/09/2013

"Au service de l'espoir", CNE Philippe Stanguennec, CoTAM, Ed. L'Esprit du livre

 

Photos et extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

 

 

“Kabul tower, this is Cognac 05. Gooooooooood morning Kabul !” 

Capitaine Philippe Stanguennec, en approche de l’aéroport de Kaboul.

 

 

Ah Stang ! Sacré bonhomme ! Dès nos premiers échanges, il me faisait marrer. J’attendais donc avec impatience de me lancer dans son récit « Au service de l’espoir » : 12 ans à parcourir le monde comme pilote de Transall…

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Tout y est : l’exotisme, les soirées arrosées au bar du CoTAM (*), la fraternité d’armes, la franche rigolade, les drames aussi…

Le Capitaine Philippe Stanguennec a le chic pour rendre à la perfection cette ambiance, utilisant beaucoup le dialogue, maniant l’humour quand il le faut, distillant le stress lors des vols chaotiques…

« Au service de l’espoir », un bien beau récit, qui va ravir tous les fans de l’Armée de l’Air et au-delà !

(*) Commandement du Transport Aérien Militaire, rebaptisé Force Aérienne de Projection. 

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Stang aux commandes de son Transall

 

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Bon vol !

  

Aller, commençons par rigoler de bon cœur…

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© P. Stanguennec

 

A N’Djamena, discussion matinale au mess, avec un serveur tchadien.

- Qu’est ce qui ne va pas ce matin Joseph ?

- Les blancs, vous là, vous n’êtes pas gentils !

- Comment ça pas gentils… mais on ne t’a rien fait.

- Mais ce n’est pas vous, ce sont les gérants, là !

- Pourquoi ils ne sont pas gentils avec vous ?

- Hier soir, ils nous ont réunis dans la grande cuisine et ils nous ont demandés de nous déshabiller.

- Ah bon ? Et pourquoi ?

- Pour quelqu’un qui avait volé du fromage… et ils nous ont tous fouillés un à un. Ils étaient très méchants.

- Et alors ?

- Ils ont trouvé le voleur. Il avait tout caché dans son slip. Mais ce n’est pas une raison.

  

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En Centrafrique, la tourista, ce n’est pas rigolo du tout du tout. On ne se moque pas, hein…

Les maux de ventre déciment un par un l’équipage : consultations à l’infirmerie et régime banane ou riz. Saint-Immodium, Saint-Spasfon et Saint-Ercefuril, priez pour nous !

Cela dure deux ou trois jours. Entre-temps, il faut quand même assurer les vols. C’est ainsi que l’on a déterminé un point équidistant entre deux toilettes : celles de la villa [où nous logeons] et celles de l’aéroport. C’est un carrefour au centre-ville. Avant, on fait demi-tour, après, on continue. Sur la route, en se rapprochant du point de décision, tous les regards se portent sur le maillon faible : il est de couleur cramoisie et transpire à grosses gouttes…

  

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En Martinique, on ne se moque toujours pas, on « compatit » avec les copains restés en métropole :

Face à une mer turquoise, tout l’équipage est attablé au Kontiki. Nous sirotons un jus de banane tout en consultant la carte. En hommage à nos camarades aviateurs restés en métropole et qui viennent de rentrer dans la froidure de l’hiver, nous respectons une minute de silence. 

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Au Gabon, un petit énergumène manque d’être transformé en steak haché...

Nous survolons la brousse et apercevons le plateau où se trouve l’aéroport. Installé en finale, Pépi réduit sa vitesse, demande la sortie des éléments et du train d’atterrissage. Au seuil, je distingue un point qui se révèle être un gamin sur un vélo. « Mais qu’est-ce qu’il fait celui-là ? Y voit pas qu’on va se poser ? » En courte finale, v’la ti pas notre régional de l’étape qui entame un kilomètre lancé. Il fait la course avec nous ! « Remise des gaz ! » Nouvelle présentation. Le gamin est revenu au point de départ, pied gauche armé, prêt à enfoncer sa pédale. Pas de doute, il s’amuse comme un petit fou. Il va m’entendre celui-là ! En très courte, le gamin est à 200 mètres devant nous, sur la ligne centrale. Impossible de se poser sans l’écrabouiller… « Remise des gaz ! ».

 

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Et toujours au Gabon, on voit que le Contrôleur des armées a lui aussi de l’humour…

Stang doit transférer le contrôleur des armées. Un monsieur important, n’est-ce pas ? Petit souci cependant, ses insignes de grades sont particuliers, peu connus, et peuvent être pris pour ceux d’une autre fonction…

En montant, le contrôleur des armées trébuche sur le chef de soute en train de bricoler. Surpris, le jeune chef se retourne et apercevant subrepticement les insignes sur l’uniforme : « Oh excusez-moi ! Bienvenue à bord mon père ! ». Le contrôleur, un rien surpris mais sans se démonter : « Merci mon fils. Dieu vous bénisse ! ».

 

 

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Reste que, évidemment, la vie n’est pas un long vol tranquille. Et quand le ciel se met en colère, ça craint…

En Côte d’Ivoire, lors d’un vol Abidjan-Kortego

- Tu as vu devant ?

- Ouais…

Une grosse barrière de cumulonimbus nous barre la route, comme si nous étions au pied de l’Himalaya. Deux solutions : passer à travers ou en dessous. Au-dessus, difficile, les cumus montent très haut. A travers, nous allons givrer et nous faire chahuter.

- On passe dessous !

(…)

Phil se démène avec les contraintes géographiques et météorologiques pour nous trouver une route dans ce merdier.

(…)

La pluie redouble de violence. La visibilité se casse la gueule. La nuit va finir par tomber complètement. Nos zigzags nous retardent. Le carburant s’épuise et nos nerfs aussi.

(…)

- Bon aller, on arrête les conneries, cela ne donnera rien. On remonte en altitude

(…)

Le Transall monte vers la voute céleste. A ce petit jeu les illusions sensorielles sont redoutables. Je me force à croire nos instruments (…) car mes sens me disent que je suis en descente à forte inclinaison…

Au final, l’équipage décide de rebrousser chemin.

Il vaut mieux un beau demi-tour, qu’une belle frayeur, voire pire.

 

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Le crash du R155

 

Et la grande frayeur, Stang, Patrick  et Vincent la vivent en 1996, au retour d’un vol censé être banal [y en-a-t-il ?], de Villacoublay à Orléans

20h 27mn 30s : Arrêt moteur 1.

20h 27mn 34s :

- Le moteur 2 déroule ! Il s’est coupé !

Mon cœur fait un bon. Là, la situation devient extrêmement grave. Nous sommes maintenant en détresse, sans visibilité, sans moteur, à une hauteur d’environ 150 mètres.

(…)

Je lance un message de détresse. Je n’ai pas le temps de le terminer que tous les éclairages, l’ordinateur de bord et les écrans de navigation s’éteignent en même temps.

(…)

Nous nous retrouvons dans l’obscurité. Je regarde dehors, la nuit noire et glaciale me transperce. L’hélice droite mouline sans vie. Le silence de notre appareil en perdition est assourdissant.

Quelques secondes plus tard, le Transall se crashe en bordure d’autoroute, lieu-dit Chevilly. Les trois hommes sont blessés, mais vivants. Dieu a laissé à Stang le temps de profiter de son premier bébé, sa femme devant accoucher peu de temps après.

Afin d’exorciser le crash, le même équipage sera reformé pour un prochain vol. Imaginez les liens unissant désormais les trois miraculés !

Mais il n’y a pas que les éléments et les pannes mécaniques pour faire monter l’adrénaline…

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Séquence de leurres

Pour échapper à une menace, un aéronef poursuivi par un missile (guidé par la signature thermique de l’avion) peut éjecter des leurres constitués d'un matériau dégageant une forte chaleur en se consumant. Ceci a pour effet de tromper le missile et le détourner vers les leurres. Le déclenchement est automatique, dès que le système de contre-mesure a repéré une attaque potentielle.

 

L’équipage, prévenu par une alarme, n’a qu’une poignée de secondes pour réagir avant l’impact et changer brutalement de trajectoire. En sus, en vol de guerre comme au-dessus de l’Afghanistan, deux observateurs scrutent le sol.

Ambiance :

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En approche de l’aéroport de Kaboul - © P. Stanguennec

 

Tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!

- Alerte missile ! Alerte missile ! Une séquence [de leurres] est partie !

Topper débraye le pilote automatique et vire à gauche, tentant de s’éloigner du site probable du tir.

Rien d’autre. Les observateurs n’ont rien remarqué.

(…)

En cabine, la tension monte rapidement à son paroxysme du fait que les actions à entreprendre sont limitées et que le temps pour les réaliser plus que symbolique : nous ne disposons que de 5 secondes avant l’impact.

- C’est notre troisième séquence en cinq missions ! On est partis pour battre un record, lance Topper.

- Ouais, mais c’est quand même pas trop cool, répond Thierry.

(…)

La lumière du roi Soleil fait place à une belle nuit étoilée. Nous attendons la frontière [tadjike] pour pouvoir nous relâcher un peu.

Tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!

Tout le monde fait un bond.

Les observateurs nous confirment qu’ils n’ont rien vu venant du sol, mais la séquence de leurres est bien partie.

(…)

Ma résistance nerveuse commence à être éprouvée.

(…)

Enfin la frontière. Je me cale bien dans mon siège pour terminer le plus agréablement possible le vol, lorsqu’une lueur étincelante apparaît sur le côté droit de l’appareil. Elle est énorme et se déplace à une vitesse vertigineuse. Au même moment je gueule « Oh putain ! Putain ! » qui surprend tout le monde. Cette espèce de boule de feu se rapproche rapidement et je la prends pour la flamme d’un missile. La lueur disparait aussi vite qu’elle est apparue. Quelle frousse j’ai eu.

(…)

Ce dernier évènement m’a bien achevé psychologiquement. Je me suis dit qu’il était temps qu’on se pose et qu’on fume une clope, peinards, avec une binoche tadjike, sur un tube de Joe Dassin.

 

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Détachement Transall à Bangui, 1995. © P. Stanguennec

Evidemment, toutes ces "aventures", dans la joie ou la difficulté, soudent les hommes. Et cette solidarité dépasse les grades et les rôles. On rend donc hommage, comme il se doit, au camarade nouvellement promu, en écrivant une citation à l’ordre du bar de l’escadron :

Détachement Air Licorne, à mon commandement, Garde-à-vous !

Sergent Chêne, à genoux. Ouvrez le ban !

Les sergents s’exécutent : papapapa-papapapa-papa-papa-papa.

Si nous sommes réunis ce soir, en toute intimité, c’est pour marquer un instant important dans la carrière du susnommé. Le Sergent Chêne est entré dans l’Armée de l’Air par la porte de la cuisine en novembre 1991. Il est nommé Caporal-Chef la même année. Il n’hésite pas à user de ses charmes pour passer Sergent en 94 (…) En détachement en Asie centrale, a travaillé brillamment sa S2 (*) au bar du Tadjikistan Hôtel, sur l’album de Joe Dassin. (…) Au sein de l’escadron, le Sergent Chêne se démène sans cesse pour faire partir les équipages dans les meilleures conditions. Doté d’un sens critique affirmé sur le système militaire, d’un humour acide apprécié de tous et d’un physique que beaucoup lui envient, le Sergent Chêne, pour toutes ces qualités, mérite d’être cité en exemple.

(*) Sélection 2 - Contrôle d’acquisition des connaissances générales et théoriques permettant l’accès aux stages en école de formation.

 

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Une solidarité qui dépasse évidemment le cadre de l’Armée de l’Air…

- Un soldat français a été grièvement blessé à un check-point. Ils sont en train de le rapatrier sur l’aéroport. Tu peux l’évacuer ?

- Oui, oui, pas de problème. On va préparer le Transall. On l’attend.

(…)

L’avion est prêt. Tout est installé. Nous grillons une cigarette. Le jour se meurt.

(…)

Je raccroche et reste planté là, au milieu du parking. Je glisse mon portable dans la poche de ma combinaison. J’allume une Marlboro. Une vie s’est arrêtée et le reste continue de tourner… Je vivais là la fin tragique d’un de nos p’tits gars de France. J’étais tout à coup vidé.

- Le blessé est décédé. On rentre.

(…)

Nous volons dans la nuit noire. Les instruments scintillent dans l’univers confiné de notre cockpit. Au-dessus, les étoiles brillent de façon insolente. Les gestes se font mécaniquement. Nul ne vient troubler le silence.

 

In Memoriam

Artilleur de 1ère classe Kevin Ziolkowski, 40ème RA,

mort pour la France en Côte d’Ivoire.

 

* * *

 

DSC00611.JPGSuivant les trajectoires aériennes de son papa pilote de transport, Philippe « Stang » Stanguennec s’engage en 1991 après son baccalauréat au Prytanée national militaire de La Flèche. Elève officier du personnel naviguant, il est breveté pilote de transport en 1993. Il pilote le C160 Transall pendant 12 ans, au sein de l’ET 3/61 Poitou. En 2005, il rejoint le ET 3/60 Esterel comme pilote d’Airbus.

Marié et père de quatre enfants, Stang poursuit sa carrière de pilote de ligne, pour une compagnie civile.

Il m’a avoué : « J'ai toujours un peu de nostalgie quand j'entends un Cotam sur la fréquence, qui a le cap au sud vers l'Afrique... »

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Prix : 22€ - ISBN 978-2-915960-77-8 - Format 15,5x23,5 - 353 pages dont cahier-photo couleur.

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Le livre est disponible chez Prividef ici.

Page FaceBook "Au service de l'espoir" ici

 

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Le CNE Stanguennec aux commandes de son Airbus A310

 

 

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Hommage 

Aux équipages et passagers des C160 Transall F156 et F209 de la 63ème ET/CIET340, morts en service aérien commandé lors d’une collision en 1984 :

CDT Poincelet, pilote chef de bord,

ADJ Billard, pilote,

CDT Florysiak et LTN Galia, navigateurs,

MAJ Vochelet, mécanicien navigant,

ADC Hermann, photographe SIRPA-AIR,

ADC Hupliez, ADC Natton, SCH Thibault, largueurs BOMAP/1er RTP,

LTN Guyot, navigateur chef de bord,

CNA Julien et LTN Sire, pilotes,

MAJ Borie, mécanicien navigant.

 

A l’équipage et aux passagers du CASA CN235 de l’ET 1/62 Vercors, morts en service aérien commandé en 2003.

A l’équipage et aux passagers du DHC6 Twin-Otter de l’ET 3/62 Ventoux / Multinational Force and Observers in Egypt, morts en service aérien commandé en 2007.

Aux hommes et femmes du transport aérien, morts pour la France, morts en service aérien commandé.

Aux blessés.

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux navigants et pistards du Transport.

 

« La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout,

d’unir les hommes. »

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes.

 

 

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Le ronron rassurant et lénifiant de nos moteurs nous berce. Nous nous installons dans une ambiance reposante. David s’est calé confortablement et observe les étoiles (…) Olivier gratte sur sa table de navigation (…) de son petit hublot au-dessus de sa tête, il observe la Lune qui continue sa course, relayant celle du Soleil qui a poursuivi sa route vers l’ouest. Patrick est allongé sur la banquette. Il a enlevé ses chaussures et somnole, le casque sur les oreilles. Inconsciemment, son cerveau reste en alerte, guettant le moindre bruit inhabituel. Il sourit. Il est heureux d’être là, en première classe, sur une banquette, au milieu de ses potes, à 6000 mètres d’altitude (…)

- Quelqu’un prend un café ?

(…)

Je descends dans la soute. L’éclairage est au minimum. La carcasse métallique de notre avion vibre à la fréquence de nos deux Tyne 22.

(…)

Patrick remplit les gobelets et me suit jusqu’au fond de l’avion. Je soulève le rideau du cadre 40 et je passe derrière. Un frisson me parcourt l’échine : le chauffage ne vient pas jusque-là. Patrick me tend un café et je lui tends une cigarette (…) On se sourit. Le café me réchauffe et me revigore. Nous profitons de chaque bouffée.

- On n’est pas bien là, mon canard ?

- On est bien là, mon canard.

 

 

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C’est un métier d’homme, rude et exigeant. Mais quand on a fait corps avec cet univers où, le temps d’une mission, la machine et les hommes qui composent son équipage ne font plus qu’un : quelle jouissance !

 

Saluons les camarades de Stang ! Patrick, Vincent, JP, Coco, Thierry, Topper, Jérôme, Higgins, Poupougne, Laurent, Stéphane, Willy, Nestor, Cédrik, Yves, etc.

 

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Douchanbe, Tadjikistan - ©  P. Stanguennec

 

Il n’y a pas de belles missions. Il n’y a que de bons équipages. 

Capitaine Philippe Stanguennec

 

 

 

  Livre, récit biographique d'un pilote de Transport, Transall

16/09/2013

Mili-poème : "Petit fleur blanc" du Légionnaire Kurt

 

2013 a été riche en témoignages de Légionnaires : "Une vie de Légionnaire" de l'ADC Jean-Claude Saulnier, "La Légion" de l'ADJ Thomas Gast, "Combattants sans passé" du SGT Robert Markus, récits auxquels il convient d'associer le superbe "Légionnaires - Portraits" du photographe Jean-Baptiste Degez.

Pour conclure cette belle quadrilogie, nous vous proposons une incursion dans la poésie Legio Patria Nostra

"Petit fleur blanc" parait en 1953 dans le magazine Képi Blanc. Il est dit que l'auteur, le Légionnaire Kurt, meurt au combat peu après.

Lors de la lecture, quelques personnes se remémoreront leurs cours de français et verront que oui, ce sont bien des alexandrins, et que oui, chaque hémistiche fait six pieds... 

Certains souriront. 

Mais au final, lorsque l'on s'est bien imprégné du texte, s’il y a eu sourire, il laisse place à une belle émotion.

Un petit chef d'œuvre de poésie. 

 

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Défilé du 14 juillet 2013, photo ©  Natachenka

 

Petit fleur blanc

 

Petit fleur qui fait blanc sur le bord du chemin,

Petit fleur qui t'en fout que partout c'est la guerre,

Petit fleur, ton maman c'est madame la Terre, 

Ton maman, petit fleur, il te tient par la main.

 

Mon maman, il est loin, aujourd'hui et demain,

Je marchais en avant car moi c'est militaire,

Mon papa il est mort et moi, seul, légionnaire,

Képi blanc, godillots, fusil et quart de vin.

 

Petit fleur tu parler pour moi maman la Terre,

Tu parler que moi, Kurt, toujours c'est faire la guerre,

Que peut-être bientôt, c'est fini ma saison.

 

Petit fleur, moi soldat, même chose mon frère,

Moi aussi c'est fait blanc : képi blanc légionnaire,

Et bientôt habiter chez toi dans ton maison.

Légionnaire Kurt

 

 

 

 

  Poème de Légionnaire

07/09/2013

"La Légion - Avec le 2e REP au cœur des crises internationales", ADC Thomas Gast, Epee Edition

 Photos et extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. Photo du CPL Christophe Gobin transmise par sa maman. Droits réservés.

 

 

Ce qui importe n'est pas que nous vivions,

mais qu'il redevienne possible de mener dans le monde

une vie de grand style

et selon de grands critères.  

Ernst Jünger, Légionnaire, écrivain allemand.

 

Et de trois ! Après « Une vie de Légionnaire », du légendaire ADC Jean-Claude Saulnier et « Combattants sans passé », de notre ami slovène le SGT Robert Markus, nous revenons au 2e REP avec l’ADC (e.r) Thomas Gast et son récit biographique « La Légion – Avec le 2e REP au cœur des crises internationales ». Et nous en sommes ravis...

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...d'autant plus que ce récit est passionnant, très bien illustré, tout couleur, complété par d’utiles annexes (insignes, devises, chants des différentes entités de la Légion…). Nous le recommandons aux non-initiés car il est très facile d’accès.

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Le récit de l’ADC Gast est si riche, que le résumer en quelques paragraphes est un challenge difficile à relever. Tchad, RCA, Bosnie, Djibouti… Nous ferons donc deux focus : ses premières années de jeune Légionnaire au 3e REI en Guyane, et ses dernières missions, comme Adjudant du 2e REP, où il est acteur des  incidents dramatiques, trop méconnus, du Congo-Brazzaville.

3e REI, Guyane

Les petits monstres.

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La forêt de Mana était pire que la peste. Les moustiques nous déchiquetaient carrément. Ni les produits anti-moustiques, ni le Tafia [alcool de canne], ni les jurons, n’étaient d’une quelconque utilité. J’aurais préféré avoir un jaguar en face de moi que ces petits monstres invisibles qui piquaient même à travers les vestes et les ponchos.

Il y a bois et bois.  

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« Vous avez deux heures pour construire un radeau ! »  dit l’un des instructeurs, « Puis vous ferez la traversée pour aller sur l’autre berge où un délicieux déjeuner vous attendra »

Ce seul message aurait dû nous donner des soupçons, mais nous étions amaigris et morts de faim.

(…)

Moins de deux heures plus tard, le radeau se trouvait sur le bord sablonneux de la rivière. Une embarcation impressionnante ! Le travail nous avait rendu encore plus affamés et nous avions déjà l’eau à la bouche en pensant au délicieux repas qui attendait de l’autre côté. « A l’eau ! » criaient les instructeurs ! En unissant nos forces, nous arrivâmes à trainer le radeau jusqu’à l’eau… où il coula immédiatement ! Nous étions paralysés par la stupeur et la déception.

« Si à l’avenir vous voulez construire un radeau, coupez d’abord un bout de l’arbre que vous avez l’intention d’utiliser, et jetez-le à l’eau. S’il flotte, tant mieux… »

Miam miam.

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Un instructeur du CEFE accrocha un serpent vivant avec un fil, la tête en haut. Ensuite, il le laissa perdre tout son sang. Quand cela fut terminé, il lui fit une coupe circulaire autour du cou, ensuite une coupe longitudinale de la tête jusqu’à la pointe la plus extrême de son corps. Il saisit des deux mains la peau du cou du serpent et la lui retira lentement du corps. Pourtant, le serpent bougeait encore. Ce fût trop pour une journaliste qui préféra se retirer dans l’obscurité protectrice d’un évanouissement.

Jour de solde. Le Capitaine est joueur.

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« Bon, Gast ! dit le Capitaine. Ce serait donc 2300 francs ? Correct ? » Je hochais la tête avidement « Oui mon Capitaine ! » C’était pas mal d’argent pour un simple soldat. Il comptait lentement les billets et les poussait dans ma direction. Je les saisis, mais soudain, comme si cela lui venait justement à l’esprit, il remit sa main sur la liasse. « Oh ! J’avais presque oublié ! Tu dois 350 francs au club de la compagnie ». Il prit l’argent, pendant que je comptais désespérément dans ma tête. « Et puis tu avais payé à crédit au bordel. 1200 francs ». L’imposante pile d’argent initiale diminuait dangereusement. « En plus, je déduis à chaque soldat les billets pour la tombola annuelle de Noël. »….

Pas civilisés ?  

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J’étais encore couché dans mon hamac (…) lorsque des voix me réveillèrent. En me redressant je vis autour de moi une bonne douzaine de petits indiens [Oyampis], garçons et filles. Ils étaient assis et me regardaient fixement. Je n’oublierai pas leurs grands yeux magnifiques. Je ne sais ce qui me passa par la tête, mais je me levais, fouillais dans mon sac à dos, et trouvais quelque chose pour chacun : mon miroir, un couteau, un foulard, un savon… Je fis cadeau de choses qui m’étaient chères et qui avaient de la valeur, et j’en ressenti un immense bonheur. Ils prirent mes cadeaux et disparurent, en silence, sans un merci, sans un mot. (…) Un quart d’heure plus tard, j’entendis à nouveau des voix derrière moi, celles des enfants. Ils étaient revenus, et chacun avait un cadeau pour moi, des bananes, des mangues, un collier en corne (…) J’acceptais leurs cadeaux avec les larmes aux yeux.

La vie, quoi. 

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Mon cœur se mit à frapper staccato. Je savais que je parcourais des chemins qu’aucun autre parmi les mortels européens n’avait foulés avant moi. Nous étions au cœur de la Guyane. Il y avait des ruisseaux si purs qu’on pouvait y voir scintiller de la poussière d’or. Il y avait des collines et des voies navigables qui ne portaient aucun nom (…) Il y avait ici, dans la jungle profonde, des anacondas, des mygales et des serpents venimeux d’une taille inimaginable (…) C’était un sentiment écrasant, mais aussi libérant. Indescriptible. Je me sentais si proche de la Terre, comme je ne l’avais jamais été avant. Je vivais !

*

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Djibouti, Intermède musical 

Extrait de « Beau Travail », film de Claire Denis, 2000.

Les filles étaient camouflées en barmaids, timides et honorables. Elles venaient d’Ethiopie, de Somalie et d’Afrique noire. Les bars portant les noms de Tour Eiffel, Mic Mac, Chez Mama Fanta, Joyeux Noël, l’Amsterdam se réveillaient seulement bien après le coucher du soleil, et les barmaids oubliaient peu à peu leur « timidité »…

*

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1997, Opération Pélican, Congo-Brazzaville.

Au printemps  1997, une partie du 2e REP, dont la compagnie de Thomas, est envoyée à Brazzaville, pour relever le 8e RPIMa dans sa mission d’éventuelle évacuation des ressortissants occidentaux du Zaïre : Brazzaville, capitale du Congo, et Kinshasa capitale du Zaïre, (désormais République Démocratique du Congo), ne sont séparés que par le fleuve Congo. 

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Fleuve Congo - Evacuation d’occidentaux 

La situation reste calme à Kinshasa, un désengagement des forces est envisagé, malheureusement c’est à Brazzaville, autre poudrière, que les choses se gâtent…  Le 5 juin, à l’approche des élections opposant le président sortant Lissouba à son rival Nguesso, une flambée de violence éclate. La ville devient le théâtre de violents affrontements entre les forces armées congolaises et les milices « Cobra » de Nguesso.

La sécurité des ressortissants occidentaux n’est plus assurée. Ces derniers, menacés par les soldats ou miliciens incontrôlés, restent terrés à domicile et sont souvent victimes de pillages, de vols ou de brutalités physiques.

Le 7 juin, en soirée, des appels angoissés de Français menacés, voire violentés, conduisent le commandement à décider de procéder aux premières extractions afin de mettre les personnes à l’abri. À 19 h, le REP reçoit pour mission, en accord avec les autorités congolaises, d’extraire les civils en difficulté à proximité de la Présidence.

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Le Capitaine alla droit au but : « Bon, Gast, (…) La situation est la suivante » Il se tourna vers la carte accrochée au mur de son bureau et pointa son  doigt « Ici, exactement dans cette rangée de maisons, des Français se sont barricadés. Ils nous ont demandé de l’aide et il me semble qu’ils en ont besoin ! » Il leva les yeux de la carte « Gast, vous venez avec moi. Notre mission est de sortir les Français de là et de les amener ici ».  Je lui jetais un regard interrogatif. Ce n’était certainement pas tout (…) « Tous ceux qui nous feront obstacle sur place et qui essayeront de nous empêcher d’accomplir notre mission seront à considérer comme ennemis et devront être traités comme tels ».

Dans de simples camions,  les Légionnaires s’engagent sur l’avenue Schœlcher et prennent contact avec les différentes milices. La 3e section de la 1e compagnie, commandée par Thomas, marque un temps d’arrêt pour prendre contact, comme convenu, avec les autorités militaires congolaises chargées de la sécurité sur zone, tandis que le GCP [Groupe de Commandos Parachutistes] reste en appui.

Après avoir obtenu l’accord des autorités, les Français reprennent  leur progression. A environ 1 km de l’objectif, lorsque les éléments de tête s’engagent sur un rond-point, la colonne est délibérément prise à partie à courte portée par des miliciens congolais, embusqués sur le côté nord-ouest de l’avenue. Les Légionnaires sautent des camions et se retrouvent fixés par les tirs, dans une configuration peu propice à la riposte. Laissons désormais la parole à Thomas :

L’angle était trop aigu pour pouvoir toucher une des positions ennemies avec une grenade LRAC [Lance-Roquette Anti-Char]. Les grenades auraient peut-être ricoché et mis en danger nos propres hommes. Ce dont nous avions un besoin urgent, c’était un écran de fumée, mais il était inutile d’y penser : toutes nos grenades fumigènes étaient dans un des véhicules qui étaient exposé aux tirs massifs. Même la nuit ne nous offrait aucune protection, il faisait trop clair.

(…)

Tout mouvement, soit une tentative de décrochement, soit une contre-attaque pour nous dégager de là aurait signifié inévitablement de lourdes pertes.

(…)

Tandis que les renforts sont envoyés de la base, je fus informé par radio que l’un de mes chefs de groupe et un légionnaire avaient été grièvement blessés.

Je leur ordonnais de rester là où ils étaient, de protéger le périmètre proche et d’empêcher par des tirs sporadiques que l’ennemi n’attaque nos positions.

(…)

Des mouvements de troupe avaient lieu sur notre droite et nous n’avions aucune idée de quels éléments il s’agissait et quels étaient leurs intentions. Tous les scénarios étaient possibles ! Nous disposions seulement des munitions que chacun avait emportées sur lui (…) la plus grande partie des munitions était restée dans les véhicules qui se trouvaient  sous le feu ennemi.

Quand les Légionnaires de la CEA (Compagnie d'Eclairage et d'Appui  - le renfort envoyé par la base) arrivèrent sur la zone de combat, j’entendis enfin à ma gauche notre lourde mitrailleuse 7,62 mm : une vraie musique à mes oreilles.

(…)

Des éléments du GCP [Commandos Paras du 2e REP] commandés par le Capitaine Desmeules avaient réussi à s’avancer jusqu’à mes hommes blessés. Lors de cette action brillante et intrépide, qui montra une fois de plus ce dont cette unité était capable, l’un des leurs tomba sous une pluie de balles et fût tué sur le coup.  Si les soldats du GCP n’avaient pas été là, mon soldat et mon sous-officier auraient certainement succombé à leurs blessures.

(…)

Le renfort (CEA) prit position à gauche de ma section, face à l’ennemi. Ses éléments les plus avancés se retrouvèrent immédiatement sous les tirs adverses. Lors de cette action, un officier, deux sous-officiers et trois Légionnaires furent blessés, certains grièvement. Mais les bleus [couleur de la Cie] sont parvenus à renverser la situation en attaquant immédiatement et efficacement l’adversaire.

Le 2e REP perd un homme, et compte une dizaine de blessés, donc cinq grièvement. On estime à 25 le nombre de miliciens Congolais tués.

Brazzaville est désormais en guerre. L’Etat-Major renforce considérablement le dispositif, par l’envoi d’hommes des 2e REI et 1er REC, de blindés VAB, VBL, ERC90 Sagaie… matériel qui a cruellement manqué à Thomas et ses hommes le 7 juin.

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De fait, dans les jours qui suivent, le rapport de force change de camp :

Quand j’arrivais au carrefour et que je formais avec le VAB sur sorte de bouclier entre les Légionnaires et l’ennemi, je fus immédiatement pris sous le feu. Je répondu avec la 12,7 et fis signe au chef de groupe de décrocher. Pendant que mon VAB reculait lentement, avec le groupe à l’abri derrière, je tirais systématiquement sur tout ce qui me semblait dangereux. Soudain, la voix de mon conducteur, un Polonais rouquin, m’interpella : « Un heure, deux cents, un véhicule léger Toyota avec un canon antichar sans recul nous tire dessus ». Il avait prononcé ces mots d’une voix calme qui m’épatait, car j’étais moi-même essoufflé et en nage. (…) je pointais la 12,7 dans la direction et ouvrit le feu (…) je vis monter face à nous un nuage de fumée, qui voulait dire qu’une roquette avait été tirée sur nous. Juste à côté ! J’entendis l’impact derrière moi, ce qui me donna la chair de poule (…) une seconde plus tard, la Toyota explosa.

Il était temps de mettre en avant ces Légionnaires-Paras impliqués dans cet événement dramatique du Congo-Brazzaville, trop peu connu du grand public.

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Hommage 

Au Caporal Christophe Gobin,

alias André Gilles,

mort pour la France au Congo-Brazzaville,

Aux blessés. 

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Le CPL Christophe Gobin, photo aimablement transmise par sa maman à laquelle nous renouvelons toute notre sympathie.

*

Message reçu en octobre 2016 :

Brazzaville Juin 1997.
Un bond dans le passé. Nous y étions avec notre fille de 2 ans.
Presque vingt ans pour oublier la peur, le sifflement des balles, les tirs des obus qui tombaient non loin de la maison, les impacts sur le fuselage du Transall qui nous amenait à Libreville.
4 jours 3 nuits d'angoisse avant d'être exfiltrés de notre maison, escortés, libérés de cette prison de peur, évacués par nos militaires français jusqu’à l’aéroport où nous avons passé une nuit supplémentaire sous le feu incessant de Kalachnikov, sous la protection si rassurante des Légionnaires.
Un soulagement, une reconnaissance à vie ; s'ils n'étaient pas intervenus nous ne serions pas là aujourd'hui.
Jamais nous n'oublierons le regard courageux de ces hommes, d'un professionnalisme incroyable, d’un calme impressionnant, presque froid dans des situations d’extrêmes tensions, qui nous ont protégés durant ces événements, pour certains gravement blessés ou comme votre fils en échange de sa vie.
Nous leur devons d'être là, nous le lui devons. Nous n’oublions pas.
Nous sommes partis de Brazzaville sans pouvoir dire Merci à nos militaires. Mais comment et qui remercier? Nous ne connaissions rien d’eux, jusqu’à la publication de cette page où nous pouvions enfin découvrir un nom, un visage et une adresse.
Sachez Madame que nous avons un profond respect pour votre fils, qui représente pour nous le porte drapeau de tous ces hommes qui partent en mission dans des pays compliqués.
Nous n’oublierons jamais Christophe, qui est mort pour nous mais qui vit depuis dans nos mémoires, ni ses frères d’armes qui sont, comme lui, volontairement partis loin de chez eux pour nous sauver au péril de leurs vies.
Oui ce jeune légionnaire continuera à vivre en nous ; il a maintenant un nom, un visage, une histoire, et en plus il est beau !
Avec presque 20 ans de retard nous présentons toutes nos condoléances à la Maman de Christophe GOBIN et à sa famille, qui peuvent être fières de lui,
Avec le même retard nous présentons nos condoléances à sa deuxième famille, le 2eme REP, qui fait la fierté de notre pays et qui est venue nous porter secours un jour de printemps 1997 à Brazzaville.
Avec tout notre respect et toute notre gratitude.


Famille BELMUDES, Coopération française, en poste à Brazzaville en juin 1997.

* * *

DSC01000.JPGThomas nait dans une famille modeste de Haute-Franconie, RFA. En 1985, après plusieurs années passées dans un régiment para allemand, il succombe à l’appel du Képi Blanc. Engagé au 3e REI, il passe trois ans en Guyane puis rejoint le 2e REP de Calvi fin 1987. Légionnaire puis Sergent, Sergent-Chef et Adjudant, il participe à un nombre considérable d’OPEX : Tchad, RCA, Gabon, Djibouti, Bosnie, Congo-Brazzaville... Il quitte la Légion après 17 ans de service, marié et papa d’une fille. Certes, il a rejoint son pays d’origine, mais dans son cœur la France et la Légion ont une place immense.

Dès les premières syllabes « Allons enfants de la Patrie », j’ai pris conscience que j’avais signé un contrat et que je devais le remplir. Je commençais à chanter de manière hésitante (…) Je me posais la question : « Est-ce que j’étais prêt à combattre pour la Légion étrangère, donc pour la France et ses intérêts ? Et laisser ma vie, au cas où ? ». La réponse était oui, à cent pour cent. Autrement, je n’avais pas ma place ici. Je chantais donc plus fort : « égorger vos fils et vos compagnes… ». Et soudain je chantais à gorge déployée et je me sentais bien ! (…) Quelque chose qui pesait sur mon âme m’avait été enlevé. Je me sentais tout à coup libéré et sans contraintes ! Oui, cet hymne était devenu le mien. Vive la Légion ! 

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Prix : 19,90€ - ISBN 978-3-943288-04-9 - Format 16x23,5 - 353 pages - Tout couleur.

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Livre disponible chez l'éditeur Epee Edition ici.

Site de l'auteur ici.

Page FaceBook du livre ici.

Page FaceBook de l'auteur ici.

 

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*

Vor der Kaserne

Vor dem großen Tor

Stand eine Laterne

Und steht sie noch davor

So woll'n wir uns da wieder seh'n

Bei der Laterne wollen wir steh'n

Wie einst Lili Marleen,

Wie einst Lili Marleen.

 

Lili Marleen, version originale par Lale Andersen

 

« La Légion » de Thomas Gast. Comme un écho dans ma mémoire.

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Le GAL commandant les Forces françaises à Berlin vient de nous passer en revue.16e Chasseurs, chef de corps COL Muriel, quartier Napoléon, Tegel, Berlin-Ouest

1987. Thomas est Allemand ; je suis Français. Il porte fièrement le Képi blanc. Je suis tout fier de ma tenue bleue et jonquille. Il s’envole pour un morceau de France par-delà l’Atlantique, perdu sur le grand continent américain : la Guyane. Je rejoins un confetti  d’Allemagne libre, au-delà du Rideau de fer : Berlin-Ouest. Alors qu’il crapahute dans la forêt amazonienne, c’est une autre jungle qui m’attend, urbaine, avec sa vie trépidante, tourbillon pour oublier que nous ne sommes qu’une muraille de torses face aux divisions soviétiques (combien de temps aurions-nous tenu ?). Son regard est arrêté par un mur végétal ;  moi, c’est un mur de béton couvert de graffitis qui me barre l’horizon. Les petits indiens l’émeuvent. Dans ma Solferino, en descendant d’un bus mili sur Unter den Linden, alors que nous venions de transmettre l’ordre de ne pas parler aux est-allemands, pour leur propre sécurité, un jeune homme s’approche de moi : « Franzose ? » « Ja» et là avec un grand sourire, il sert le point, le pouce en l’air… Ça m’a ému.    

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Au Ku’dorf : le pianiste, le Chasseur jeunot (bière et Craven A), le bitter.

Le soir, avec les copains, j’allais au Ku’dorf, une cave située à deux pas du Ku'damm. Il y régnait un rien d’ambiance « Berlin des années 20 ». Un vieux pianiste jouait. Il avait vite repéré la petite bande de Chasseurs. Entre deux chansons, on lui payait des coups. Une pinte de bière / une mini-bouteille de bitter / une pinte de bière / une mini-bouteille de bitter, qu’il avalait cul sec, la tête en arrière, la coinçant entre ses dents…

Et tandis qu’à Cayenne, Thomas écoutait « Mon Légionnaire » de Piaf,  à Berlin, chaque soir, nous demandions au pianiste de jouer pour nous « Lili Marleen »… 

Lili Marleen, par Marlène Dietrich

Edith la Française et Marlène l’Allemande étaient sœurs de cœur.

Une partie du cœur de Thomas est restée en France, une partie du mien en Allemagne. Jenseits des Rheins, Ich grüße meinen Bruder Thomas.

 

Cette tendre histoire

De nos chers vingt ans

Chante en ma mémoire

Malgré les jours, les ans.

Il me semble entendre ton pas

Et je te serre entre mes bras,

Lily, Lily Marlène,

Lily, Lily Marlène. 

Lily Marlène, version française par Suzy Solidor, chant du 3e REI.

 

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Sachant que je ne reverrai sans doute jamais plus cet endroit et que les horloges sonnaient déjà la dernière ligne droite dans la Légion, j’emportais, la nuit tombée, une demi-douzaine de bières, une couverture et des cigarettes et j’allais, ainsi équipé, sous les regards étonnés des sentinelles, dans un lieu tranquille à l’écart du camp, au beau milieu du désert. C’était une nuit douce, qui n’en finissait pas. Mais je voulais aller jusqu’au bout de cette nuit magnifique (…) Je récapitulais la vie dans la Légion, avec un sourire sur les lèvres et accompagné d’une voix qui me chuchotait à l’oreille « Tu as tout fait comme il fallait ».

Adjudant Thomas Gast, Djibouti.

 

 

 

 

 

 

  Livre, récit biographique d'un Légionnaire, 3e REI Guyane, 2e REP, embuscade de Brazzaville, Congo

02/09/2013

Hommage au CBA Hélie de Saint-Marc, Légionnaire-para, écrivain.

 

Sans conscience, pas d'honneur.

Sans devoir d'obéir à sa conscience, pas d'honneur.

Honneur brille au drapeau avant Patrie.

Capitaine Magniez, "Sois bon soldat", 1904.

 

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Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant à 19 ans, arrêté par les nazis sur dénonciation et interné au camp de Buchenwald. Est l’un de 30 survivants d’un convoi de plus de 1000 déportés. Saint-Cyrien. Légionnaire. Guerre d’Indochine avec le 3e REI et le 2e BEP. Guerre d’Algérie avec le 1er REP qu’il commande par intérim. Entre en opposition avec la politique menée par le gouvernement. Refuse d’abandonner les français d’Algérie et les harkis. Passe 5 ans en prison avant d’être gracié. Réhabilité dans ses droits civils et militaires en 1978. Ecrivain. Prix littéraire de l'Armée de Terre Erwan Bergot en 1995 et prix Fémina en 1996 pour « Les champs de braises ». Grand-croix de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945 avec 1 citation, Croix de guerre des TOE avec 8 citations, Croix de la valeur militaire avec 4 citations, Médaille de la résistance, Croix du combattant volontaire de la Résistance, Croix du combattant, Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient », Médaille commémorative de la guerre 1939-1945, Médaille de la déportation et de l'internement pour faits de Résistance, Médaille commémorative de la campagne d'Indochine, Médaille commémorative des opérations du Moyen-Orient (1956), Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord (1958) avec agrafes « Algérie » et « Tunisie », Insigne des blessés militaires (2), Officier dans l'ordre du mérite civil Taï Sip Hoc Chau. Décède le 26 août 2013.

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Ce soir-là, je regarde le journal de 20h et les chaînes d'information. Combien de secondes accordées  au CBA Hélie de Saint-Marc ? Les avez-vous comptées ?

Alors que les tambours de la guerre ne cessent de gronder, Afghanistan, Libye, Mali… Syrie. A quoi est dû ce silence assourdissant des médias ? Est-ce de l’indifférence ? Indifférence des médias seulement, ou indifférence de la France ?

Si la France détourne son regard lors du dernier voyage d'un vieux soldat, peut-elle encore regarder dans les yeux les jeunes gens qu’elle envoie combattre, pour elle, au bout du monde ? Peut-elle regarder dans les yeux la maman de Jean-Nicolas Panezyck, mort en Afghanistan ? Peut-elle regarder dans les yeux la fille d’Alexandre van Dooren, mort au Mali ?

J'écris cela sans rancœur : Sur le Net, où la parole n'est pas muselée, j'ai vu fleurir des milliers d'hommages. Mots simples de vieux soldats, certes, mais aussi de "ménagères de moins de 50 ans", de jeunes mamans, d'adolescents... Une multitude d'anonymes qui ont salué le Commandant, les yeux dans les yeux. Une France au regard franc. La vraie France.

 

« Reposez en paix Monsieur Hélie Denoix de Saint-Marc...

L’hommage que le journal télé ne vous donne pas, prenez-le de ces quelques lignes.

Merci d’avoir été.

Merci du fond du cœur. »  

Commentaire d'une jeune-femme lectrice de La Plume & L’Epée, sur notre page FaceBook.

 

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***

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Œuvres d'Hélie de Saint-Marc

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Ed. Perrin.

Les Sentinelles du soir, Ed. Les Arènes.

Indochine, notre guerre orpheline, Ed. Les Arènes.

Notre histoire (1922-1945) avec August von Kageneck, conversations recueillies par E. de Montety, Ed. Les Arènes

Toute une vie, en collaboration avec Laurent Beccaria, Ed. Les Arènes.

L’Aventure et l’Espérance, Ed. Les Arènes.

***  

 

Le CBA de Saint-Marc a été inhumé le 30 août dernier.

Lors de la cérémonie religieuse en la primatiale Saint-Jean de Lyon, devant  plus d'un millier de personnes rassemblées pour un dernier hommage, l'une de ses filles s'est ainsi exprimée :

"Tu as préféré l'honneur aux honneurs".

 

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Un homme doit garder la capacité de résister, de s'opposer, de dire "non". Ensuite, il n'a pas à s'excuser. Trop d'hommes agissent selon la direction du vent. Leurs actes disjoints, morcelés, n'ont plus aucun sens. 

CBA Hélie de Saint-Marc

 

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"Le dernier saut du para" 

Dessin publié sur la page FB des « amis d’Hélie de Saint-Marc »

 

«J’ai choisi une direction tout à fait différente de celle du général Salan. J’ai choisi la discipline, j’ai également choisi de partager avec mes concitoyens et la nation française la honte de l’abandon. Ceux qui comme moi ont vécu, ont combattu en Afrique du nord ressentent davantage cette honte, mais j’espère que beaucoup de Français qui se renseignent la ressentent également et je pense que ceux –là garderont quelque indulgence pour  celui et pour ceux qui n’ont pu supporter cette honte, se sont révoltés contre elle. 

L’Histoire dira peut-être que leur crime fut moins grand que le nôtre ».

Général de Pouilly, déposant au procès du Général Salan.

 

 

 

 

  Livres, commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, 1er REP

26/08/2013

« Hommage & Valeurs », Sylvain Auché, photographe. Ed. Prividef.

Toutes les photos © Sylvain Auché, publiées avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

 

A genoux les hommes,

Debout les officiers !

Ecole Spéciale Militaire, Cérémonie du Triomphe

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Après-midi du 20 juillet, Coëtquidan. Le réjouissant triomphe du tonneau vient de s'achever, donc retour au Festival International du Livre Militaire, pour saluer une dernière fois les auteurs. Discussion avec Mme L, charmante organisatrice. Nous souhaitons la féliciter pour l’organisation  et la remercier pour son accueil : « Avez-vous rencontré Sylvain Auché et vu son livre sur Saint-Cyr ? ». « Mais non… »

Fichtre ! Dire que nous avons failli passer à côté ! 

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Après six années au 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique, Sylvain Auché a troqué le canon qui fait « boum » pour le Canon qui fait « clic ». Et quelle bonne idée il a eu ! Depuis sept ans désormais, il fait de l’Ecole Spéciale Militaire son sujet de prédilection.  

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Sylvain Auché en dédicace au FILM

Nous avons entre les mains un livre format à l’italienne, succession de photos toutes plus belles les unes que les autres. On y trouve, bien entendu, du beau gosse et du bel uniforme, casoar flottant au vent,  mais aussi la grimace dans la bouillasse du stage commando. Il y a du romantisme, prise d’arme au clair-obscur, comme la mâchoire crispée, regard de killer, face à l’obstacle à franchir.

C’est ma-gni-fi-que.

Et puis le texte basé sur des « classiques », citations, poèmes, extraits des chants de l’ESM... Parti pris intelligent. 

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"Hommage & Valeurs" ne se chronique pas. Il se déguste, s’admire. Voici donc, comme un hommage, six photos de Sylvain extraites du livre et du DVD joint (bonne idée), accompagnées de « La Gloire » du Capitaine Rollin, Saint-Cyrien de la promotion Sud-Oranais (1902-1904).

 

La Gloire 

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© Sylvain Auché 

 

Voulant voir si l'École était bien digne d'Elle,

La gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.

 

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© Sylvain Auché 

 

On l'y connaissait bien, ce fut avec plaisir

Que tous les Saint-cyriens reçurent l'immortelle.

 

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© Sylvain Auché 

 

Elle les trouva forts. Ils la trouvèrent belle.

 

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© Sylvain Auché 

 

Après trois jours de fête, avant de repartir

La Gloire voulant à tous laisser un souvenir

Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.

 

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© Sylvain Auché 

 

Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.

Mais un soir de combat, prêt de fermer les yeux,

Un Saint-cyrien mourant le mit sur sa blessure

Afin de lui donner le baptême du sang.

 

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© Sylvain Auché 

 

Et depuis nous portons, admirable parure,

Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

 

Capitaine Rollin

 

***

"Hommage & Valeurs", de Sylvain Auché. Un petit chef d'oeuvre de livre. Quel bel hommage aux valeurs de l'ESM !

 

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Edité par Prividef. Pour vous le procurer, voir ici.

***

  

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Hommage

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Au CNE Thomas Gauvin, 1er RCP, major de la promotion Capitaine Beaumont (2005-2008), mort pour la France  en Afghanistan,

Aux Saint-Cyriens morts pour la France,

Aux blessés.

  

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc

 

La vague du temps emporte chants et rires,

Des prénoms s’effacent, reste quelques sourires,

Mais dans le bleu cristal de ce grand souvenir

Seigneur, garde moi ce qui me fit Saint-Cyrien.

 

 * * *

Hommage

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Au Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc

Saint-Cyrien, Légionnaire du 1er REP,

Grand-croix de la Légion d'honneur,

envolé ce jour 26 août 2013 pour le paradis des combattants.

Nul doute qu'il y sera dignement accueilli. 

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Un ami m’a dit un jour : « Tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ». Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié.  

 

De profundis clamavi ad te, Domine

Chant de la promotion sortante 2010-2013 Chef de Bataillon Bulle,

 conclusion de la cérémonie du Triomphe du 20 juillet dernier,

vécu en live par le Chasseur et la Russe-blanc, non sans émotion.

Nos photos du Triomphe ici.

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© Sylvain Auché 

 

Car les Casoars n’ont jamais été aussi beaux 

que dans la bourrasque des vents contraires.

 

 

 

 

 

 

 

   Livre, photos, ESM Saint-Cyr, Ecole Spéciale Militaire

11:34 Publié dans Mili-Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/08/2013

Mili-Reportage : Festival International du Livre Militaire, Saint-Cyr Coëtquidan

Photos © Natachenka & A. Broquet

 

 

 

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Le Festival International du Livre Militaire. Comment rater un tel évènement ? Une centaine d’auteurs, un millier de livres, le campus grandiose de Coëtquidan, un accueil chaleureux, une organisation parfaite, des auteurs très disponibles, tous plus sympas les uns que les autres (mais ça, nous le savions déjà !)...

Même le soleil a fait une incursion en Bretagne pour l’occasion ! (amis bretons, on rigole, hein J)

Et pour couronner le tout, comme une apothéose : le Triomphe.

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Que demande le peuple ?

Des livres ! Des livres ! Alors, en voilà :

Commençons par des retrouvailles :

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 Le Capitaine Brice Erbland, tout bronzé, désormais grand habitué des photos de groupies de La Plume & L’Epée.

 

Depuis notre dernière rencontre, « Dans la griffes du Tigre » est auréolé du prix spécial Erwan Bergot de l’Armée de Terre et du prix spécial de la Saint-Cyrienne (association des élèves et anciens élèves de l’Ecole Spéciale Militaire). Mérité !

Chronique ici.

Aux éditions Les Belles Lettres. Pour vous procurer le livre, voir ici.

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Son éditeur Mr « Les Belles Lettres » nous a fait remarquer que Brice avait rejoint la collection « Mémoire de guerre » où  le nom de l’auteur est écrit en caractères plus grands que le titre du livre… Maréchal Soult, Winston Churchill...

Commentaire de Brice : "Et je suis le seul auteur de la collection toujours  en vie". J

*** 

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 « Quoi ? Encore des photos ? » « Oui Yohann. Encore des photos ». clic. J

 

Le Sergent-Chef Yohann Douady, 2e RIMa, pour « D’une guerre à l’autre ». Finaliste du prix Erwan Bergot , porte-drapeau, avec le LCL Marc Scheffler (voir plus loin), des éditions Nimrod. Nos fidèles lecteurs savent tout le bien que l’on pense du récit de Yohann. Un témoignage incontournable sur la Côte d’Ivoire et l’Afgha, doublé d’un chef d’œuvre d’écriture. On ne se lasse pas de le dire.

Chronique ici.

Pour vous procurer le livre, voir ici.

*** 

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Après de bien sympathiques échanges via Internet, enfin l’occasion de rencontrer le Caporal-Chef Emmanuel Gargoullaud du RICM,  dont le récit biographique « L’Afghanistan en feu », très bien mené, ravira tous les fans de Marsouins (qui ne l’est pas ?).

Chronique ici.

Aux éditions Economica. Pour vous procurer le livre, voir ici.

« Je n’aime pas tellement les photos… » « Ah oui mais quand on porte l’uniforme du prestigieux RICM, on n’y coupe pas, Emmanuel ». clic.

*** 

 

Et maintenant, de belles rencontres attendues, présageant de belles lectures, attendues elles-aussi !

 

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Nous savions déjà par M’sieur Nimrod que le LCL Marc Scheffler était un gars sympa. Nous n’avons pas été déçus… Longue discussion, qui rend frustrant le fait de ne pouvoir lire 10 livres à la fois en moins d’une semaine, tant « La guerre vue du ciel » s’annonce passionnant. Le récit biographique d’un pilote de Mirage 2000D, de son intégration en escadron de combat aux opérations sur la  Libye, l’Afghanistan… c’est de l’inédit ! 

Notons la collaboration pour l’écriture avec Frédéric Lert, une référence dans le monde de l’aéronautique et  comme toujours avec Nimrod une couverture percutante à l’anglo-saxonne dans laquelle Marc s’est largement impliqué.

Aux éditions Nimrod. Pour vous procurer le livre, voir ici.

*** 

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Accueil très chaleureux du Colonel (e.r) Thierry Jouan (et de Madame !) « Une vie dans l’ombre » a de quoi nous intriguer. 13 ans au service Action de la DGSE. On peut se douter que tout n’y sera pas conté. On peut comprendre aussi quelques grincements de dents, de ci de là, dans la blogosphère Défense… Quant à nous, on se réjouit de lire, et d’en apprendre (un tout petit peu) plus…

Aux éditions du Rocher. Pour vous procurer le livre, voir ici.

 

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Retour du FILM : « Une vie dans l’ombre », coup de cœur de la FNAC Paris Saint-Lazare.

[Private] J’adresse un coucou un rien taquin (mais amical) à une personne qui m’avait dit « Il est impossible d’obtenir une dédicace du Colonel Jouan ». A cela j’avais répondu : « Vous connaissez mal les Chasseurs… ». Et zou :

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Le COL Thierry Jouan et Madame, au 2nd plan le LCL Marc Scheffler.

***  

 

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Rencontre attendue là-encore, pour avoir longuement échangé par tél et mail, avec le photographe Alphonse-Bernard Seny. Nous découvrons enfin « Le temps de l’action ». Aimant savourer les beaux livres, au calme, une bière, un whisky, (de l’eau ferrugineuse), à portée de la main, nous ne l’avons que feuilleté ; mais c’est déjà une évidence : un beau livre comme on les aime, grand format, beau papier et, avant tout, les photos sublimes des Gaulois du 92e RI en Afgha. « Le temps de l’action » rejoint les *grands* livres-photos publiés ces dernières années par José Nicolas, Thomas Goisque, Jean-Baptiste Degez…

Pour vous procurer le livre, voir ici.

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Ajoutons qu’Alphonse est un personnage haut en couleur. Un régal de remonter le Mékong avec lui. Saluons aussi son sympathique coéditeur. 

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Et maintenant, des découvertes :

La solidarité existe entre auteur : « Vous avez vu le livre d’un tel ? Cela devrait vous intéresser… »

Entrent donc dans le « pipeline » des lectures et futures chroniques de la Plume & L’Epée :

 

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« 15 ans au GIGN », par Eric Delsaut et Guillaume Moingeon. Le GIGN, mes voisins de Satory ! A force de les fréquenter dans le petit supermarché, je pourrais écrire le récit de leurs poussées de caddies dans le rayon fruits et légumes… Mais quelque chose me dit que le récit d’Eric va être un tout petit peu plus intéressant… J Bientôt donc, place aux Gendarmes d’élite sur la Plume & l’Epée !

 

Aux éditions L'àpart. Pour vous procurer le livre, voir ici.

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Retour au service action de la DGSE. Certains se souviendront du ramdam occasionné en 2006 par la sortie de « Un agent sort de l’ombre ». Depuis cette époque de l’espion a coulé sous les ponts...  Pour preuve, le récit de Pierre Martinet est désormais disponible chez J’ai Lu. L’édition de poche : une évidente consécration.

Pierre est également auteur de deux romans : Cellule Delta et Opération sabre d’Allah, mais dans le contexte des services secrets, quelle est la part de témoignage, qu’elle est la part de fiction ?

 

Pour vous procurer ses  livres, voir iciici.

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Enfin, bel hommage à Messieurs Bazars et Cyrards : un livre splendide, accompagné d’un DVD, sorti pile-poil pour le Triomphe : « Hommage & Valeurs » du photographe, ancien artilleur, Sylvain Auché. Dire que l’on a failli passer à côté ! Une découverte grâce à la sympathique organisatrice du FILM (avez-vous vu le livre de Sylvain ?), et cela aurait été un drame de le rater, car ce livre-photo est une pure merveille !

Aux éditions Prividef. Pour vous le procurer, voir ici.

Nous y reviendrons rapidement, l'occasion de revenir sur le Triomphe, cérémonie aussi grandiose qu’émouvante. A genoux les hommes…

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Nous ne manquerons pas de saluer aussi tous les autres auteurs présents. Histoire, stratégie militaire, BD, livres pour enfants... de quoi satisfaire tous les goûts et intérêts.

 

 

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Oui, la vie a été parfois dure au FILM…

(délicate attention, à mon réveil : une bière fraiche posée juste à ma droite… J)

Une petite sieste pour recharger les batteries, avant :

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Voilà, c’est la rentrée : Le Chasseur reprend sa plume et la Russe-blanc son épée. Au programme des prochaines semaines, que du bonheur : « Au service de l’espoir » du CNE (e.r) Philippe Stanguennec, pilote de Transall [absolument jouissif ! Ah Stang…], « La Légion » de l’ADJ (e.r) Thomas Gast [mon frère de cœur, entre Edith et Marlène (vous comprendrez)], « Afghanistan – La guerre inconnue des soldats français » du reporter-photographe Nicolas Mingasson, « embedded » (intégré) au 21e RIMa en Afghanistan, en quelque sorte « associé » au SGT Christophe Tran Van Can, à qui l’on doit « Journal d’un soldat français en Afghanistan ». [Je m’attendais à un bon livre, mais on bien est au-delà. Un must].

Et aussi une incursion dans la poésie Légionnaire…

 

Mais en attendant :

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22/07/2013

« Toujours y croire », roman d’Arthur Hopfner, Commando Marine (e.r), Ed. Edilivre, et mili-brake…

 

  

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Opex-lecture. © ECPAD

 

Chers lectrices et lecteurs,

La Plume & L’Epée fait une pause de 3 semaines, histoire de recharger les batteries. Rassurez-vous, ce n’est pas le blog qui nous épuise… bien au contraire, il nous donne la pêche ! Mais nos vies professionnelles et familiales restent denses. Alors, même si c’est sans commune mesure avec ce qu’endurent nos garçons et filles en OPEX, quelques jours de farniente sont bienvenus.

L’été n’est-il pas l’occasion d’une bonne lecture ? Nous vous avons parlé de nombreux récits, mais pourquoi pas un roman ? Les chefs d’œuvre ne manquent pas. Mes préférés ? « Pour qui sonne le glas » d’Ernest Hemingway, « La Bandera » de Pierre McOrlan, « Week-end à Zuydcoote » de Robert Merle, « A l’ouest rien de nouveau » d’Erich-Maria Remarque, « Le désert des Tartares » de Dino Buzatti, « Le Crabe-Tambour » de Pierre Schoendoerffer, tous les Lartéguy : Les Mercenaires, les Centurions, les Prétoriens…  etc. etc. etc.

Ou pourquoi ne pas donner sa chance à un roman écrit  en 2013 par un Commando Marine ? Original, non ?

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Arthur Hopfner, après 20 ans de forces spéciales, prend la plume du romancier avec « Toujours y croire ». Bien entendu, nous ne dévoilerons pas l’intrigue puisqu’il s’agit d’une fiction. Reprenons simplement le synopsis :

 

« Jacques Mandrier, membre des forces spéciales, est un homme comblé.

Une femme qui l’aime, un fils dont il est fier et un métier passionnant qu’il adore, sans oublier des amis sincères.

Pourtant, après 20 ans au sein des Commandos Marine, il arrive à un carrefour de sa vie professionnelle où il va devoir, afin d’être plus présent auprès des siens, faire des choix.

Mais le destin va en décider autrement et c’est un combat auquel il ne s’attend pas qu’il devra livrer. De Paris à Bagdad en passant par Riyad, il lui faudra à nouveau comprendre, s’adapter puis dominer et riposter… pour retrouver le bonheur dont on l’a privé.

Ses convictions d’homme l’aideront à toujours y croire… » 

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Arthur Hopfner

Oh, Arthur ne revendique pas le prix Goncourt ! Mais il nous offre un sympathique moment de lecture. L’intrigue est bien menée ; le style simple sied aux personnages ; Oui, un rien de romanesque, mais c’est la loi du genre. On ne peut que se prendre d’affection pour « Jacques Mandrier », compatir au drame qui le touche, se réjouir pour lui quand le jour se lève…

C’est un roman, certes, mais les multiples références fleurent bon les Forces Spéciales. Et par-dessus tout transpire l’esprit de fraternité qui règne parmi les Commandos Marine. Et là, nous ne sommes pas dans la fiction.

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Il ne vous reste qu’à trouver une place à l’ombre, « Toujours y croire » dans la main gauche, une bière fraiche dans la main droite…

 

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Pour vous procurer le livre, voir ici.

Page FaceBook d’Arthur : ici.

 

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Jeu lancé par Arthur : « Toujours y croire » à travers le monde : Sénégal, Tahiti, Grand Canyon, Las Vegas… Votre Chasseur a participé avec Versailles, certes moins exotique…

 

 

arthur-hopfner-du-beret-vert-a-la-plume.jpgMessage d’Arthur Hopfner sur sa page FaceBook.

 

Aujourd'hui, c'est l’anniversaire de S... J 'ai eu la chance de l'avoir vu arriver au Commando, à Jaubert. J'étais son chef d'escouade. Il avait vingt ans et avait tout à découvrir. 20 ans plus tard cet homme est père de famille, chef de groupe à son tour, il a effectué plusieurs missions en Afghanistan. Lors de l'une d'entre elles, il a perdu l'un de ses hommes après une nuit de combat au contact direct de l'ennemi, nuit épouvantable qu'il va garder en mémoire toute sa vie. Pourtant, quelques mois plus tard, il y retournera et repartira chasser le taliban et effectuer son travail de forces spéciales avec professionnalisme, en veillant sur la vie de chacun de ses hommes. Au moment d'écrire ces lignes il est toujours en première ligne là-bas sur le continent africain, l'endroit dont nous parlent tant les médias. Alors je suis heureux que mon livre sorte ces jours-ci, parce qu'à travers lui je voulais rendre hommage à ces hommes de l'ombre, ces frères d'armes, pères de famille, passionnés de rugby, de foot ou de sport et surtout aimant la vie, qui se battent aux quatre coins du monde, pour nous, pour notre liberté. Mon héros "Jacques Mandrier" pourrait être S... dans sa mentalité, ses valeurs, ses conceptions de l'amitié, de l'amour, du drapeau. Bon anniversaire S... Je suis très fier de toi.

* * *

Rassurez-vous, nous revenons bien fin-août, avec un reportage sur le très réussi Festival International du Livre Militaire, et le (splendide !) Triomphe de Saint-Cyr Coëtquidan, où nous avons fait de belles rencontres, en sus de joyeuses retrouvailles avec le CNE Brice Erbland, le SCH Yohann Douady, le CCH Emmanuel Gargoullaud...

Mais vous craignez que nos sources d'inspiration se tarissent ? Là aussi, rassurez-vous et jugez :

"Au service de l'espoir" du CNE (e.r) Philippe Stanguennec, du CoTAM ;

"La Légion" de l'adjudant légionnaire (e.r) Thomas Gast ; 

"15 ans au GIGN" d'Eric Delsaut ;

"La guerre vue du ciel" du LCL Marc Scheffler, pilote de Mirage 2000D ;

"Afghanistan, la guerre inconnue des soldats français" du reporter-photographe Nicolas Mingasson ;

"Journal d'un soldat français en Afghanistan", du SGT marsouin Christophe Tran Van Can ;

"Une vie dans l'ombre" du COL (e.r) Thierry Jouan ;

"Un agent sort de l'ombre" de Pierre Martinet, ancien de la DGSE ;

"Task Force Tiger" du COL Nicolas Le Nen, 27e BCA, commandant le GTIA ;

"Le temps de l'action", les gaulois du 92e RI par le photographe Alphonse-Bernard Seny ;

"EV3" de l'engagé volontaire Patrick Camedescasse ;

"Soldats cibles" du marsouin François Lapuh ;

"D'ombre et de poussière" du binôme bien connu Goisque-Tesson ;

"Mon Afghanistan" du cousin québécois LCL Steve Jourdain ;

"Les cloches sonnent aussi à Kaboul", du padre Jean-Yves Ducorneau ;

Le magnifique livre-photo du photographe, ancien artilleur et Saint-Cyrien d'adoption Sylvain Auché... et j'en passe...

Dire que nous avons rencontré la majorité de ces auteurs... Oui, le Chasseur et la Russe-blanc ont bien de la chance.

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Courage à ceux qui restent sur le pont ! Quant aux autres :

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   Livre, roman, récit romancé, Commando Marine

15/07/2013

"Aito - Guerriers du Pacifique", les soldats polynésiens et le 511ème RT, film de Sébastien Joly

Photos publiées avec l'aimable autorisation de l'auteur. Droits réservés.  

 

‘Aito n’est pas un film sur la guerre, mais un film sur les hommes qui la font.

Sébastien Joly, dossier de presse d’Aito – Guerriers du Pacifique

 

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2011, base de Nijrab, un tringlot du 511ème observe la vallée de Tagab.

Vous habitez Papeete ? Alors, vous avez bien de la chance ! Non pour la baignade dans l’eau turquoise des lagons ou le coucher de soleil, assis sur une plage de sable blanc, adossé à un cocotier, mais parce que vous avez pu voir le film  ‘Aito  de Sébastien Joly :)

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Rappelons la genèse de ce projet un peu fou :

En janvier 2011, avec 500€ en poche, Sébastien quitte Tahiti. Objectif : suivre pendant 2 ans les soldats  français du Pacifique, tahitiens, néo-calédoniens.

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Sébastien Joly

C’est le 511ème Régiment du Train d’Auxonne qui accueille notre photographe-cinéaste aventurier. De cette immersion, déploiement de 2 mois en Afghanistan, stage commando, vie de quartier et de famille, Sébastien rapporte des photos sublimes et un film-reportage : ‘Aito (Guerriers en Polynésien).

Bande annonce d’Aito

Les temps sont durs (…) mais grâce au soutien d’entreprises et médias polynésiens, du Ministère de la Défense, des Tringlots d’Auxonne, renforcé par celui d’une centaine de coproducteurs de tout horizon, et grâce surtout à l’abnégation de Sébastien, l’aventure est menée à son terme.

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Le 4 juin dernier, ‘Aito est présenté en avant-première au cinéma Majestic de Papeete. Programmé du 5 au 11 juin, il est prolongé jusqu’au 18, puis jusqu’au 25.

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Nous sommes privilégiés; nous avons vu ‘Aito en avant-première (non, pas à Papeete… J). Et… c’est une belle réussite. Les hommes et femmes d’abord, tous très attachants, qui livrent des témoignages respirant l’honnêteté, avec un joli accent des antipodes. De l’action, tant en Afghanistan que pendant les entraînements commandos en métropole. La tension lors des convois sur les routes de Kapisa, mais aussi le cochon de lait cuit à l’étouffée sous un tas de terre, dégusté au son des ukulélés. De l’émotion aussi lors des séparations et des retrouvailles. Et la fierté de tous, chef de corps compris, pour le travail bien mené… Le tout porté par des images superbes et un très bon montage.

Pas d’esbroufe, de l’authentique.

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Sébastien nous a réservé une belle surprise en citant le blog au générique.

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Le dvd est disponible au prix de 25€ sur le site officiel ici. Vous y trouverez également toute une série d'objets "lookés" Aito, mugs, chevalières, patchs... C'est fort joli.

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 Polynésie française

Site de Sébastien ici. Page FaceBook .

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511ème RT

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Téva, 511ème RT.

Depuis la seconde guerre mondiale et son bataillon du Pacifique, les polynésiens se battent pour la nation.

Quoi de plus normal que de leur rendre hommage ?

Sébastien Joly, dossier de presse ‘Aito

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Juillet 2011, à Douchanbé capitale du Tadjikistan, Teata du 152ème RI s'apprête à décoller pour Kaboul. © Sébastien Joly.

Haka des soldats polynésiens, 14 juillet 2011 

A rohi e Tahiti ite taua !

En avant Tahiti, en avant pour le combat !

Chant de guerre tahitien.

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08/07/2013

"Combattants sans passé", Robert Markus, 2ème REP.

Photos et extraits publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

 

"Ces hommes d’exception qui choisissent de servir la France avec honneur et fidélité…"

Général Christophe de Saint-Chamas, Commandant la Légion Etrangère

 

 

Legio Patria Nostra. Trois mots qui résonnent dans le cœur de tous les Légionnaires, comme ils devraient le faire dans celui de chaque Français. Quels mecs quand même ces Képis blancs ! N’hésitez pas : avec « Combattants sans passé » du Sergent Robert Markus, imaginez-vous, le temps de la lecture de son récit, dans la peau de l’un d’entre eux…

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Entrez dans la peau de Robert ! Vous êtes un jeune gars, vous vivez à Maribor dans la belle Slovénie, vous êtes mécanicien et puis, non pas sur un coup de tête, car ce n’est pas votre genre, mais après mûre réflexion, vous quittez votre fille, votre mère, votre sœur, vos amis… Vous quittez toute votre vie et vous prenez un billet de train pour Marseille, pour servir la France sous le képi blanc.

Et pourtant, vous ne parlez pas un mot de français. Alors, dans un premier temps, vous jouez les ombres : « Un ordre. Que font les autres ? Je fais pareil ». Vous doutez parfois, mais dans la tête, les choses sont claires : vous atteindrez l’objectif que vous vous êtes fixé : intégrer la Légion, vaille que vaille, coute que coute.  Et vous marchez ! Vous courrez ! Vous sautez ! Vous suez ! Vous vous massacrez les pieds et le dos ! Oui, vous en ch*, mais  vous la fermez, même si parfois….

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Lors d’une marche, vous êtes appelé auprès du Lieutenant, pour servir de radio. En sus de votre arme, de votre sac qui vous déchire déjà le dos, d’une partie des affaires d’un camarade à la peine, vous portez tout le matériel radio.

Plusieurs fois le Lieutenant s’est retourné pour me demander si tout allait bien (…)  J’ai toujours répondu dignement, en serrant les dents, comme si tout allait bien. En fait, j’avais envie de jeter ce *putain* de poste de radio par terre, avec toute la force qui me restait, pour qu’elle explose en millions de morceaux !

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Mais si vous avez la chance d’être un homme de la trempe de Robert, vous tenez  le coup physiquement, et de plus, par une certaine forme de grâce,  vous respectez d’instinct les us et coutumes de la Légion.

Alors, même si vous ne maîtrisez toujours pas le français, la récompense est au bout : vous vous coiffez du képi blanc. Vous êtes désormais un Légionnaire. Tant ont échoué ou abandonné, que vous pouvez en être fier. Oh oui !

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Voici venu le temps de l’affectation. Vous restez dans un même esprit de saine ambition : légionnaire, c’est génial, légionnaire-para, ça l’est encore plus ! Donc ce sera le 2ème REP de Calvi. Ouais. Reste que, ce n’est pas vous qui décidez…

A Aubagne, accompagné de votre Lieutenant, vous vous présentez devant le Colonel du 1er RE qui va vous affecter. Votre français reste approximatif, mais vous êtes décidé :

- Où veux-tu aller ?

- Au 2ème REP, mon Colonel.

- Non, non. Toi, tu iras au 1er REC.

- Non mon Colonel. Je veux 2ème REP.

- [en fronçant les sourcils] Le 1er REC n’est pas assez bon ? Ce n’est pas la Légion étrangère ?

- La 1er REC bonne. Mais moi veux 2ème REP.

Après un coup d’œil au Lieutenant du 4ème RE, qui cache mal son sourire, le Colonel approuve. Ce sera Calvi.

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Et sans transition,  vous voici dans un Transall, au-dessus de la Corse, à jouer les pantins accrochés sous un bout de tissu. Rien que ça.

Je me suis quelque peu perdu dans les différentes émotions ressenties, le saut dans le vide, l’adrénaline, l’accélération du rythme cardiaque.

Il y avait l’avion, il y avait moi, l’altitude, le parachute, le saut, l’air…

Et puis,  jour après jour, vous vous fondez dans votre Patria, vous progressez en français, vous vous endurcissez encore plus, physiquement, mentalement ; vous ne bronchez pas aux ordres des Caporaux, qui règnent en maîtres sur les chambrées, vous nettoyez les toilettes sans moufter, vous buvez la bière…

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Evidemment, vous êtes jeune et vigoureux, cloîtré depuis des mois avec des mâles, donc certains besoins « physiologiques » de base vous titillent l’esprit (et le reste). Lors des premières sorties, vous pensez vivre l’aura du Légionnaire auprès des filles, mais, attention, les étincelles dans les yeux de certaines d’entre elles sont surtout allumées par l’aura de votre portefeuille…

Avec le nombre de b* qui étaient entrées et sorties de cette fille, on aurait pu construire une autoroute à quatre voies de Calvi à Paris…

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Et puis, à l’occasion, vous jouez des biscoteaux et balancez quelques châtaignes, mais c’est de tradition légionnaire…

Comme chaque année, la fête [de Noël] a été mémorable. Des spectacles de divertissement joués par des Légionnaires sur une scène de théâtre improvisée, une ambiance festive et des têtes chaudes. Cette fois, la compétition des forts caractères avait lieu entre les Anglais et les Polonais. Une bagarre a éclaté à peine une heure après le début des festivités, mais n’a pas duré longtemps. Quelques bons coups concrets et rapides ont été échangés, agrémentés par les insultes standards anglaises « fuck you » [va te faire…] et polonaises « Kurva » [salope]. Cette « performance théâtrale » imprévue a été le centre de l’attention. Nous sommes tous restés simplement assis en les observant, le Capitaine inclus, en attendant que les coqs combattifs se calment. Puis le Capitaine leur a tranquillement demandé s’ils en avaient assez, et si nous pouvions continuer avec le dîner et le spectacle.

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Et puis vous découvrez l’Afrique, antithèse de votre chère Slovénie… Le Tchad, la République Centrafricaine, la Gabon, le Congo, Djibouti…

Les hommes restaient tranquillement couchés devant leur cabane, dans l’ombre, sur le tapis (…) Ils regardaient autours d’eux en se grattant les c*, outils indispensables pour la fabrication d’héritiers de la pauvreté.

En Centrafrique, vous subissez le jeu de jeunes chenapans, qui empoisonnent vos tours de gardes au camp de Bangui :

Afin de protéger le garde dans le mirador des jets de pierres, un filet métallique a été installé.

Ces pestes ont rapidement inventé de nouvelles techniques plus sophistiquées pour nous embêter. Ils ont rempli des préservatifs d’urine et les ont jetés directement dans le filet de métal (…) au contact, les préservatifs explosaient…

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, et malheur au chef de bande que vous allez attraper un peu plus tard.

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L’Afrique ne cesse de vous surprendre…

Après une nuit blanche pour avoir « fait le barbelé » [forme légionnaire de « faire le mur »] et fêté votre anniversaire, vous embarquez pour un saut d’entrainement avec des paras centrafricains.

Je bataillais contre le sommeil alors qu’eux étaient apeurés à mort. (…) J’ai appuyé le front sur mes mains et fermé les yeux en pensant que j’allais pouvoir me reposer quelques minutes avant le premier saut. Erreur capitale. Dès le décollage, les soldats locaux ont commencé à chanter en chœur avec enthousiasme. J’ai levé la tête pour vérifier de mes yeux ce que mes oreilles ne pouvaient croire (…) Ils tapaient dans les mains au rythme d’une chanson d’église, semblait-il (…). Adieu sommeil. Amen.

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Vous avez aussi droit au grand écart de la sortie « culturelle » :

Petit a)  Il était interdit de plonger dans les profondeurs noires sans protection de caoutchouc. Si jamais le héros se présentait chez le médecin avec une maladie sexuelle, ce dernier l’aidait volontiers, en le piquant avec une aiguille énorme directement dans le plongeur téméraire. Le malheureux patient sautait de joie pendant au moins deux jours après la confrontation avec l’aiguille

Petit b) Le Capitaine a organisé une sortie au cinéma dans le centre culturel français, avec au programme le dessin animé Pocahontas. Quand nous sommes sortis du centre comme un groupe d’écolier en uniforme, nous avons été la cible de regards stupéfaits des parents…

Et puis aussi, à l’occasion, vous vous vengez gentiment d’un Lieutenant pénible, profitant de son assoupissement alors que vous conduisez le camion sur une piste. Vous visez le nid de poule et  *boum* réveil mode panique du Lieutenant. Evidemment vous vous faites engueuler, mais intérieurement, vous vous marrez…  (héhéhé).

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Oui, lisez « Combattants sans passé » et prenez-vous pour un Légionnaire ! Dans un style simple, direct, honnête, Robert vous offre cette chance. Changez de peau, le temps d’une lecture !

 

Chaque jeune homme tenté par le képi blanc devrait s’y plonger, car la Légion n’est pas un choix, c’est une vocation. Pour les anciens, que de souvenirs reviendront à la surface, avec à n’en pas douter, une certaine émotion. Quant à tous les autres, ils refermeront le livre avec le sentiment d’en avoir appris beaucoup sur ce corps d’élite, si atypique, dont la France est si fière et à juste raison.

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SGT Robert Markus et ADC Jean-Yves Saulnier 

Et lisez aussi « Combattants sans passé » pour Robert, l’archétype du Légionnaire au sens le plus noble du terme, un type large d’épaules, clair dans sa tête, droit dans ses rangers. Un type pour qui les mots Honneur et Fidélité ont encore un sens. Un Slovène, dont la France peut s’enorgueillir de l’avoir adopté pour fils.

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Robert et le Général Bidart

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robert_markus.jpgRobert Markus est né en Slovénie. Après son service militaire dans la défunte armée yougoslave, et pour des raisons que nous tairons, tradition Légionnaire oblige, il quitte sa ville natale de Maribor et s’engage dans la Légion. Affecté au 2ème REP de Calvi, il participe aux principales OPEX des années 1990 et 2000 : Tchad, République Centrafricaine, Gabon, Congo, Bosnie-Herzégovine, Djibouti, Kosovo, Guyane, etc. Il est nommé Sergent en 2001.

Robert quitte la Légion après 15 ans de service aux 2ème REP, 13ème DBLE, 4ème RE et 2ème REI. Il est marié à Aleksandra et vit dans le sud de la France.

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Robert s’est lancé seul dans cette belle aventure littéraire, qui retrace ses 5 premières années de Légionnaire. Ecrit en slovène, son récit a été traduit en français par sa femme Aleksandra. Devant le succès en Slovénie (classé best-seller, et oui…), Robert poursuit l’aventure avec «  Légion ; anecdotes et traditions », dont il fait actuellement la promotion dans son pays natal. On espère pouvoir le lire bientôt en français… 

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 Pour vous procurer « Combattants sans passé », et contacter Robert (accueil sympathique garanti) voir ici.

 

 

 *

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Hommage

Aux Légionnaires morts pour la France

Aux blessés

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux bérets verts

 

Respectueux des traditions,

attaché à tes chefs,

la discipline et la camaraderie sont ta force,

le courage et la volonté tes vertus. 

Code d’honneur du Légionnaire

 

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Et moi le vieux Chasseur à pied, dinosaure d’un corps historiquement prestigieux, qui ne survit que grâce au 16 (Dieu soit loué) ; ces Vitriers à l’esprit quelque peu fantaisiste, protestataires, voire frondeurs dès que l’on touchait à leurs traditions, allant jusqu’à renommer les couleurs qui ne leur convenaient pas… Bleu cerise ! Jonquille ! Ce corps des Chasseurs à pied pourtant si vaillant, auquel j’ai eu l’honneur d’appartenir,  comme avant moi mon arrière-grand-père et mon grand-père ;  ces diables bleus qui n’ont pourtant jamais démérité, « Qu’on nous fasse marcher plus vite, mais que l’on ne nous supprime pas ! », hélas laminés en 20 ans, sans état d’âme…

Je formule le vœu que la France n’agira pas de même avec la Légion, et que dans cent ans, un jeune Slovène quittera sa jolie ville de Maribor, prendra un train pour Marseille, avec ces trois mots à l’esprit :

Legio Patria Nostra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Livre, récit biographique de Légionnaire, 2e REP

23/06/2013

"Haute Tension - Le 27e BCA en Afghanistan", S. Tesson, T. Goisque, B. de Miollis, Ed. Gallimard

In memoriam

Fernand-Gaston Camut, 71ème BC, Croix de guerre 14-18, mon arrière-grand-père,

Maurice Camut, 1er BC, 69ème BC, Croix de guerre 39-45, mon grand-père.

 

 

 

"Faire la guerre à une rébellion est lent et compliqué,

comme manger sa soupe avec un couteau"

T.E. Lawrence, « Les sept piliers de la sagesse »

 

Okay. Vous vous dites : on parle du 27ème BCA, alors le Chasseur saute de joie… Certes. Mais, avec « Haute Tension – Des Chasseurs alpins en Afghanistan », nous ne nous plaçons pas que dans l’affectif…

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Nous avons entre les mains un ouvrage collectif : texte de l’écrivain Sylvain Tesson, photos de Thomas Goisque, croquis, dessins aquarellés, de l’artiste Bertrand de Miollis. Résultat : un livre atypique, vraiment sympa, très original, que nous pourrions qualifier de « journal de guerre ».  

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Bertrand de Miollis, Sylvain Tesson, Thomas Goisque

2009. Sylvain, Thomas et Bertrand sautent dans leurs treillis de reporters de guerre, enfilent casques et gilets pare-balles, et se fondent dans le Groupement Tactique Interarmes "Tiger" qui se déploie dans la vallée de la Kapisa pour 6 mois. 

Placée sous le commandement du Colonel Nicolas Le Nen, la Task Force Tiger est composée du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins, appuyé par des éléments du 93ème Régiment d'Artillerie de Montagne, du 2ème Régiment Étranger du Génie, du 4ème Régiment de Chasseurs et du 28ème Régiment de Transmissions regroupant un total de plus de 400 militaires français.

2009, encore au temps de la conquête...

Faites sonner les cors !

 

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En Afghanistan, seuls 10% des 60 000 soldats américains sortent sur le terrain ! Le Colonel Le Nen veut éviter cette tentation d’une guerre électronique faite sous les blindages ou d’une guerre aérienne conduite devant des écrans. Ses soldats sont là pour renouer avec le réel, dans un monde inféodé au virtuel.

 

 

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Les Chasseurs feront ici ce en quoi ils excellent : labourer le terrain.

 

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Patrouille du 27ème BCA en Kapisa - Photo © Thomas Goisque

Les alpins ragent de ne pouvoir déposer les armes pour grimper sur les piliers de granit, skier dans les couloirs, traverser les hautes arêtes, batailler contre eux-mêmes et les sommets lointains. L’Hindou Kouch promet toutes les aventures, mais l’alpinisme est un luxe de temps de paix. Les champs de bataille sont parfois théâtres de splendeurs.

 

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Début mars 2009. L'armée nationale afghane, tout comme les forces de l'ISAF, se voient interdire par les insurgés l'accès à la vallée d'Alasay.

Située dans la zone d’action des hommes du Colonel Le Nen, l'objectif de l'état-major est clair : la conquérir.

 

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La vallée vue du toit de "l'hôtel Alasay" - Aquarelle de Bertrand de Miollis

Le 14 mars, la Task Force française, les 1er et 2ème Kandak de l’Armée Nationale Afghane, appuyés par l'US Air Force, partent à l'assaut de la forteresse naturelle talibane.

 

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Vallée d’Alasay - Photo © Thomas Goisque

4 heures 30, les Chasseurs sont aérotransportés sur les hauteurs de la vallée.

 

 

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La campagne afghane semble avoir été aménagée par les dieux de la guerre pour servir les desseins de l’insurrection.

 

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Tenir les hauts - Photo © Thomas Goisque

Les talibans ciblent la 4ème Compagnie déployée sur les hauteurs sud-est de la vallée, à 2000 mètres d’altitude. Les sections du lieutenant Alegre de La Sougeole  et de l’Adjudant Bouaouiche sont sous le feu. Les afghans ne peuvent se permettre de laisser les français contrôler les hauts.

 

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Les talibans cherchent à s’imbriquer dans les sections pour contraindre les mortiers français à se taire. Les hommes du capitaine Gruet – lequel ne démérite pas de son surnom de « boule de feu » - se battent comme des diables. Le Lieutenant Alegre de la Sougeole fait hisser le drapeau français sur la position, au plus fort de la lutte.

 

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Après l’attaque d’un VAB à la rocket - Photo © Thomas Goisque

Le Caporal Nicolas Belda avait rendez-vous avec la mort. Il est tué sur le coup. Le Colonel Le Nen vient de perdre son premier homme. En apprenant la nouvelle, certains Chasseurs murmurent la dernière prière. D’autres, stoïciens, pensent à la force du destin.

 

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Les canyons de Spé et de Skent, qui confluent pour former la vallée d’Alasay, offrent des replis aux insurgés. C’est à dessein que le Colonel Le Nen a laissé la possibilité aux talibans de s’y refugier. Quand crève l’aspect, il faut bien que le pus s’écoule. 

 

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La vallée d’Alasay est conquise, Photo © Thomas Goisque

Très loin vers l’est, par-delà les canyons de Spé et de Skent, se dressent les hauts sommets de l’Hindou Kouch, souverains, indifférents aux agissements des hommes. C’est à leurs pieds que les talibans, défaits, doivent panser leurs plaies, rendre culte à leurs morts, et mâcher leurs rancœurs. 

Les combats ont été féroces, mais il a suffi d'une journée aux diables bleus et leurs alliés afghans pour bousculer les talibans, les déloger des contreforts de la vallée et repousser toutes leurs contre-attaques. On estime à 70 le nombre d'insurgés tués.

Dès le lendemain de l'assaut, les bases avancées d'Alasay et Shehkut, permettant de contrôler la vallée conquise, sont établies.

 

 

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* * *

 

Miollis.JPGNé en 1972, Bertrand de Miollis est diplômé de l’ESC de Dijon. Artiste autodidacte, lauréat d’une bourse de la Guilde Européenne du Raid, il se lance dans sa première aventure en 1998 : rallier par la piste Hanoï à Rangoon sur une vieille moto russe. Il effectue là son premier carnet de voyage et expose ses aquarelles au retour. Le virus du voyage l’a saisi. Dès lors Bertrand sillonne le monde, cahiers, crayons et aquarelles sous le bras, sur terre comme sur mer : De Saïgon à Saint-Malo sur une jonque, le tour du Kirgizstan à bord d’un side-car, expédition Paris-Kaboul, Irak…

Bertrand est également homme d’entreprise et collabore avec la Banque Edmond de Rothschild (communication), BNP Paribas (carnets de voyage d’entreprise) ou L’Oréal. Il dessine aussi pour Dior, Lancôme…

Site de Bertrand ici.

 

TESSON.JPGSylvain Tesson est né en 1972. Géographe de formation, diplômé de géopolitique, il parcourt le monde dès 1991, traversée de l’Himalaya à pied, des steppes d'Asie centrale à cheval, expéditions archéologiques au Pakistan et en Afghanistan, itinéraire des évadés du goulag... De toutes ces aventures, Sylvain tire des livres et reportages unanimement salués. 

^ Sylvain Tesson, photo de Natachenka

Il obtient le prix Goncourt de la nouvelle en 2009, pour "Une vie à coucher dehors" et le prix Médicis essai en 2011 pour "Dans les forêts de Sibérie".

En juin 2012, il est reçu parmi les écrivains de Marine, assimilé au grade de capitaine de frégate.

 

goisque1.jpgNé en 1969, frère du Colonel Jérôme Goisque (126ème RI, commandant le GTIA « Bison »), Thomas Goisque est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Il réalise son grand projet de fin d’études en Asie du Sud-Est au profit d’une O.N.G. engagée dans la scolarisation des enfants des rues. En 1993, appelé sous les drapeaux, il devient photographe du Gouverneur Militaire de Paris avant de se porter volontaire pour une mission de la FORPRONU en Bosnie qui donne lieu à son premier album : « Bosnie hiver 95, journal de marche d’un casque bleu appelé ».

Depuis plus de quinze ans, de Valparaiso à Irkoutsk, de Saigon à Bagdad, de Kaboul au Cap de Bonne-Espérance, il parcourt le monde pour la presse magazine et publie  de nombreux livres-photos, dont la remontée du Mékong avec Pierre Schoendoerffer..

Site de Thomas ici.

 

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Sylvain et Thomas viennent de publier "D’Ombre et de Poussière", aux éditions Albin Michel. L’occasion pour Thomas de présenter ses superbes clichés, lors d’une exposition à la galerie Nabokov.

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Exposition des photographies de Thomas Goisque - Alexis Nabokov, photo de Natachenka

 

Evidemment, Natachenka s’est précipitée… Rencontre fort sympathique avec Alexis Nabokov, maître des lieux et ami de nos trois auteurs.

 

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Le Colonel Le Nen a publié son journal de marche, "Task Force Tiger", chez Economica. Il sera intéressant de le mettre en perspective avec "Haute Tension".

* * *

Je ne peux m’empêcher de revenir sur la dédicace de Bertrand.

Car, voyez-vous, sa dédicace, ce n’est pas que ce texte fort sympathique :

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A l’origine, la page était blanche... donc sa dédicace, c’est aussi :

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Et oui, une œuvre originale, crayon et aquarelle, de Bertrand. 

 

* * *

 

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Hommage

Aux diables bleus morts pour la France en Afghanistan :

Adjudant-Chef Franck Bouzet, 13ème BCA,

Adjudant Laurent Pican, 13ème BCA,

Caporal Nicolas Belda, 27ème BCA,

1ère Classe Eguerrant Libaert, 13ème BCA,

1ère Classe Clément Chamarier, 7ème BCA.

Aux Chasseurs morts pour la France.

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc

 

Le 27ème BCA en Afghanistan, reportage de Géraud Burin des Roziers pour Zone Interdite, M6. Formidable.

  

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Le drapeau français hissé sur les hauts de la vallée d'Alasay

 

Francs Chasseurs, hardis compagnons,

voici venir le jour de gloire !

La Sidi-Brahim, chant des Chasseurs 

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Dessin et aquarelle de Bertrand de Miollis

 

 

 

 

 

 

 

 

    Livre, photos, 27e BCA en Afghanistan, Alasay, Alasaï

17:49 Publié dans Mili-Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2013

"Une vie de Légionnaire", ADC Jean-Claude Saulnier, 2ème REP, Ed. Nimrod

Extraits et photos publiés avec l'aimable autoristation de l'auteur et des éditions Nimrod. Droits réservés. 

 

Et le temps passera. Ces hommes, anonymes sous le képi blanc, continueront de défiler majestueusement et de se battre comme ils l'ont toujours fait, relevés par d'autres hommes au même képi blanc, ayant toujours dans les yeux le reflet de cette foi intérieure qui ennoblit la Légion.

Maréchal Juin

 

Il y a des jours comme ça.

Vous êtes au bureau. Vous jetez un coup d'œil à la fenêtre. Ah ! Le soleil brille enfin ! Votre téléphone sonne. Vous ne connaissez pas le numéro. Vous décrochez.

"- Bonjour Monsieur, Jean-Claude Saulnier à l’appareil.

- ...??!?! Adjudant-chef Saulnier ?

- Mais oui.

- …"

Adjudant-Chef Saulnier, 2ème REP, infirmier, président des Sous-Officiers, Chevalier de la Légion d’Honneur, 34 ans de Légion, du saut sur Kolwezi à L’Afghanistan. Waouh !

Et puis... nous avons parlé une heure, des Légionnaires bien sûr, de ces em* de Chasseurs, du Mali, de nos arrière-grands-pères en 14, du retour des GI du Vietnam, du Service militaire et de ses bienfaits... et d'une bière...

L’impression de se connaître depuis toujours et que le soleil ne brille pas que dans le ciel.

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« Une vie de légionnaire », nouvel opus de nos amis des Editions Nimrod, qui, décidément, n’ont que de bonnes idées. Ce livre est le résultat d’une collaboration entre l’ADC Jean-Claude Saulnier et Pierre Dufour, écrivain et journaliste, spécialiste de la Légion, qui brosse une histoire extrêmement précise du 2ème REP de 1977, date de l’engagement de Jean-Claude, à son adieu aux armes en 2011.

De par la densité du livre (400 pages…), cette chronique n’est qu’un humble résumé, parti-pris de votre serviteur.

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Engagement sous le nom de Julien Soral

Né à Châtellerault, aîné d’une fratrie de 3 garçons, hélas orphelin de père à 5 ans, Jean-Claude Saulnier n’a pas, a priori, la vocation militaire. Il effectue son service à la 153ème CLRM puis tente sa chance dans le civil comme chaudronnier.

Pas de vocation militaire donc, et pourtant, lassé des jérémiades de ses concitoyens :

Je suis parti, car les gémissements des gens me tuaient à petit feu.

1977, Engagement, Fort de Nogent

 

Et c’est pour la Légion qu’il opte, convaincu par un Adjudant-Chef recruteur qui évoque une vie d’aventure, d’action et de camaraderie.

La Légion, dont il découvre bien vite les spécificités….

[Le médecin] m’a demandé si je buvais.

« - Oui, Normalement.

-         C’est-à-dire ?

-         Bah, deux ou trois bières.

-         Caisses ?

-         Mais non, canettes ! »

Visite médicale, Aubagne

 

C’était une véritable fourmilière, sans cesse en mouvement, jour et nuit. Jusqu’au grade de Caporal, les gens courraient partout. On avait l’impression qu’il fallait être cadre ou permanent pour avoir le droit de marcher. Une cour de récréation pour adultes.

Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les fenêtres ouvertes en plein mois de novembre. J’ignorais encore que les chambrées étaient chauffées par des poêles à mazout qu’il fallait éteindre à 22 heures, et qu’on ouvrait les fenêtres le matin jusqu’au retour du sport, quel que soit le temps. 

Nous avons appris à prendre soin de nos pieds et de notre corps, percer les ampoules avec un fil trempé dans le permanganate, casser les rangers à coups de marteau pour les assouplir. Certains urinaient même dedans.

1977, Instruction, Castelnaudary

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Le 2e REP à Calvi, 1978

Son instruction à Castelnaudary n’est pas une sinécure, mais le fameux mens sana in corpore sano s’applique bien à Jean-Claude, et la récompense de tant de sueur, d’ampoules, de courbatures, de grimaces et de serrements de dents l’attend au bout du chemin :

Puis l’ordre a retenti : « Coiffez vos képis blancs ! ». Pendant quelques secondes il y eut un moment d’émotion, puis nous nous sommes coiffés de ce képi pour lequel nous avions fourni tant d’efforts.

Jean-Claude opte pour le 2ème REP de Calvi. Il est vrai que cumuler le prestige du Légionnaire à celui du Para…

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Calvi, Saut d’entrainement, 1978

C’est à Calvi que se forgeait désormais l’esprit para du Légionnaire. C’est aussi à Calvi que se trempait l’âme du régiment.

1978, 2ème REP, Calvi.

  

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Entraînement LRAC, lance-roquette-anti-char

Et c’est toute la vie du Légionnaire que nous dévoile le livre, y compris dans ses aspects les plus cocasses…

On allait aussi au Pouf, le bordel militaire de campagne. Bien sûr pour les filles, mais aussi pour passer un bon moment. Il existait un jeu entre compagnies. Quand l’une était au Pouf, une autre envoyait le plus jeune pour chercher de la bière après l’appel.

Rien d’extraordinaire, direz-vous, si ce n’est qu’une concurrence, certes amicale mais très  « virile », régnait entre les compagnies. Lorsque l’une d’elles  était au Pouf, les autres y étaient persona non grata. De ce fait, l’arrivée du p’tit jeune au bordel était sanctionnée à coups de poings…

Le pauvre « bizut » avait deux options :

- Se faire casser la tête, revenir sans bière, et être accueilli par le mépris des caporaux de sa compagnie,

-  Se faire casser la tête, et revenir avec la bière. RAS.

L’expérience aidant, l’idée était de cacher deux ou trois caisses de canettes dans le maquis et de s’affranchir ainsi… du cassage de tête au Pouf !

Et puis… A peine un an dans la Légion, et Jean-Claude entre dans l’histoire.

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Kinshasa, avant le saut sur Kolwezi  

Dès l’indépendance du Congo belge en 1960, la région du Katanga, riche en matières premières stratégiques, manifeste violement son désir d'autonomie. En mai 1978, une nouvelle révolte, soutenue par le bloc soviétique, se dresse contre le pouvoir central de Kinshasa. Plusieurs milliers de  rebelles, bien armés, encadrés par des conseillers cubains, investissent Kolwezi où résident près de 3000 Occidentaux. 

Blancs et noirs font face à la mort. Les minutes comptent double. Des européens sont abattus comme des chiens à certains endroits de la ville. Kolwezi est livrée aux pillards. 

La Belgique, ancienne puissance coloniale, tergiverse quelque peu, la France, elle, percute !

Jean-Claude décolle vers un saut qui marquera l’histoire du XXème siècle. 

19 mai 1978

A 15 heures, un grondement d’avions se fait entendre au nord de la ville, au dessus de l’ancien aérodrome. Les corolles blanches des parachutes s’ouvrent dans un ciel de plomb. Parmi les africains, une rumeur se répand : Ce sont les Cubains qu’on attend ! Mais les Européens savent que c’est le salut qui vient du ciel…

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Le 2e REP saute sur Kolwezi -Photo © 2ème REP  

La descente a été pénible et m’a paru très longue (…) Des rafales d’armes automatiques ont été tirées à partir de la lisière nord de la ville et de la voie ferrée située à l’est de la zone de saut. La densité de la végétation autour des villas de l’ancienne ville ne permettait pas de situer l’origine des coups de feu, mais leur imprécision ne provoqua aucune perte. Il est néanmoins désagréable d’être une cible impuissante. Un vrai pigeon d’argile.  

Hélas Jean-Claude se blesse à l’atterrissage, mais le courageux jeune-homme n’a pas l’intention d’abandonner les copains. Il sert les dents  et marche.

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Déploiement du 2ème REP à Kolwezi. Photo © AALE

C’est un voyage au bout de l’horreur qui commence alors pour les Légionnaires. Partout ce ne sont que des rues désertes parcourues par des meutes de chiens errants qui s’attaquent aux innombrables cadavres abandonnés à même le sol, des voitures calcinées, des tas d’immondices devant les maisons pillées. L’odeur âcre prend à la gorge. Des essaims de mouches tourbillonnent et s’acharnent sur les corps mutilés, gonflés, hideux.

En quelques heures, le bilan du 2ème REP est éclatant. L’effet de choc des troupes d’assaut a été déterminant et a bousculé l’ennemi.

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Photos © AALE

Au bout de quelques jours cependant, la douleur devient insupportable et Jean-Claude peine à marcher. Constat (et engueulade) du médecin : le pied est gonflé et noir comme la ranger ! Double fracture malléolaire et fissure du talon. Jean-Claude est rapatrié. Devoir accompli.

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Défilé du 2ème REP à Kolwezi. En tête le Colonel Erulin (1932+1979) photo © famille Erulin

L’opération « Bonite » est un succès incontestable, mais le bilan est lourd :

5 tués et 20 blessés au 2ème REP, 6 disparus de la mission française, 1 para belge tué, 11 tués et 8 blessés parmi les parachutistes Zaïrois, sans compter les autres militaires de Kinshasa.

On estime à 170 le nombre de civils blancs massacrés, ainsi que 700 africains.

Les rebelles Katangais ont perdu 250 des leurs et sont en déroute.

2700 Occidentaux sont sauvés par l’opération.

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1984, Jean-Claude est nommé Sergent 

On le voit, il y a du courage et de la volonté chez cet homme, tout comme une grande part d’humanisme, et c’est, assez naturellement, que Jean-Claude s’oriente vers le rôle d’infirmier.

Mais il reste bel et bien un Légionnaire avant tout, au grand dam des élèves de l’école de santé d’Orléans, appartenant à d’autres corps, pour au moins un aspect : 

Nous nous sommes intégrés sans problème dans un monde nouveau pour nous, mais d’un autre côté nous cultivions notre différence, qui se manifestait  par le pas Légion, ce qui fait que nous étions toujours en retard sur le pas des autres quand il s’agissait de marcher en rang. Finalement, le chef de stage a renoncé et nous étions préposés aux couleurs, au grand désespoir des autres, qui trouvaient que nous mettions beaucoup trop de temps pour faire le trajet jusqu’au mat…

1983, Ecole du Service de Santé, Orléans 

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Assistance médicale en Centrafrique, 1982

Jean-Claude va partager la vie du 2ème REP multipliant les OPEX, en particulier en Afrique, terre de prédilection des Légionnaires : Centrafrique, Tchad, Gabon, Djibouti...

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Jean-Claude Saulnier à l’entraînement à Djibouti 

Nous avons subi une violente tempête de sable comme on en voit dans les films. Nous nous sommes arrêtés, nous avons enfilés nos ponchos et courbé l’échine en attendant que cela passe. Quand la tempête a été terminée, on ne voyait plus de la section que quelques petits monticules de sable qui commençaient à s’ébrouer.

1980, Djibouti

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Centrafrique 

Arrivés à proximité d’un village, nous avons vu un petit vieux sur le bord de la route, debout au garde à vous, toutes ses médailles pendantes. C’était un vétéran de la seconde guerre mondiale qui avait appris notre arrivée. On ne sait comment. Le Lieutenant a fait arrêter le convoi et a salué régulièrement l’ancien.

1984, Centrafrique

Puis vient le temps des forces d’interposition. Concept quelque peu angélique imposé par les politiques ; missions compliquées, frustrantes pour les militaires. Liban, Bosnie, Côte d’Ivoire… goût amer pour nos soldats.

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Marines du 32d MAU et légionnaires du 2e REP pendant l'évacuation des troupes de l'OLP de Beyrouth, photo © 2ème REP

Quand la nuit est tombée, nous avons eu droit à un son et lumière impressionnant. Dans tous les coins de la ville, nous voyions des départs d’armes lourdes, des traçantes dessinant des serpentins qui zébraient l’obscurité, tandis que le staccato des armes automatiques était ponctué de détonations assourdissantes. L’Ouest répondait à l’Est, avant que le Nord n’entre dans la danse et que le Sud s’en mêle.

1982, Liban

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Jean-Claude Saulnier, poste avancé à Nevesinje, Bosnie 

Un bosniaque passait son temps à tirer sur les antennes du PC. De temps en temps, il parvenait à en couper une. (…) Dans ce cas, l’ADC Deptula venait me chercher à l’infirmerie pour monter sur le toit. Nous commencions à réparer l’antenne et là, nous entendions des balles se planter à quelques mètres de nous. (…) Les tirs se rapprochaient à 3 mètres, puis 1 mètre… Quand c’était très proche, nous décrétions que c’était l’heure du café et descendions du toit. Après cette pause, nous remontions pour finir le travail.

(…) Ce qui est sûr, c’est que le Bosniaque n’avait pas l’intention de nous tuer, car nous faisions des cibles faciles.

1992, FORPRONU, Bosnie 

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Légionnaires du 2ème REP en Côte d’Ivoire, Photo © 2ème REP 

J’ai pris une rafale de Kalachnikov que j’ai évitée d’un roulé-boulé derrière un talus. J’ai lâché à mon tour une rafale et j’essayais de voir d’où provenait le tir. Encore deux ou trois rafales qui ont tapé à 10 ou 15 cm, mais je ne voyais pas le tireur. J’ai lâché encore une longue rafale et j’ai dégagé de ce coin malsain.

2002, Côte d’Ivoire

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Légionnaires sous casques bleus – ici du 2ème REI, Bosnie. Photo © AALE

Nous avons pris conscience qu’un casque bleu, c’était un peu la palombe du coin.

1992, FORPRONU, Bosnie

Et cependant, Jean-Claude Saulnier reste philosophe…

J’ai vu un grand-père assis sous un arbre très feuillu. Je me suis approché et lui ai demandé comment s’appelait cet arbre. Il m’a dit : « C’est un arbre à ombre ». J’ai trouvé la réponse empreinte d’une grande philosophie.

2002, Côte d’Ivoire

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Sur les sentiers du GR20

Désormais marié à Marylin, père de 4 enfants, on pouvait penser que la carrière de l’ADC Saulnier se déroulerait sereinement, sous le beau ciel de la Corse qu’il aime tant. D’autant plus que vient le temps des honneurs…

Reconnu par ses paires, il est élu Président des sous-officiers. Le rôle lui va comme un gant : accueil des nouveaux sous-off’, rappel des traditions et des us et coutumes, interface avec les officiers, et surtout soutien aux hommes en difficulté, tant d’un point de vue personnel que professionnel. Bel hommage de ses camarades, et sans aucun doute l’homme de la situation.

Mais… 11 septembre 2001, le monde entier regarde sa télévision avec effarement, et voici notre Adjudant-Chef de nouveau en campagne : direction le pays de l’insolence…

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ADC Saulnier, GAL Townsend (101st Airborne), COL Bellot des Minière (CDT 2ème REP)

Nous résumerons la dernière campagne de Jean-Claude par ces deux phrases : 

Il est très dur de faire du social aujourd’hui avec des gens qui tireront sur vos camarades demain. 

La rébellion afghane est comme l’hydre de Lerne. On coupe sa tête, il en repousse deux.

2010, Afghanistan  

Et puis un jour de 2011, qui vient certainement bien vite pour Jean-Claude, bien trop vite même : l’adieu aux armes.

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2011, L’adieu aux armes, photo © 2ème REP 

Trente et un ans de joies et de coups de chien, l’épanouissement d’une vie d’homme et de sous-officier au sein d’une institution militaire sans égale au monde...

* * *

A la lecture de « Une vie de légionnaire », ce qui m’a frappé, outre évidemment la carrière exceptionnelle de Jean-Claude Saulnier, c’est sa formidable humilité.

Tentez l’expérience, dites-lui : «  Vous êtes une légende vivante du 2ème REP, c’est un honneur de vous rencontrer », il vous répondra à coup sûr : « Arrête tes conneries ».

Il n’y a là aucune fausse modestie, c’est simplement l’âme du personnage, et cela en fait toute la grandeur. De la part d’un Légionnaire, ce n’est certes pas surprenant.

Le 29.9.2005, lors de la prise d’armes de la Saint-Michel, j’étais fait Chevalier de la Légion d’Honneur (…) La première question que je me suis posé a été : « Pourquoi moi » ?

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Saint-Michel, 29.9.2005, remise de la Légion d’Honneur par le GAL Dary

« Par son courage au feu et ses qualités d’infirmier au combat, a contribué personnellement à la sauvegarde de vies françaises.

Mérite d’être cité en exemple. »

24.5.2004, extrait de la citation à l’ordre de la division, Général d’armée Bentégat, Chef d’Etat-Major des Armées

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ach_sa10.jpgNé en 1954 à Châtellerault, Jean-Claude s’engage en 1977 et rejoint le prestigieux 2ème REP de Calvi. Sa première mission de guerre fait date : le saut sur Kolwezi. Infirmier au combat, il participe à l’essentiel des opérations extérieures : Zaïre, Gabon, Centrafrique, Tchad, Djibouti (dont un déploiement avec le 13ème DBLE), Liban, Guyane (avec le 3ème REI), Bosnie, Afghanistan... En 2006, il est élu par ses paires Président des Sous-Officiers. Fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2005, médaille militaire, trois citations, il poursuit sa carrière d’infirmier dans le civil. Amoureux de la Corse, sa terre d’adoption où il vit toujours, Jean-Claude est marié à Marylin et père de quatre enfants. Et c’est un chouette bonhomme !

Pierre Dufour, écrivain et journaliste spécialisé dans l'histoire militaire, a été chef du secrétariat de rédaction du mensuel de la Légion étrangère Képi blanc. Il est l'auteur de nombreux articles dans des revues françaises et étrangères et de plus de quarante ouvrages historiques et militaires consacrés à l'ancien empire colonial français, dont "La France au Levant", "La Légion en 14-18" et "Les Bat' d'Af".

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Soutenez les éditeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Nimrod 

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Hommage

Aux Légionnaires-Parachutistes du 2ème REP morts pour la France, 1977-2013

Zaïre

Sergent-chef DANIEL, Caporal-chef ALLIOUI, Caporaux ARNOLD et HARTE, Légionnaire CLÉMENT. 

Djibouti

Catastrophe aérienne du mont Garbi, morts en service aérien commandé. 

Capitaine PHILIPONNAT, Sergent-Chef STORAI, Sergents DORE, POMMIER et WOUTIER, Caporaux OEHLMANN, OLETTA, PELTON, SIMONET, BURGRAFF, 1ères Classes BEAUTEMPS, BETON, KERTY, ZASSER, Légionnaires BUZUT, DEPIERRE, FALAUT, GALVES, GORDON, GUNES, LEON, LIMA DA SILVA, LUANG, SENDERS, THIU-SAM, VELMAR.

Accompagnés de :

Capitaine  CHANSON et Caporal LAURIOL, 13ème DBLE,

Commandant DALMASSO, Capitaines COUILLAUT, TADDEI et DEMANGE, Adjudant-Chef DAENINCKX, ETOM 188, Armée de l’Air,

Capitaine DROULLE, EMIA/FFDJ,

Maître GLOANEC, Commando Jaubert. 

Bosnie

Légionnaire BENKO.

Congo-Brazzaville

Caporal GOBIN.

Afghanistan

Sergent RYGIEL, Caporal-Chef PENON, Caporal THAPA, Légionnaires de 1ère Classe HUTNIK et JANSEN.

Mali

Sergent-chef VORMEZEELE

A tous les Légionnaires-Parachutistes du 2ème BEP/2ème REP morts pour la France,

Aux blessés. 

* * *

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Hommage au 1er REP

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux Képis blancs-Bérets verts ! 

 

Nous sommes les hommes des troupes d’assaut,

Soldats de la vieille Légion.

Demain brandissant nos drapeaux,

En vainqueurs nous défilerons.

Chant du 2ème REP.

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ADC Saulnier et GAL McChrystal, commandant la force internationale en Afghanistan, 2009-2010.

-         Que penses-tu de toutes ces années à la Légion ?

-         Mon Général, vous me donnez 35 ans de moins, et je recommence. 

L’ADC Saulnier au Général de Saint-Chamas,

COMLE (Commandant de la Légion Etrangère).

 

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28 janvier 2013, les Légionnaires-Parachutistes sautent sur Tombouctou. 

« More Majorum »
À la manière des anciens.

Devise du 2e REP. 

C’est moi qui rêve, pense l’ancien. Donne-moi tes vingt ans. Donne-moi ta place. Prends mes médailles. A toi les honneurs, à toi la gloire. Donne-moi tes missions impossibles, donne-moi tes pitons à conquérir, ton adjudant à supporter, la jungle à traverser. Donne-moi encore l’occasion de chanter avec les copains, de tomber en route, ou vaincre au combat.

Pierre Sergent, 1er REP.

 

 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un Légionnaire, 2e REP, Kolwezi

03/06/2013

Hommage Vigipirate & Actualité Littéraire Mili

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Aéroport de Nice. Photo © Serge Haouzi/MaxPPP

 

Pour rendre hommage à nos anges gardiens qui sillonnent gares, aéroports et autres lieux publics, Natachenka a choisi cette photo de S. Haouzi. 

Nous nous réjouissons des bonnes nouvelles concernant la santé du 1ère Classe Cédric Cordier, du 4ème Régiment de Chasseurs.

 7761729463_cedric-cordiez-et-sa-compagne-amelie.jpgPhoto © famille Cordier.

 

* Mili-News *

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Quatre mois d’existence, et déjà plus de 800 lecteurs mensuels…

Inespéré ? Réjouissant en tous cas, pour le Chasseur et la Russe-blanc, les auteurs et les éditeurs.

Et puis, rassurant sur l’état d’esprit de nos concitoyens (au moins certains d’entre eux…), pour qui l’engagement de nos soldats, leurs sacrifices, ceux de leurs proches, ont encore un sens.

Douze chroniques ci-dessus résumées, que vous retrouverez dans la rubrique « mili-livre ». 

Chacun trouvera son bonheur dans ces témoignages formidables. Ils sont complémentaires, tant dans la forme : journaux, récits biographiques, livres photos… que sur le font : Afrique, Balkans, Afghanistan… Légionnaire, aumônier, marsouin, chasseur-para, aviateur/trice, sapeur, infirmier, médecin…

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Que de rencontres, de discussions, parfois même de simples échanges de mails… mais, à chaque fois, l’impression d’être en phase, de se connaître depuis toujours…

Dans quel autre milieu « social » ceci est-il encore possible ? 

  

 *Mili-News * Mili-News* Mili-News*

 

Et, alléluia! Ce n’est qu’un début. Voici toute une série de livres, déjà publiés ou à venir, et qui seront *évidemment* abordés par LP&L’E. 

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« Une vie de Légionnaire », ADC Jean-Claude Saulnier, 2ème REP, 13ème DBLE, 3ème REI. Infirmier, Président des sous-officiers, Chevalier de la Légion d’Honneur, 34 ans de Légion, de Kolwezi à l’Afghanistan. Genou à terre, les jeunes… (cela va le faire rigoler J). Aux éditions Nimrod. Voir ici.

 

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« Combattants sans passé », Sergent Robert Markus, 2ème REP, 13ème DBLE, 4ème RE, 2ème REI. Quinze ans de Légion pour Robert, d’origine Slovène. Après tant de déchirements entre ces peuples qui nous sont si chers, Slovènes, Serbes, Croates, Bosniaques, Monténégrins, réjouissons nous de les retrouver frères d’armes sous notre drapeau. « Legio Patria Nostra » ! Un récit biographique à compte d’auteur. D’autant plus à soutenir. Ici.

 

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« Haute Tension – Des Chasseurs Alpins en Afghanistan », par l’écrivain Sylvain Tesson, le photographe Thomas Goisque et l’artiste Bertrand de Miollis. Déjà, on y parle de mes frères Chasseurs… et en sus une approche totalement originale, sorte de journal de guerre, qui mêle photos, texte et croquis pris sur le vif. Et puis, une dédicace à tomber par terre de Bertrand… vous verrez. Chez Gallimard. Site de Bertrand de Miollis : ici.

 

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« Afghanistan – La guerre inconnue des soldats français », par le reporter de guerre Nicolas Mingasson, éditions Acropole. Livre qui se doit de figurer dans toute bonne mili-bibliothèque. On connait l’intérêt que porte Nicolas à nos troupes, et nous aurons l’occasion de parler de ses projets actuels, dont un film !

Rappelons aussi sa collaboration avec le Sergent Christophe Tran Van Can, 21ème RIMa, pour son « Journal d’un soldat français en Afghanistan » (Plon), incontournable, là-aussi.

 Site de Nicolas Mingasson : Ici.

 

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« Au service de l’espoir », par le Capitaine Philippe Stanguennec. Oooh voici un bien bien bien sympathique pilote, qui propose de déguster son livre accompagné d’un bon whisky… (Mais comment connaît-il mes goûts en matière de boisson ? J). Plus sérieusement, un journal totalement réussi, extrêmement vivant, sur un rôle, la Projection, dont on connaît l’importance…

Aux éditions L’esprit du livre, à commander chez Prividef, ici. 

 

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« Le Temps de l’action »  par Alphonse-Bernard Seny. La Plume et L’Epée sont fans de ces beaux livres photos, et nous avions déjà été gâtés avec le sublime « Légionnaires – Portraits » de Jean-Baptiste Degez & Henri Weill, alors… nous accueillons avec enthousiasme les Gaulois du 92ème RI !  Chez Enfin!Editions : ici.

 

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« La Légion – Avec le 2ème REP au cœur des crises internationales », par Thomas Gast. Nous avons parlé plus haut de nos amis balkaniques, mais la Légion, sans nos frères Allemands ??? Voici, le 2ème REP, que l’on aime tant, par Thomas, que l’on aime aussi beaucoup...

Chez Epée Edition. Site de Thomas ici.

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« Toujours y croire », par Arthur Hopfner

Un roman écrit par un Commando-marine, 20 ans de Forces Spéciales. Cela interpelle n’est-ce-pas ? Et bonne nouvelle, le livre est en cours de réédition.

Chez Edilivre. Ici.

 

 

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« Soldats Cibles » par François Lapuh, 6ème RPIMa, 8ème RPIMa.

Ah ! François, le rebelle… Nous attendons de voir ce qu'il nous réserve sur l'ex-Yougo. Une chose est sûre, l'homme ne mâche pas ses mots. Intriguant...

Edité à compte d’auteur. Ici.

 

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« Task Force Tiger », journal de marche du Colonel Nicolas Le Nen, chef de corps du 27ème BCA et du GTIA Tiger en Afghanistan. En quelque sorte la vision du « boss », donc forcément à lire. Et puis, dès que l’on parle de Chasseurs...

Aux éditions Economica : ici.

*

Et ce n’est pas fini …

Quelques exemples, parmi d’autres… 

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Si vous découvrez des livres qui pourraient nous intéresser, journaux, récits biographiques (nous laissons l’histoire et la stratégie à la blogosphère Défense, à commencer par notre ami de Guerres et Conflits) contactez-nous, via la page Facebook, ou nos adresses mails indiquées dans l’à propos.

 

* * *

Et des sorties ! (youpi !)

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Après le très réussi « Haute Tension », nouvelle collaboration de Sylvain Tesson et Thomas Goisque : « D’ombre et de poussière », livre photo à paraître en juin chez Albin Michel. Ici.

 

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« Passé par les armes » du Lieutenant-Colonel Georges Brau. Forces Spéciales... Tout un programme…

Aux Editions du Rocher. Ici.

 

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Enfin, chez Nimrod, « La guerre vue du ciel » par le Commandant Marc Scheffler, pilote de Mirage 2000D, à paraître en juin.  De l’inédit !

Et encore n’est-ce qu’une des nouveautés attendues chez cet éditeur engagé. Nous sommes dans la confidence de très alléchantes futures publications… (suspens...).

 

A suivre...

 

* * *

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‘AITO, film de notre ami Sébastien Joly dédié aux soldats polynésiens et au 511ème RT d’Auxonne, est présenté en avant-première le 4 juin à Papeete (hélas, nous n’y serons pas… J)

Nous sommes heureux de soutenir cette belle aventure, en attendant avec impatience l’avant-première métropolitaine…

 

* * *

Mili-Rendez-vous

 

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4ème édition du Festival International du Livre Militaire : 110 auteurs présents ! Le « Triomphe » de Saint-Cyr-Coëtquidan en parallèle…

Que d’amis à voir, et de belles rencontres à faire.

Infos ici.

 

*

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Et puisque l’on parle d’amis…

Prochain Café historique de la Chouette : Les armées coloniales.

Mercredi 12 juin, 19-21h, café Le Concorde, bd Saint-Germain, métro Assemblée nationale

 

* * *

 

Tout ceci donne au Chasseur et à la Russe-blanc l’envie de danser…

 

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27/05/2013

"Légionnaires - Portraits", Jean-Baptiste Degez & Henri Weill, Ed. Nimrod

Toutes les photos de cette chronique © Jean-Baptiste Degez/Editions Nimrod

  

Il avait de grands yeux très clairs,

où parfois passaient des éclairs,

comme au ciel passent des orages.

Il était plein de tatouages,

que j’ai jamais très bien compris ;

Son cou portait « Pas vu, pas pris »,

Sur son cœur on lisait « Personne »,

Sur son bras droit, un mot : « Raisonne »… 

Edith Piaf, « Mon Légionnaire »

Créée par Marie Dubas en 1936, sur des paroles de Raymond Asso (ancien légionnaire), et une musique de Marguerite Monnot

 

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Ma complice Natachenka m’a posé un jour une question réjouissante : « Pourquoi les soldats sont-ils toujours aussi beaux ? ». Avec un sourire (amusé :) je lui ai répondu : « Ils sont jeunes, ce sont des athlètes, l’uniforme joue probablement, et puis... ils ont le regard franc ».

Mais en y réfléchissant, j’ai raté l’essentiel : Les soldats sont beaux, car leur âme est belle. 

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Ionas, Slovénie, 2ème REP, Calvi

Et cette belle âme, elle rayonne dans « Légionnaires - Portraits »,  fruit de cinq ans de travail du photographe Jean-Baptiste Degez, accompagné d’Henri Weill pour les textes, et soutenu par notre éditeur préféré, Nimrod.

« Légionnaires, Portraits » : tout simplement sublime. 

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José, Brésil, Recrutement, Fort de Nogent

Les notions d’exil, de déracinement, de rupture, d’abandon de personnalité ou d’identité (…) venaient encore s’ajouter à leur histoire passée, et faisaient briller dans leurs regards une humanité d’autant plus intense, qu’ils avaient déjà vécu plusieurs vies. 

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Yourii, Russie, 1er RE, Fort de Nogent

« Tiens voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin… ». La musique en tête !

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Federico, Espagne, 4ème RE, Castelnaudary 

On n’est rien, tant que l’on ne porte pas le képi blanc !

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Thomas, France, MLE, Fort de Nogent

On y dort Légion, on y vit Légion, on y mange Légion. Tout le monde doit pisser rouge et vert.  [couleurs de la Légion].  

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Dirk, Suède, CECAP, Djibouti

Par l’effort, la volonté, ils ont été intégrés. La Légion offre souvent une deuxième chance, mais au prix de quelle exigence et de quels risques. Ils en ont pourtant accepté les règles. 

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Marian, Roumanie, 3ème REI, Guyane

Le Commandant de la Légion étrangère résume ainsi sa mission : « Prendre des grains de sable, et en faire du ciment »

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Julio, Pérou, 3ème REI, Guyane 

Guyane :  Pendant  la phase survie de mon stage de moniteur forêt, deux jours avaient passé sans que nous ne trouvions rien à manger, sinon deux pauvres poissons et une châtaigne à partager entre 22 stagiaires (...) et nous avons vécu un moment de cohésion formidable.

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Chance, Corée du Sud, 2ème REP, Djibouti

28.1.2013, Mali. Nous sommes à 250m d’altitude. Go ! Dans quelques heures, les journaux titreront : « La Légion a sauté sur Tombouctou ». 

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Abdou, Sénégal, GRLE, Fort de Nogent.

Cette estafilade sur la tête ? Une bouteille cassée à Marseille. Cette autre longue cicatrice sur l’oreille gauche ? Un coup de coupe-coupe en Guyane (…) Cette 3ème balafre sur le bras gauche ? Une bagarre à Castel…

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Mariusz,  Pologne, 1er RE, Aubagne,

blessé à Sarajevo, amputé.

Ma jambe gauche, qu’avait-elle ? Je voulais le savoir, mais n’avais pas envie de la découvrir. Ma main partait en éclaireur, en descendant lentement, sans que j’ose brusquer le geste. Puis elle remontait avant de savoir… J’ai répété souvent ce mouvement. 

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Vaidotas, Lituanie,  1er RE, Fort de Nogent

J’ai passé huit ans à la Légion que j’ai quittée à cause d’une femme. Un an plus tard, je me réengageais, à cause de la même femme.  

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Jean-Marie, France, GRLE, Fort de Nogent

Sur sa poitrine, un avertissement accompagné d’un crane exécrable : « Les Légionnaires ne meurent jamais. Ils vont simplement se regrouper en enfer ». Il sourit. « Une œuvre d’art, non ? ». 

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Elio, Italie, CTLE, Fort de Nogent

Un officier supérieur de la 6ème BLB visite le 1er REG. Satisfait de ce qu’il voit, il lance aux Légionnaires : « Vous êtes un régiment démmerde ! ». Réponse d’un adjudant furieux : « Quoi ??!?? Nous sommes un régiment dé merde ??!?? ».

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Yves, France, 1er RE,  Fort de Nogent

On se comprend parfois mieux entre Légionnaires de nationalités différentes, qu’entre Français d’horizons différents… 

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Mickael, Kabylie, Algérie, CTLE, Fort de Nogent

La fierté d’un homme, c’est d’assumer son destin. 

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Père Yannick Lallemand, aumônier, Fort de Nogent

La Légion étrangère est une institution humaine, donc imparfaite, mais elle croit en l’homme. Elle croit en l’homme qui, quand il veut, peut-être plus grand que lui-même.

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Léonard, France, AALEP, Fort de Nogent 

Même si on n’a fait que cinq ans à la Légion, que l’on est devenu SDF ou milliardaire par la suite, il y a des souvenirs que l’on ne pourra jamais oublier, des choses que l’on ne pourra jamais reconstruire (…) Cela fait déjà dix ans que je suis parti de la Légion, mais, d’une certaine manière, je suis toujours avec eux. 

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Pierre– IILE - Puyloubier

Ils sont nombreux, ces Légionnaires ou ces anciens, à ne jamais ouvrir la cage des mots. Ils ne parlent que rarement, voire jamais, de leur passé et de leur engagement…

Mais en un seul mot, n’ont-ils pas tout dit ?

Général de brigade Zinovi Pechkoff, 1er RE, 2ème RE,

Grand-Croix de la Légion d’Honneur.

L’homme a séduit les plus belles femmes, parcouru le monde entier, fréquenté les voyous comme les intellectuels, les guerriers comme les diplomates, les chefs d’état comme les révolutionnaires. Il a vécu mille vies, comme mille aventures, embrassé mille destins et reçu les décorations les plus prestigieuses, mais, à sa demande, il a souhaité que cette épopée ne soit résumée sur sa tombe que d’un seul mot :  

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Cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois

 

***

528706_578188552199941_1762791808_n.jpgFormé aux Beaux-Arts de Paris, Jean-Baptiste Degez devient photographe professionnel. En marge de ses activités tournées vers la publicité des marques de luxe, il lance il y a cinq ans ce projet de portraits de Légionnaires. Il est accompagné pour les textes par Henri Weill, journaliste, historien et écrivain, enseignant au Centre de Formation et Perfectionnement des Journalistes, à qui l’on doit de nombreux ouvrages dans le domaine militaire, dont « Légionnaires » paru en 2011, Ed. Pascal Galodé.

Cette belle aventure n’aurait pu se concrétiser sans le soutien des éditions Nimrod, qui savent déjà toute l’affection que nous leur portons [a priori le boss a survécu à Camerone 2013 à Aubagne… J]

Et rêvons maintenant, rêvons d’une série : « Marsouins - Portraits », « Marins - Portraits », « Soldates - Portraits », et oui… « Chasseurs - Portraits » ! Rêvons…

 

* * *

Soutenez les éditeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Nimrod

Pour vous procurer le livre, cliquez ici

 * * *

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Hommage

Au Capitaine Benoît Dupin, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

A Adjudant-Chef Mohammed El Gharrafi, 2ème REG, mort pour la France, en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Konrad Svilen Simeonov, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Harold Vormezeele, 2ème REP, mort pour la France au Mali,

Au Sergent Konrad Piotr Rygiel, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent Damien Zingarelli, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Rodolphe Pénon, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Ihor Chechulin, 2ème REI, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal Alan Karsanov, 2ème REI, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal Kisan Bahadur Thapa, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Robert Hutnik, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Gerhardus Jansen, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Goran Franjkovic, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan, 

l'Adjudant-Chef  Dejvid Nikolic, 1er REG, mort pour la France au Mali,

Aux Légionnaires morts pour la France,

Aux blessés.  

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In memoriam.

Alain, France, 2ème REP, Djibouti

Lorsqu’ils meurent à vingt ans, les hommes poursuivent leur course sans changer de visage. Ils sont comme des astres morts, dont la lumière nous éclaire encore, alors que le cœur s’est éteint.

Hélie de Saint-Marc, 1er REP, « La sentinelle du soir ».

 

J’rêvais pourtant que le destin,

me ramènerait un beau matin, mon Légionnaire,

Qu’on s’en irait loin, tous les deux,

dans quelque pays merveilleux plein de lumière…

 

 

 

 

 

Livre, photos Légionnaires

 

16/05/2013

Mili-Reportage : La Légion au Café historique de la Chouette

 

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A l’initiative du Lieutenant-Colonel Rémy Porte, animateur (entre autres multiples fonctions) du blog Guerres et Conflits XIX°-XXI°, sont organisés mensuellement les « Cafés historiques de la Chouette ».

 

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Le Lieutenant-Colonel Porte présente « Légionnaires, Portraits », de Jean-Baptiste Degez et Henri Weill, Ed. Nimrod

 

Dans l’esprit des cafés littéraires sont abordés des thèmes qui nous sont chers : La Légion, Les blessures de guerre, La Gendarmerie…

Une belle occasion de rencontrer les auteurs, des journalistes Défense, des éditeurs, des « mili-blogosphériens », et plus généralement un public sympa qui partage notre intérêt pour la Littérature militaire (et oui, nos valeurs).

Moment convivial (rien n’interdit de prendre un verre J).

 

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Jean-Baptiste Degez & Henri Weill

 

Le dernier café du 15 mai, fort réussi, nous a permis de rencontrer Jean-Baptiste Degez et Henri Weill, co-auteurs de « Légionnaires, Portraits », paru chez nos amis de Nimrod.

Un livre qui nous a emballés. Nous en parlerons très bientôt… (scoop).

 

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Jean-Baptiste Degez, Henri Weill, Etienne de Montéty

 

Etait également invité Etienne de Montéty, directeur du Figaro Littéraire, auteur de la préface de « La Légion Etrangère, Histoire et dictionnaire » d'André-Paul Comor, paru chez Robert Laffont. 

 

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Pour les Parisiens, un rendez-vous à ne pas manquer ! 

 

Prochain thème : nos amis Marsouins, mercredi 12 juin au Café Le Concorde, boulevard Saint-Germain / Métro Assemblée Nationale, de 19h à 21h.

 

Blog Guerres et Conflits : ici

Page FaceBook : ici 

 

 

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Jean-Baptiste Degez et Le Chasseur (évidemment chèche et verre à la main...)

 

 

 

 

 

13/05/2013

« Survivre au traumatisme », Colonel Jean-Yves Boyer, Sapeur, Ed. l’Harmattan

 

 

Cette chronique est dédiée à Delphine, épouse de Jean-Yves Boyer.

 

 

Nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté,

qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image,

et ont retiré du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance,

cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué.

 

« La chambre des officiers », Marc Dugain

 

 

Survivre au traumatisme, récit du Colonel Jean-Yves Boyer. Il y est bien question de survivre, dans un premier temps, puis de vivre, tout simplement.

 

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Vivre l’injustice.

 

Vous vous appelez Yohann Douady. Vous êtes envoyé au bout du monde par votre pays. Vous devez défendre un régime politique, que votre gouvernement considère comme allié de la France. Ce même gouvernement, votre allié donc, envoie son aviation bombarder vos frères d’armes. Votre ami meurt.

Vous trouvez cela injuste.

 

Vous vous appelez toujours Yohann Douady. Vous combattez en Afghanistan. Vous et vos frères d’armes survivez aux combats. Peu de jours avant votre rapatriement, une grenade explose accidentellement dans le camp, et tue votre ami.

Vous trouvez cela injuste.

 

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Engin-Blindé-Génie Valorisé, 19ème Régiment du Génie, Besançon - photo © 19ème RG

 

Vous vous appelez Jean-Yves Boyer, vous êtes Lieutenant-Colonel et revenez d’Afghanistan après une mission dont on connaît les dangers. Vous rendez visite à un régiment du Génie, votre arme de cœur, le 19ème RG de Besançon. Vous vous réjouissez d’un tour en EBG. Histoire de rajeunir. Votre tête dépasse de la tourelle. Incident technique : la trappe blindée se détache et vous fracasse la tête.

Vous trouvez cela injuste. 

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Après l’accident, hôpital de Besançon – photo © JY Boyer

 

Vivre ?

 

« Votre mari est sur une crête. Dans son cas, 20% des blessés tombent définitivement de cette crête dans les premiers jours. 80% continuent à avancer. »

 

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Retour à la maison - photo © JY Boyer

 

Vivre sa détresse.

 

« Plus de mastication, presque plus de parole, plus de respiration par les voies aériennes supérieures. Il me restait, normalement, encore l’odorat et la vue. Hélas… »

*

« Elle me trouva dans un état de stress, d’angoisse, de peurs et de larmes causés par les premiers instants d’incertitude générés en partie par l’enlèvement de la trachéotomie. »

*

« Comment vais-je m’en sortir ? Quand ? Si oui dans quel état final ? Serai-je toujours accepté et considéré par mes enfants ? Que vont penser mes amis, ma famille, mon entourage ? A quoi vais-je servir à mon retour au domicile ? Vais-je reprendre un jour un travail normal ? Que vont-ils faire de moi au bureau ? »

*

« Attendre, toujours attendre, avec ce sentiment sans cesse de tête posée sur un échafaud. »

 

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Visite du Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre - photo © JY Boyer

 

Me voir vivre.

 

« La première fois que je vis mon visage dans le miroir de la salle de bain (…) L’horreur absolue. »

*

« J’étais parvenu à un âge où l’enfant commence à se mouvoir seul avec ses quatre membres, dans son parc, entouré de ses jouets qui lui apportent des joies simples. »

*

« Peut-être m’étais-je aussi aperçu qu’après m’être longtemps senti  "supérieur" aux autres dans beaucoup de domaines, qu’après avoir connu durant plusieurs années tant de succès familiaux et professionnels, un accident grave m’avait ramené à une réalité basique, celle de n’être après tout qu’un homme physiquement fragile et potentiellement dépendant des autres. »

*

« - Après avoir vu l’état dans lequel tu te trouvais, j’ai dit à ma femme, une fois revenu chez moi, que si un jour la même situation m’arrivait, elle aurait intérêt à me débrancher.

-  Penses-tu toujours cela aujourd’hui ? 

Il resta silencieux. »

 

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Fête afghane - photo © JY Boyer

  

Vivre en père, en mari, en fils, en gendre.

 

« Je libérais ma main de celle de mes parents et la faisait passer par-dessus mon corps pour attraper la sienne, et la lui serrais quand elle me le demandait. »

*

« Elle a souvent craqué en cachette m’a-t-elle raconté par la suite, à la maison ou à son travail. Elle ne pouvait pas se comporter comme cela devant moi, car elle savait pertinemment que si je la voyais, cela pouvait nous entraîner dans la chute. »

*

« Retrouver cette place de père fût très long, et il me restera encore du chemin à parcourir, car cette épreuve de vie, presque achevée, laissera derrière des traces surement indélébiles. »

 

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2007, remise de la Légion d’Honneur, Jean-Yves Boyer et sa maman - photo © JY Boyer

 

Vivre dans l’Espérance.

 

Posons-nous plusieurs questions : Jean-Yves s’est-il battu pour lui-même ? Ce n’est pas si sûr. Pour sa femme Delphine et ses enfants ? Probablement, mais jusqu’à un certain point seulement. Par orgueil de militaire, d’homme ? Sans doute un peu, mais pas que. Par pur instinct de survie ? C’est probable car naturel ; encore que...

Bien des questions sans réponses franches. 

Alors ?

Et si, tout simplement, le Colonel Boyer s’était battu par espérance ?

Ne livre-t-il pas, avec son récit, toutes les clés pour qu’un homme, rencontrant un traumatisme comparable, survive et se reconstruise ?

Ne nous livre-t-il pas toutes les clés de l’espérance ?

 

 * * * 

 

22 - Remise de la citation le 14 juillet 2006.jpgIssu d’une famille de militaires, Saint-Cyrien, Jean-Yves Boyer s’engage en 1990 au 15ème Régiment du Génie de l’Air. En 2005, il est déployé en Afghanistan comme Adjoint Opération du Chef d’Etat-Major de la Brigade internationale de l’OTAN. C’est au retour de cette mission qu’il est très grièvement blessé. Spécialiste Génie, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, école de Guerre, sa carrière évolue de l’organisation opérationnelle aux ressources humaines, puis à la gestion du patrimoine militaire. Le Colonel Boyer est désormais Chef de la Division Gestion du Patrimoine de l'Etablissement du Service d'Infrastructure de la Défense. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 2007.

Merci mon Colonel pour l’accueil réservé à mes multiples sollicitations !

(Je sais, je me répète à chaque chronique, mais nos soldats ne sont-ils pas formidables ?).

 

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Hommage

Au Capitaine Christophe Barek-Deligny, 3ème RG, mort pour la France en Afghanistan

Au Capitaine Benoît Dupin, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Lieutenant Valery Tholy, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant-Chef Nicolas Rey, 3ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

A l'Adjudant-Chef Mohammed El Gharrafi, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant Emmanuel Técher, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

A l’Adjudant Jean-Marc Gueniat, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent–Chef Laurent Mosic, 13ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent-Chef Svilen Simeonov, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Sergent Damien Zingarelli, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Guillaume Nunes-Patego, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au Caporal-Chef Facrou Housseini Ali, 19ème RG, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Kamel Elward, 17ème RGP, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Loïc Roperh, 13ème RG, mort pour la France en Afghanistan

Au 1ère Classe Goran Franjkovic, 2ème REG, mort pour la France en Afghanistan,

Aux Sapeurs, Sapeurs de l’Air, Sapeurs Légionnaires, Sapeurs Parachutistes,  morts pour la France,

Aux blessés.

 

Hommage

 

A tous les soldats, morts accidentellement dans l’exercice de leur mission,

Aux blessés,

A leurs proches, sans lesquels aucune reconstruction psychologique n’est possible.

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux protégés de Sainte-Barbe,

 

Fantassins, cavaliers, nos frères de combat, foncez dans la mêlée, sans crainte et sans peur !

Si le combat fait rage, surtout ne craignez pas les obstacles et les mines !

Nous serons toujours là pour vous ouvrir la route, nous les Sapeurs !

 

* * *

Un homme très pieux traverse le désert. Le Christ marche à ses côtés. Lorsqu’il se retourne, l’homme voit deux traces de pas sur le sable. Hélas, il s’égare. Ses vivres, puis son eau, s’épuisent. Perdu au milieu du désert, il désespère. Il se retourne alors, et ne voit plus qu’une seule trace de pas. A bout de forces, il sent sa fin approcher, mais, miracle ! Une oasis ! Il étanche sa soif, puis s’adresse au Christ : «  Seigneur, au moment où tout me semblait perdu, me retournant, je n’ai vu dans le sable qu’une trace de pas. Pourquoi, alors que j’avais le plus besoin de toi, m’avais-Tu abandonné ? ».

Le Christ lui répond : « Il n’y avait qu’une seule trace de pas, car je te portais ».

Libre interprétation de la parabole du désert d’Adhemar Pereira de Barros, poète brésilie

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Vous n’avez qu’une seule envie : celle de reprendre goût à la vie,

et démontrer ainsi que

vous êtes plus fort que cet accident.

 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un soldat blessé, Sapeur, Génie, 19e RG