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18/01/2016

« Monclar - Le Bayard du XX° siècle », Fabienne Monclar, éd. Via Romana

 Extraits et photos publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. Droits réservés. 

 

"Quand le monde aura cessé de comprendre ce qu’est le sacrifice, les hommes ne sauront plus ce qu’aimer veut dire.

Ils ne comprendront plus que les exploits étaient accomplis et offerts, parce qu’ils n’étaient pas demandés."

Chesterton

 

 

Monclar est un nom qui devrait claquer dans le vent de l’histoire de France tel un fier drapeau national. Est-ce bien le cas ? On peut malheureusement en douter…

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Cette biographie est donc la bienvenue. Elle s’apparente d’ailleurs plus à des mémoires, le livre ayant été écrit par Fabienne, fille de Général Raoul Magrin-Vernerey dit Monclar, à partir des notes de son père et des témoignages de ses soldats.

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Monclar, debout au centre, convalescent après une nième blessure

Quelle injustice qu'un tel combattant soit tombé peu à peu (et sciemment ?) dans l'oubli ; jugez-en : tentative d'engagement dans la Légion à 16 ans. Saint-Cyrien, il fait toute la Grande-Guerre avec le 60e RI alias Royal Besançon Marine, dans un esprit très "Montmirail" (nom de sa promotion de l’ESM), charge en gants blancs, casoar ébouriffé par le vent ; blessé 7 fois, cité 11 fois...

Saint-Cyr avait cristallisé notre mystique, forte liqueur qui m’enivra toute ma vie. Nous y sommes entrés comme dans un ordre de chevalerie. Notre exaltation se renforçait de l’exaltation voisine, nous emportait et devenait puissante comme une marée. Nous avions tous le besoin d’agir. Nous étions partis avec le désir tout simple de nous offrir en sacrifice, renouveler la folie de la Croix. Ce fut l’ivresse de 14, puis la course à bout de souffle de 1915 qui nous donnèrent l’expérience de 1918.

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Monclar, au centre de dos, présente la 13e DBLE au général de Gaulle, Angleterre 1940

Entre-deux-guerres : pacification du Levant, s'appuyant sur les Alaouites (clin d'oeil à l'actualité...), du Maroc, du Tonkin. A la tête de ses Légionnaires de la 13e DBLE, il écrase les allemands à Narvik, seule victoire française de 39-40 ! En pleine Blitzkrieg, pour ne pas être fait prisonnier, il part en barque en Angleterre pour continuer le combat ; ses Képis blancs l’y rejoignent. De ce fait, il apporte à de Gaulle et la France libre sa seule unité constituée (souhaitant en son for intérieur poursuivre la guerre avec les Canadiens plutôt que les Anglais, qu'il ne porte guère dans son cœur). Campagne d'Erythrée où sa brigade française libre d'Orient prend Massaouah, faisant prisonniers 9 officiers généraux, 440 officiers et 14 000 soldats italiens !

« On raconte de lui, mais peut-être n’est-ce qu’une légende, qu’ayant entendu par hasard un de ses hommes mécontent d’une punition dire à ses camarades « je vais lui faire la peau », le Colonel s’approcha et lui donna son revolver chargé : « suis-moi, dit-il, nous partons en patrouille ». Il se promène pendant une heure, toujours suivi de son Légionnaire, et rentre au PC sans encombre. «Tu avais dit que tu me tuerais et tu ne l’as pas fait ; tu feras huit jours de salle de police. Cela t’apprendra qu’un Légionnaire ne doit jamais mentir. »

D’ap. Colonel Sassi, Narvik.

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Monclar et ses Légionnaires, Levant 1941

Et puis se présente la campagne du Levant : il refuse de combattre les Français restés fidèles à Vichy, il refuse que ses Légionnaires combattent d'autres Légionnaires... Dès lors il est laissé à l'écart par de Gaulle (qui "pousse" son second, Koenig) et ne participe pas à la reconquête de la métropole... Il poursuit cependant le combat, en Syrie et au Liban, contre les mouvements indépendantistes arabes soutenus par l'Angleterre (contrôle du pétrole, déjà), dans l'indifférence générale d'une France fêtant la victoire.

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Au centre Rollet, à sa gauche, Monclar. Indochine, entre-deux-guerres

Le sourire revient lorsqu’il retrouve ses Légionnaires, dont il devient inspecteur général, nouveau "père Légion" après Rollet qu'il a croisé en Indochine.

C’est l’aventure qui amène le plus de monde [à la Légion]. Il reste toujours des gens dont, durant l’enfance, l’imagination s’est nourrie de grandes chevauchées, de grands coups de sabre des cavaliers de Sobieski ou de Murat. Il y a aussi, pour les peuples des brumes du Nord, la nostalgie de la mer bleue, des chaudes contrées du Sud. Il y a encore tous ceux dont les aspirations ne s’engrènent pas avec le prosaïsme, la platitude du monde moderne, qui entendent la musique d’un autre monde, qui fuient les conditions sociales et économiques d’une société qui se réduit et que sa veulerie voue à la décrépitude.

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Monclar en Corée avec le GAL Douglas McArthur

Pour un dernier clin d’œil au destin, à la veille de la retraite, il se porte volontaire pour prendre le commandement du Bataillon français de l'ONU en Corée. Il abandonne pour cela ses étoiles de général pour les barrettes panachées de lieutenant-colonel. Le bataillon, dans des conditions dantesques dignes de la Grande-Guerre, se couvre de gloire, forçant l’admiration des Américains.

Le Général décède en 1964 alors qu'il est Gouverneur des Invalides, plaçant toute son énergie dans le soutien aux blessés de guerre et anciens combattants.

Qui n’a entendu résonner les tambours assourdis et voilés, leur roulement lourd et lent comme le pas d’un homme à l’entrée du cercueil dans la chapelle, ignore le culte des traditions militaires qui vont faire retentir par les clairons crêpés la sonnerie aux morts, comme sur le champ de bataille, le chant d’adieu des hommes à leurs frères d’armes (…) Sous la voute, les chœurs y vibrent comme si ces voix venaient d’ailleurs, d’un monde sans pesanteur évoquant une veille de résurrection sur un de ces champs de bataille que l’on espère. Dieu viendra visiter parmi les premiers et désignant les vaillants et les humbles, Il réveillera ceux qui sont morts debout.

Fabienne Monclar, obsèques de son père à Saint-Louis des Invalides

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Ce valeureux Saint-Cyrien-Légionnaire, catholique fervent, officier le plus décoré de France, gaulliste critique, à qui l’on doit des victoires éclatantes, mérite tout sauf l'oubli de la Nation.

Merci à sa fille Fabienne de le remettre à l'honneur grâce à ce livre-épopée très réussi, très complet, superbement écrit.

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ISBN 979-1090029873 - Prix 25€ - Format 20,5 x 13,5 467 pages, cahier-photo.

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Aux éditions Via Romana

Disponible ici

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Avec Fabienne Monclar au salon des Ecrivains Combattants 2014

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Donnez-nous la force et la vaillance,

De vivre debout, officiers de France.

Notre nom est un nom de victoire ;

Il est le vôtre, Général Monclar.

Chant de la 171e promotion de l’ESM de Saint-Cyr "Général Monclar"

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Les soldats sont ces fous que Dieu aime. Ils ne savent que se sacrifier. La République les a envoyés se battre pour bâtir des pays divisés et ensanglantés par des rivalités tribales, les pacifier, y construire des hôpitaux, des écoles. Mais la politique reprend ses droits, ses calculs.

Quant aux militaires, tout est perdu ; fors l’honneur, qui n’a pas de prix.

Général Monclar 

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04/09/2015

Marin sur les fleuves d'Indo & pilote de Corsair en Algérie, chef des FS au Kosovo, Commissaire des armées en CdI, valeureux Poilus et déroute djihadiste au Mali

 

Poursuivons la visite de notre bibliothèque militaire, entamée ici

Cette fois-ci, nous revivons les combats d’un grand-ancien d’Indochine et d’Algérie. Nous accompagnons au Kosovo le chef des Forces Spéciales françaises et en Côte d’Ivoire un Commissaire des Armées. Nous visitons la base de Nancy-Ochey, tanière des Muds alias Mirage 2000D. Nous nous posons des questions sur nos valeureux Poilus et nous concluons, grâce à l'assistant militaire du chef des opérations terrestres de Serval, avec la brillante victoire de nos soldats sur les djihadistes au Mali !

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« De Saïgon à Alger », LV Bernard Bachelot, Dinassaut 6, 14F, 12F

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LCM en patrouille fluviale, Indochine

Certains hommes se sont finalement endormis couchés les uns sur les autres. A la surface du fleuve, l’eau phosphorescente scintille. Les remous font danser le reflet des étoiles et les lucioles transforment un palmier en arbre de Noël. Un souffle d’air fait vibrer le feuillage. Ce frémissement provoque un malaise. Et toujours le croassement lancinant des crapauds-buffles. Les guetteurs viets, tapis dans ces branchages, doivent écouter le passage du convoi. Les oreilles se tendent. Le bruit sourd d’un tam-tam. Est-ce la peur ? Non, le rythme est plus net maintenant : les Viets donnent l’alerte. Deux coups brefs, un coup sourd. Pam, pam, poum… pam, pam, poum… Les doigts se crispent sur les armes.

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Corsair de la 14F partant en mission depuis la base de Telergma dans le Constantinois, Algérie. Photo Bachelot

Le napalm s’enflamme à une vingtaine de mètres au-dessus de la grotte. Bien décidé à réussir ma deuxième attaque, je garde une ligne de vol parfaitement horizontale et attends « le plus tard possible ». J’appuie sur le bouton et tire violemment sur le manche. Le sommet de la falaise apparaît au-dessus du nez de mon appareil, trop haute me semble-t-il pour être franchie. Trop près de la montagne, je ne peux dégager en virage. En un mouvement reflexe, je pousse à fond la manette de gaz et accentue fortement ma pression sur le manche. Ma cellule se met à vibrer violemment, je suis à la limite du décrochage. La falaise fonce sur moi.

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L’exode, Alger, 1962.

Un choc, une blessure. En cet instant ma vie bascule. Un monde – le mien – s’effondre. Des valeurs essentielles auxquelles j’avais appris à croire et à être fidèle – patriotisme, honneur, parole donnée… - ont toutes été violées. Ne sont-elles plus désormais respectables ? Terrible déception qu’accompagne un sentiment de révolte qui, des années durant, me rongera et qui, 45 ans après, reste encore vivace.

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« De Saïgon à Alger » par le Lieutenant de Vaisseau Bernard Bachelot, EN48. Un monsieur discret, rencontré lors du salon des écrivains-combattants 2013, et pourtant un grand ancien : il a combattu de 51 à 53 sur les fleuves de Cochinchine, au sein de la Dinassaut 6, Flottille Amphibie Indochine Sud, avant de devenir pilote de l'Aéronavale, flottilles 14F puis 12F dont il prend le commandement. Formé aux Etats-Unis, c'est aux commandes de son Corsair qu'il intervient lors de la campagne de Suez puis de la Guerre d'Algérie - époque déchirante pour lui, Bernard étant pied-noir, amené à bombarder sa propre maison de famille… L'issue du conflit sonnera d'ailleurs le glas de son engagement militaire. Très beau récit.

Aux éditions L'Harmattan, disponible ici.

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Avec le LV Bernard Bachelot au Salon des Ecrivains-Combattants 2013

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 « L’Europe est morte à Pristina », COL Jacques Hogard, Légionnaire

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Miliciens de l’UÇK [milice indépendantiste Albano-Kosovare]

Une embuscade vient d’être déclenchée par l’UÇK sur un convoi de civils serbes, deux cents tracteurs emportant hommes, femmes et enfants, sur la route reliant Pec à Mitrovica. Je fais effectuer une reconnaissance par un hélicoptère armé qui me rend compte de la position des éléments de l’UÇK. Je lui demande alors de tirer quelques rafales de semonce afin de les contraindre à décrocher et cesser cette agression inqualifiable sur des civils armés. 

Quelques minutes plus tard, je suis, à ma très grande surprise, appelé à la radio par le Général britannique Mason qui m’enjoint de faire cesser les tirs contre ses SAS ! Je réalise alors que les éléments de l’UÇK qui se livrent à cette embuscade (…) sont encadrés – au minimum accompagnés- par mes « frères d’armes » des Forces Spéciales britanniques…

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« L’Europe est morte à Pristina » par le COL Jacques Hogard, Légionnaire, commandant le groupement interarmées des Forces Spéciales françaises au Kosovo, GIFS « Grakaniko », vétéran du Rwanda dont il a tiré un premier récit « Les larmes de l’honneur », que nous avons abordé ici

Dire que le conflit au Kosovo a été « compliqué » est un euphémisme, l’implication occidentale pouvant (devant) faire débat. Jacques ne s’en prive pas, battant en brèche certains choix militaro-politiques Otaniens [il démissionnera d’ailleurs de l’Armée après cette OPEX]. L’Histoire jugera. En attendant, nous ne pouvons qu’espérer que les communautés serbe et albanaise trouvent le chemin d’une coexistence pacifique… Et souvenons-nous des neuf soldats français morts au Kosovo, entre 2000 et 2009. Hommage à eux et aux blessés.

Aux éditions Hugo Doc. A commander chez votre libraire ou sur le Net.

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Avec le COL Jacques Hogard, notamment après sa conférence sur le Kosovo à l’IDC en mai 2014

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« La nuit africaine », Commissaire des armées (CNE) Julien Eche

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La Vierge aux larmes de sang, œuvre de Sandre Wambeke inspirée du livre de Julien Eche

Les Français nous prennent pour des gosses souriants : l'Afrique heureuse, qu'ils disent. Un peu comme si nous n'étions pas assez civilisés pour avoir l'air grave. C'est qu'ici, jeune homme, nous savons dès la naissance que nous sommes mortels comme tous les hommes, et que la finalité, c'est la cendre. Alors la vie doit être heureuse, joyeuse, rythmée et agréable. 

Vous autres Blancs, imaginez repousser sans cesse la mort, elle entre par trop en considération dans vos calculs ; il n'y a pour vous que l'épargne d'une vie, la position sociale, les chimères que votre société a inventé pour plus de richesse qu'il n'est physiquement possible (...) Alors vivez, oui, vivez ! Enchantez la vie des autres et faites en sorte d'être heureux, quoi qu'il vous arrive; Cela n'a rien de primitif. C'est au contraire la plus grande des sagesses.

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« La nuit africaine » par le Commissaire des Armées (CNE) Julien Eche est un récit romancé, inspiré de son déploiement en Côte d'Ivoire peu après la guerre civile : Un jeune officier part à la tête d'une petite unité pour montrer la présence française dans la brousse. Un parcours initiatique, vu initialement par le narrateur comme une aventure "à la capitaine Binger" (qui rallia Dakar à Kong à la fin du XIX°), mais qui, au gré des rencontres et évènements, ira bien au-delà de l'imagerie exotique véhiculée par les affiches ventant la Coloniale dans les années 30. Une belle histoire, bien menée et profonde. Pas seulement une autre vision de l'Afrique, une autre vision du soldat aussi...

Aux éditions L'Harmattan. Disponilbe ici.

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Avec le Commissaire des Armées Julien Eche

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« Dans le repaire du Mirage 2000D – Nancy-Ochey », Alexandre Paringaux, photographe

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Ses équipages sillonnent les cieux des Balkans, de l'Afrique, de l'Asie centrale et de l'Afghanistan. Cette omniprésence repose certes sur des matériels performants, en perpétuelle amélioration, permettant de répondre aux défis technologiques d'engagement toujours plus exigeants. Mais elle repose surtout sur les femmes et les hommes de la base aérienne de Nancy-Ochey qui permettent de répondre en permanence aux sollicitations opérationnelles. Quelle que soit leur spécialité, toutes et tous sont des rouages indispensables dans la performance de la BA 133. Dévoués et pugnaces, ils démontrent au quotidien un engagement sans faille, en dépit d'un environnement difficile. Les opérations menées au Kosovo, en République Démocratique du Congo, en Afghanistan, en Lybie ou encore au Mali attestent de leur engagement militaire et de leur abnégation.

Colonel Louis Péna, Commandant de la Base aérienne 133 « Commandant Henry Jeandet »

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« Dans le repaire du Mirage 2000D – Nancy-Ochey » n’est qu’un exemple parmi toute une série de beaux livres publiés par le photographe Alexandre Paringaux et Frédéric Lert, journaliste aéro de référence. On trouve en effet, dans la même collection, des ouvrages dédiés à ER 2/33 « Savoie », EC 3/3 « Ardennes », la Patrouille de France, les bases de Saint-Dizier, Mont-de-Marsan, Salon-de-Provence, les Forces Aériennes Stratégiques, le porte-avions Foch… Des livres-albums où l’on retrouve évidemment de superbes photos d’avions, mais aussi les hommes qui les font voler, les arment et les entretiennent ; ceux qui font fonctionner la base ; ceux qui la protègent. L’ensemble est visuellement remarquable, accompagné d’un texte fouillé et de nombreuses interviews. A chaque fois une petite bible, tant le sujet est traité avec exhaustivité. Attention, les tirages s’épuisent vite…

Aux éditions Zéphir. Disponible ici

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« Le petit quizz de la Grande-Guerre », Grégoire Thonnat

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De qui s’agit-il ? 

De nos cinq arrière-grands-pères, combattants de la Grande-Guerre en France et Russie ; Abel, Ernest mort pour la France, Gaston, Fiodor et Vassilï

 

Si les taxis parisiens sont rentrés dans l’Histoire avec les « taxis de la Marne », qu’ont-ils fait qui écorne un peu le mythe ?

Ils ont mis les compteurs afin que les autorités militaires règlent la course !

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Avec « Le petit quizz de la Grande-Guerre » de Grégoire Thonnat, nous sortons évidemment de notre  contexte « récit de soldat », mais ce livre mérite un coup de projecteur, bien qu’il soit d’ores et déjà un succès de librairie (25 000 exemplaires vendus). Il est composé d’une centaine de questions/réponses sur des évènements clés, anecdotes, idées reçues... Une manière ludique d’aborder la Première Guerre Mondiale, pour un prix modique (moins de 5€). L'Education Nationale pourrait tout à fait l’utiliser dans la cadre du Centenaire... (puisque l'on parle de pédagogie innovante, passons à l'acte). 

Aux éditions Pierre de Taillac. Disponible ici. A noter, dans le même esprit et par le même auteur, le « Petit quizz de la Marine ».

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Avec Grégoire Thonnat et les éditeurs Pierre de Taillac et Nimrod, aux Invalides pour le centenaire de l’ECPAD

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« Offensive éclair au Mali », CBA Rémi Scarpa, 92e RI

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« Rapaces » de la 4e Cie du 92e RI au combat dans les rues de Gao. Photo ECPAD/Jérémy L, issue du livre.

Les « Cent jours » de l’offensive les avaient soudés ; la chaleur étouffante n’avait distingué ni les grades ni les armes d’origine ; l’ennemi, tenace et imprévisible, avait été vaincu par l’effort conjoint des combattants, ceux de l’avant, commandés par des états-majors réactifs, des logisticiens et des transmetteurs, des pilotes et des mécaniciens (…) Cette victoire des armes de la France, c’était celle de l’union, chère au cœur du Général de Monsabert  , l’union des armes, des âmes et des cœurs.

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« Offensive éclair au Mali » par le CBA Rémi Scarpa, Gaulois du 92e RI. Ouvrage qui restera comme la référence sur Serval. En premier lieu, qui aurait été plus légitime que le CBA Scarpa, assistant militaire du GAL Barrera commandant les forces terrestres, pour écrire un tel livre ? Ensuite, vous y trouverez toutes les informations sur l’organisation de la force, le déroulement de l’opération au jour le jour, les unités impliquées (avec une large place laissée au Soutien, Transmetteurs, Tringlots, Logisticiens…), le matériel employé, les alliés africains, les insignes et fanions, des plans, les hommages à ceux qui sont tombés… le tout accompagné de témoignages. En sus, des clichés *sublimes* de l’ECPAD ou issus des collections particulières de nos combattants (ce qui en fait aussi un beau livre-photo). « Et c’est pas fini… » J En bonus, un film de 55 mn réalisé par l’ECPAD.

Aux éditions Pierre de Taillac. Disponible ici.

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Avec le CBA Rémi Scarpa, Salon du Livre de Paris 2015 & Prix littéraire de l’Armée de Terre – Erwan Bergot.

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A suivre…

 

 

 

 



21/06/2015

Commando de chasse harki, Appelé en Algérie, Ministre-combattant, Léopard de Bigeard, Pilote de Jaguar de Daguet et SBS britannique

Le temps nous manque, mille fois hélas, pour aborder sous forme de recension tous les récits lus et appréciés. En guise de rattrapage, nous lançons une nouvelle rubrique, abordant de manière plus « synthétique » des livres à même de compléter votre milibibliothèque en fonction de vos centres d’intérêt. Cette fois-ci : la Guerre d’Algérie, avec un Zouave, un Fantassin (et ministre), un Chasseur d’Afrique et un Léopard de Bigeard ; la Guerre du Golfe, opération Daguet vécue par un pilote de Jaguar, et enfin les Forces Spéciales britanniques au travers de l’autobiographie d’un SBS.

Nous poursuivrons cette série au fil de l’eau  et rien ne dit que certains de ces livres ne seront pas traités plus en profondeur dans le futur. 

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« Harkis, mes frères », SCH Jean Hinnerblès, 2e BZ, 94e RI

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Algérie, Jean Hinnerblès alias « Gerfaut », 24 avril 1961

Tendant l’oreille, il perçut  comme un frôlement de chaussure sur le sol, aussitôt suivi par le bruit d’un caillou qui roule, ce qui confirma la présence du Fell sur la piste ; puis une ombre apparut sur le sentier, puis une autre, puis trois… Ils étaient là, à deux mètres du canon de sa carabine. Gerfaut attendit, le cœur battant, prêt à lui exploser la poitrine. Alors que le premier allait sortir de son champ de vision, reprenant son self-control, il pointa l’arme sur la cible mobile, en hurlant très fort : feu !

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« Harkis, mes frères », par le SCH Jean Hinnerblès, 2e BZ, 94e RI. Sept ans de combat en Algérie, à la tête d'un commando de chasse harki. Un récit écrit à la troisième personne, ce qui lui donne un petit côté roman de guerre.

Paru en 2010 chez Amalthée. ISBN 978-2310005050. Livre épuisé, mais nous pouvons mettre en relation avec l’auteur.

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« Il était une fois l’Algérie d’un appelé », Georges Pagé, 9e RCA

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Alger, 26 mars 1962

Ce samedi, je décide d’aller me recueillir rue d’Isly. Le drame a eu lieu il y a à peine cinq jours. Tout semble dévasté, gravats sur les trottoirs, impacts sur les murs et sur la chaussée. Des gens viennent des autres quartiers. On commente l’absence de tous ceux qui sont morts. Comme je suis habillé en militaire, certaines personnes me regardent de façon haineuse.  Je comprends et ne m’attarde pas dans cette sinistre rue où tant de braves gens ont perdu la vie. L’armée a tiré sur des Français. C’est affreux.

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« Il était une fois l’Algérie d’un appelé – 1960-1962 », par Georges Pagé. Historique des dernières années de l'Algérie française, alors que l'auteur, appelé, est rattaché à l'état-major/9e Régiment de Chasseurs d'Afrique : communauté pied-noir du secteur d'Inkermann où Georges est basé, la rue d'Isly où il se trouve après la fusillade du 26 mars, le commando Georges, les SAS, ses rencontres a posteriori avec plusieurs acteurs des évènements (du GAL Massu à Pierre Messmer en passant par Michèle Hervé, grièvement blessée lors de l'attentat de l'Otomatic...), etc.

Paru en 2002 chez PG Editions. ISBN-13: 978-295182190. Il est possible de contacter l’auteur via son site ici

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« Un seul cœur, un seul drapeau », CDT Hamlaoui Mekachera, 6e RTA, 60e RI

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Algérie, 9e Cie du 60e RI, ligne Morice. Au centre, Hamlaoui Mekachera.

Mon intégration au sein du régiment de l’ex-Royal Marine [60e RI] a soulevé une certaine animosité. Je le ressentais quotidiennement, étant considéré comme le « bouc émissaire » de la perte de l’Algérie. Cela occultait le fait que c’était bien moi le plus grand perdant de cette tragédie algérienne. 

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« Un seul cœur, un seul drapeau », par le CDT Hamlaoui Mekachera. Orphelin de son père officier du 3e RTA, Mekachera intègre l'école des enfants de troupe de Miliana. Sous-officier sorti de Cherchell, il fait la campagne d'Indochine comme radio puis démineur du 6e RTA puis l'Algérie au sein du 60e RI. En 62, il rejoint la France et poursuit sa carrière d'officier dans plusieurs régiments d'infanterie. Quittant l'armée comme CDT, il est directeur de centre hospitalier, s'investit dans la vie associative, notamment auprès des musulmans rapatriés. Nommé délégué ministériel à l'intégration, membre du conseil économique et social, il termine sa carrière d'homme d'état comme ministre délégué aux anciens combattants. La partie "militaire" ne représente qu'un tiers du livre, essentiellement consacrée la période « enfant de troupe et école ». La seconde, «civile », est axée devoir de mémoire.

Paru en 2013 chez L’Harmattan. ISBN 978-2343017013. Disponible ici

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« Trois ans chez Bigeard », 1CL Albert Bernard, 3e RPC

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Schneidenbach mortellement blessé le 21.11.1957 lors de l’opération « Timimoun ». Photo SCH Marc Flament.

[Schneidenbach] atterrit juste derrière le lieutenant Douceur et moi, en plein cœur du groupe rebelle. A peine libéré de son parachute, il part la mitraillette au poing avec d’autres camarades et ils arrosent la crête des dunes qui nous environnent pour dégager la zone de saut. Douceur se souvient avec émotion de cette dernière image qu’il garde de Schneidenbach progressant dans le désert. A la fin de la journée [nous retrouvons] le jeune homme en pleine agonie après avoir reçu une balle tirée à bout portant dans le front : sans doute s’est-il fait surprendre par un de ces redoutables tireurs isolés, enterrés dans le sable. L’infirmier Jacques Robert lui couvre le front d’un bandeau de compresses pour réduire l’hémorragie.

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« Trois ans chez Bigeard », récit du 1CL Albert Bernard, 3e RPC. Il n'y a pas plus légitime que le léopard Albert [en photo de couverture avec le CNE Florès] pour évoquer cette ambiance particulière qui régnait au sein du 3e RPC en 56/58 : Radio de la 4e Cie, il est sous les ordres des fameux CNE Florès ou LTN Douceur et en contact constant avec « Bruno », qui le surnomme "Beauté" du fait de sa voix joliment radiophonique... 

Le bled, la bataille d’Alger, le « Je vous ai compris », le putsch ... tout cela vu de l'intérieur, suivi d’un document inédit de Bigeard, avec ordres du régiment, ordres du jour et notes de présentation de 1955 à 1957.

Paru en 2012 aux éditions LBM. ISBN 978-2915347913. L’éditeur a malheureusement disparu mais nous pouvons mettre en relation avec l’auteur.

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« Jaguar sur Al Jaber », CNE Alain Mahagne, EC 2/11 « Vosges »

Clip : Jaguar pendant la guerre du Golfe.

Ma verrière était perforée de part et d’autre et au milieu… il y avait mon casque. Dès lors, je réalisais que j’étais blessé. Aucune peur ne m’envahit, je restai lucide et maître de mes moyens. J’annonçais calmement mes problèmes à la radio :

« - Charly. Je suis touché. J’ai un trou dans la tête et je pisse le sang. – Tu confirmes Charly ?! »

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« Jaguar sur Al Jaber », par le CNE Alain Mahagne, EC 2/11 « Vosges ». Un des (trop) rares témoignages sur la 1ère guerre du Golfe et l'opération Daguet, et non des moindres, puisqu'Alain a participé au raid des 12 Jaguars, le jour J, sur la base aérienne koweïtie d'Al Jaber, fortement défendue par la DCA irakienne. Pour preuve, une balle a traversé son cockpit, le blessant à la tête...

Paru en 1993 (SHAA), réédité en 2011 aux éditions A4PM. ISBN 978-2-9536496-3-5. Pour se le procurer, contacter l’auteur ici

N’oublions pas les 12 Français morts lors des opérations Daguet, Libage, MONUIK. Hommage à eux, aux blessés et à tous Ceux du Golfe.

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« En première ligne », Duncan Falconer, SBS, 14 INT

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Soldats de l’IRA [Armée Républicaine Irlandaise]

J’entendis un bruit, tout près ; un pied qui écrasait une brindille. Tous les sens en alerte, le front plissé à force de me creuser la cervelle, je retins ma respiration, mon cœur s’arrêta de battre. On aurait dit que tout se passait au ralenti. Le bruit reprit quelques secondes plus tard. Cette fois, j’en étais sûr, c’était un bruit de pas, suivi bientôt par un second. Mon cœur battait à tout rompre, j’avais une chape de plomb sur la poitrine. Quelqu’un s’approchait lentement le long de la haie. Je gardais la bouche entrouverte, réaction instinctive qui améliore la finesse de l’ouïe. Je pris plusieurs respirations profondes, l’adrénaline affluait dans mes veines. Je fis pivoter très lentement mon arme pour pointer le canon sur le bout de la haie, à quelques mètres devant moi. Encore un pas. J’effleurais doucement la détente.

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« En première ligne » de Duncan Falconer, plus jeune recrue de l’histoire du Special Boat Service. Une plongée [jeu-de-mot] passionnante dans l’univers du SBS et du « Det »/14 INT, piliers, avec le SAS, des Forces Spéciales de Sa Très Gracieuse Majesté. La sélection et l’entraînement,  la lutte contre l'IRA, l’abordage des cargos et plateformes pétrolières… mais aussi, et peut-être surtout, une belle histoire d’homme(s). On peut remercier Nimrod de rendre accessible aux non anglophones des témoignages de cette qualité. A lire en parallèle à « Parcours Commando » de Marius.

ISBN 978-2915243093. Disponible chez Nimrod ici

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A suivre…

 

 

 

 

 

 

 

20/12/2014

« Le temps de l’action – Un épisode de l’histoire du 92e Régiment d’Infanterie », Alphonse-Bernard Seny, photographe, Enfin!Editions

Extraits et photos publiés avec l’aimable autorisation de l’auteur. Tous droits réservés.

 

 

A moi, Auvergne !

Devise du 92e RI “Les Gaulois”,

attribuée au caporal Dubois du régiment d’Auvergne, lors de la bataille de  Kloster Kampen contre l’armée anglo-prussienne, 1760,  guerre de Sept ans.

 

Début 2012, le 92e Régiment d’Infanterie, constituant la base du Groupement Tactique Interarmes « Oies sauvages », s’entraîne sur  sa terre d’Auvergne. Son déploiement en Afghanistan approche.  Parmi les Gaulois, un drôle de personnage déambule, sans Famas, mais un appareil photo en bandoulière : Alphonse-Bernard Seny. Ainsi commence une belle aventure, qui trouvera son apogée en Surobi. Témoignage de cette page d’histoire, un livre photo comme on les aime : « Le temps de l’action ».

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Et c’est toute la vie des Gaulois et du GTIA qui s’expose à nos yeux, de bien belle manière : au rythme des 250 pages, on passe de l’entraînement dans les brumes auvergnates aux patrouilles sous soleil brûlant de l'Afghanistan; des convois sous tension à bouffer la poussière, à  la vie dans la base, « soulevage » de fonte et repas appétissants (ou pas) ; des traits tirés par l’épuisement physique et mental, aux sourires lumineux lors des rares instants de détente ; de la promiscuité dans le VBCI ou la chambrée, à l’immensité désertique de la Surobi, qui pourrait être sublime si la mort ne se cachait pas derrière chaque caillou…

Tout cela en grand format, porté par un traitement chromatique malin : couleurs froides pour l’Auvergne, chaudes pour l’Afghanistan.

L’un des livres photo les plus réussi sur les troupes françaises au pays de l’insolence.

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Alphonse-Bernard Seny en Afghanistan

Quelques pages du livre, accompagnées des mots du Colonel Gilles Haberey, chef de corps du 92e RI, 2010-2012, commandant le GTIA en Afghanistan.

 

Voici venu le temps de l’action

 

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Nous avons gravi des collines, trébuchés sous des sacs trop lourds. Nous nous sommes relevés et nous avons repris notre chemin.

 

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Nous avons arpenté des pistes sans fin, parcouru des villages écrasés par le ciel et de verdoyants vergers de grenadiers.

 

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Nous avons été éblouis par le soleil qui brûlait la terre et nous avons écouté le silence de la montagne.

 

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Nous nous sommes préparés, sans peur, mais avec une légitime appréhension. Serions-nous prêts à cette rencontre avec l’ennemi ? Serions-nous prêts à cette rencontre avec nous-même ?

 

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C’est alors qu’est venu le temps de l’action.

 

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 COL Gilles Haberey, chef de corps du 92e RI, commandant le GTIA « Wild Geese », Afghanistan,  2012.

 

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Photo © Benoît Schaeffer / Divergence

Alphonse-Bernard Seny débute sa carrière de photographe dans les années 70 mais évolue rapidement vers la réalisation, vidéo-clips, publicités, films d’entreprise. A la fin des années 80, il réalise un film documentaire sur les enfants abandonnés de Saigon. Conquis par le Vietnam, il s’y installe pendant 7 ans et participe à la création d’un hôtel de luxe sur l’ancienne base des forces spéciales américaines de Nhatrang. De retour en France, il reprend sa carrière dans les médias, dont un documentaire plusieurs fois primé sur le photographe Tim Page, à qui l’on doit des images mythiques sur la guerre du Vietnam. Pas à pas, il revient vers son premier amour, la photographie. On lui doit par exemple le projet « Charlie won’t surf », exposition de photos sur les traces de la guerre en Extrême-Orient, avec l’effet toujours dévastateur de l’agent Orange sur les générations successives. En 2011, il est autorisé par l’armée française à suivre le 92e RI de Clermont-Ferrand, de son entraînement à son désengagement de Tora. Fruit de cette immersion : un lien affectif fort avec les Gaulois, et un livre  remarquable, Le temps de l’action, qui concourt sans équivoque au titre de plus bel ouvrage photo sur l’engagement français en Afghanistan.

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Prix : 61,80€ (direct éditeur). ISBN 979-10-92076-00-4 format 24x30, 260 pages couleurs

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Pour vous procurer le livre, voir ici.

Disponible également chez Prividef, ici.

Site d’Alphonse-Bernard Seny ici.

Page FaceBook du 92e RI ici.

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Le Tigre du CNE Brice Erbland, auteur de « Dans les griffes du Tigre », en Afghanistan - Ceci est attesté par Brice lui-même, d’après le code de l’hélicoptère visible sur d’autres photos.

 

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A gauche et à droite, votre serviteur avec Alphonse-Bernard : au Festival International du Livre Militaire 2013, Saint-Cyr Coëtquidan, et lors du vernissage de son exposition "Charlie Won't Surf", le 10 octobre dernier, galerie "Espace réduit", Paris XI°. Au centre, à l'Ecole Militaire lors des journées du patrimoine 2013. Photo © Natachenka

L’armée, ce n’était pas trop mon truc. Question d’époque. Un rien de rébellion aussi ? Je suis fils d’officier. Et pourtant, il fallait que j’y vienne, après m’être intéressé à ce qui « entourait » l’armée, les traces de la guerre par exemple, ou Tim Page. Au final, mon passé rock n’ roll m’a peut-être servi. J’y suis allé au culot, et cela a marché. Lors de ma première rencontre avec le Colonel, j’étais un rien tendu. Je ne savais trop à quoi m’attendre. Et puis le courant est passé, avec lui, puis avec ses hommes. J’ai eu pratiquement carte blanche. Tout s’est fait très naturellement, pas à pas. Oui, ma vision sur ce milieu à part a changé. J’avais conscience qu’en Afghanistan, sans eux et leur protection, je n’étais rien. Evidemment, une telle aventure laisse des traces. Ce sont des gens extraordinaires et se rapprocher de l’armée m’a peut-être aidé à mieux comprendre mon père.

Basé sur une conversation au F.I.L.M avec Alphonse-Bernard

  

 

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Hommage

Aux Gaulois du 92e RI morts pour la France,

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc

 

Au cœur de notre France

Existe un pays de montagnes

Où l'on entend encore les échos des grandes batailles.

La vie et la mort s'y côtoient encore.

Quand nos armes sont sur le terrain

S'il faut, ennemis, nous referons Gergovie.

"Nos pères les Gaulois", chant du 92e RI

 

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J’ai commandé des soldats exceptionnels.

J’ai commandé des hommes qui savent aujourd’hui ce qui est essentiel et ce qui n’est qu’accessoire.

J’ai commandé des hommes qui ont grandi.

J’ai eu l’honneur d’être parmi eux.

 

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Et l’Afghanistan ?

Qu’adviendra-t-il demain de ce pays terrible où quatre-vingt-huit de nos frères d’armes ont laissé leur vie ?

Nul de ne peut le prédire.

Mais une chose est sûre : aujourd’hui, les cerfs-volants flottent de nouveau dans le ciel afghan.

 

Colonel Gilles Haberey

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livre photo, 92e Régiment d’Infanterie, Les Gaulois, Régiment d’Auvergne, GTIA Wild Geese, Surobi.