Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/03/2013

Mili-Reportage : Salon du livre 2013

 

sans-titre.png

 

La Plume et L’Epée se sont rendus au Salon du Livre, avec l’idée de ne visiter qu’un seul stand. Devinez lequel ? Indice :

RSDC18015.jpg

Bravo ! Stand J53, Armée de Terre !

En guise de préambule, nous tenons à remercier le SIRPA-Terre, organisateur de l’évènement, et en premier lieu le Commandant Hervé Tillette de Clermont-Tonnerre, chef du service Promotion-Evénement.  Merci mon Commandant pour votre accueil chaleureux. C’est grâce au SIRPA que nous est donnée la chance de rencontrer les soldats-auteurs !

Et que de bonnes idées marketing : les goodies, comme disent nos amis anglo-saxons (petits objets distribués gratuitement), au look camouflage Centre-Europe, étaient vraiment sympas. Mention particulière aux marque-pages collectors (en fait un puzzle qui forme en surbrillance le logo "glaive" de l’Armée de Terre). Gros succès auprès du public !

SDC18016.JPG

  

Mili-Reportage-Photo

 

RSDC IMG_9546.jpg

Votre serviteur en position de squatteur du stand de l’Armée de Terre (10:00 à 16:00...)

 

 

LE NEN (1).JPG

Le Colonel Nicolas Le Nen, 27ème BCA, en dédicace de ses nombreux traités de stratégie militaire, dont le dernier paru : « Enjeux de guerre », aux éditions Economica.

Nous parlerons prochainement de son  journal de marche en Afghanistan : "Task Force Tiger".

« Mon Colonel : Chasseur un jour… ;) »

 

FAVIERE+ LAURENCE.JPG

Sylvain Favière, infirmier-para (aujourd’hui réserviste) et son épouse Laurence.

Son livre « Ma blessure de guerre », paru chez Esprit-Com’, est un témoignage incontournable. Il fait l’objet d’une chronique ici.

Nous avons été très touchés de rencontrer son épouse Laurence. Moment loin d’être anodin pour nous.

 

 

RSDC DOUADY (2).jpg

Le Sergent-Chef Yohann Douady, 2ème RIMa, présentait « D’une guerre à l’autre », paru aux Editions Nimrod. Récit passionnant, bouleversant, qui aborde ses déploiements en Côte d’Ivoire et Afghanistan, porté par un style littéraire renversant. Nous en parlons ici.

RSDC ERBLAND (2).jpg 

Le Capitaine Brice Erbland, 1er RHC, en dédicace (son autre spécialité après le pilotage de Tigre ;) Voir la chronique dédiée à « Dans les griffes du Tigre »(Ed. Les Belles Lettres) ici. Le récit de ses actions en Libye, Afghanistan... mais pas que.

 

Saluons tous les autres auteurs présents, couvrant d’autres thèmes que le témoignage de soldat :  Benoît Royal  pour « La guerre dans l’opinion publique » ; dans le domaine de la BD : « Orion 2876 – Les Konoradiens attaquent » de Pascal Pelletier ; les passionnés d’histoire étaient gâtés, eux aussi : Stéphane Faudais  et son « Le Maréchal Niel » ; « Mon commandement en Orient », souvenirs du Général Sarrail ; La biographie du Général Vauthier par Max Schiavon …

RSDC ERBLAND (1).jpg

1er plan, Capitaine Erbland, 2nd plan Sergent-Chef Douady

Maintenant, imaginez notre joie, de voir, revoir, ces soldats-auteurs. Ils nous ont accordé beaucoup de leur temps. Et puis, nous avons bien ri aussi… Merci Messieurs.

 

RSDC DOUADY (3).jpg

Sergent-Chef Yohann Douady

 

Assumons maintenant notre côté groupies. Voici l’album photo « Le Soldat-Auteur, "La Plume" et "L’Epée" ».

Amis lecteurs, fans de littérature militaire, jouons ! Après chaque photo figurent quelques phrases adressées directement aux auteurs (oui, ils lisent le blog :). Ils devraient comprendre ces messages sans trop de difficulté. A vous de découvrir le sens caché. Il n’y a rien de confidentiel, donc, plutôt que d’en perdre le sommeil, nous vous donnerons la solution par message, sur demande.

 

RSDC FAVIERE (1).jpg

"La Plume", "L’Epée", Laurence & Sylvain Favière

 

A Sylvain : « - Le bleu vous va bien. Certes, entre terre de France et bleu, le cœur du Chasseur ne balance pas... Message subliminal :

SDC16074 001_057.jpg

 

A  Laurence : « - Je vous l’ai dit les yeux dans les yeux : Bravo. La "surprise" sur la chronique était méritée, non ? :) »

A Sylvain et Laurence : « - Quel est le plus beau couple de grands-parents de la Terre ? »

 

RSDC ERBLAND (6).jpg

"La Plume", Capitaine Brice Erbland, "L’Epée"

A Brice :

« - J’ai eu un flash : pas Sarrebourg (Lorraine), mais Saarburg (Sarre). Ceci étant dit, quitte à être dans la région... De plus, un certain vieil ami Lieutenant-Colonel X, évidemment au courant de nos retrouvailles (je devais lui faire un compte-rendu...), insiste beaucoup pour que je lui rende visite… »

« - A quoi bon être allé me faire couper les cheveux, si France 2 n’est pas là ! »

 

RSDC DOUADY.jpg

 "La Plume", Sergent-Chef Yohann Douady, "L’Epée"

 A Yohann :

« - Rhooo Yohann ! Un Chasseur ne « marche » pas, il galope ! Nous défilons à 140 pas/minute ! Alors oui, en plein dans le panneau ! Reste que : Félicitations Chef ! »

 « - Faire boire du coca à l’Adjudant-Chef Saulnier, voilà un challenge pour un Chasseur ! »

«  - Yohann "Hemingway" Douady. Si. »

 

RSDC CLERMONT TONNERRE.jpg

Commandant Hervé Tillette de Clermont-Tonnerre et "La Plume"

Au commandant Tillette de Clermont-Tonnerre :

« - Votre témoignage nous semble incontournable. Totalement complémentaire à ceux déjà publiés. Vous pouvez compter sur le soutien de La Plume & L’Epée. Parole de Chasseur et de Russe blanc (c'est dire...) ».

« - Grande muette, disait-elle ? ».

12557539-smiley-soldat.jpg

Merci à toutes et tous, soldats-auteurs, soldats-organisateurs. Nous avons passé une journée formidable grâce à vous !

 

*

F.I.L.M_medium.jpg

Les vendredi 19 et samedi 20 juillet 2013, les écoles de Saint-Cyr-Coëtquidan organisent la 4ème édition du Festival International du Livre Militaire. 

Oh comme ceci est tentant…

 *

578444_502222933148508_653136511_n.jpg 

Il n’y a pas que La Plume et L’Epée qui ont bon goût, la FNAC Saint-Lazare également.

 

 

 

 

24/03/2013

Hommage au CPL Alexandre van Dooren, 1er RIMa, mort pour la France au Mali

SDC18007.JPG

Il y a des jours comme ça.

Vous dites à vos collègues que vous vous absentez une heure. Ils ne vous posent pas de question, ils savent. Vous sortez de la station Invalides. Vous passez près des attachants anciens combattants. Parmi eux un Chasseur, un alpin, tout beau dans sa Solférino, sa tenue bleue année 60. Vous vous placez tout au bord du trottoir, à côté d’un marsouin. Un ancien du 1er RIMa, vous dit-il. Vous papotez avec lui. Il est sympa. Le Chasseur ancien-combattant s'approche et vous demande gentiment de vous écarter un peu pour laisser plus de place aux porte-drapeaux. Vous faites quelques pas et reprenez votre conversation.  Le Marsouin vous dit que c’est un devoir d’être là. Que toute la France devrait être là. Décidément, vous l’aimez bien. Et puis le Chasseur vous demande de vous pousser encore un peu. Le Marsouin vous dit : « Ah ces Chasseurs ! Toujours à mettre le bazar ». Vous rigolez. Et puis, du monde arrive encore. Vous devez à nouveau vous éloigner, mais vous voulez laisser le Marsouin près des drapeaux. En le quittant vous lui dites : « Ah oui, au fait, moi aussi je suis Chasseur… » et il vous répond avec un beau sourire : « Vous êtes des emmerdeurs, mais on vous adore ».

Vous vous placez au milieu du pont,  près des pompiers de Paris, des gendarmes, entre un Lieutenant-Colonel  et un civil, un homme de votre âge vous semble-t-il. Vous n’engagez pas la conversation avec lui. Un OrlyBus passe, le chauffeur vous regarde, et vous fait un salut militaire. Ce n’est pas une plaisanterie déplacée, il a le visage grave. Son geste vous émeut. La circulation est interrompue. Un « garde-à-vous » claque. Le Caporal Alexandre Van Dooren passe. Vous vous signez et vous lui dites des choses. Le cortège passe à son tour. Les voitures sont à deux mètres. La famille du caporal, le chef de corps du 1er RIMa… Ils vous regardent droits dans les yeux. Vous sentez votre cœur faire « crac ». Les voitures s’éloignent en direction des Invalides.

Vous reprenez le chemin de votre bureau. Vous faites quelques pas sur le pont. Vous vous retournez. Le civil qui était à côté de vous n’a pas bougé. Il regarde droit devant lui.

549776_505186252852176_764379679_n1.jpg 

3817771536.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/03/2013

"Ma Blessure de Guerre Invisible", Sylvain Favière, Infirmier-para, Ed. Esprit Com'

 

Cette chronique est dédiée à Laurence, épouse de Sylvain.

 

 

 « Pour moi, les gens parlent trop. Ils ont des soucis, des buts, des désirs, que je ne peux concevoir comme eux.

Parfois, je suis assis là, avec l’un d’eux, dans le petit jardin d’un café, et j’essaie de lui expliquer que l’essentiel, en somme, c’est de pouvoir être assis là, tranquillement. »

"A l’Ouest Rien de Nouveau", Erich-Maria Remarque

 

 

Ma. Blessure. De. Guerre. Invisible. Avec  ces  cinq mots, Sylvain Favière donne le tempo. J’emploie ce mot,  tempo, sciemment : son récit biographique s’apparente, en effet, à une mélodie - mieux, à une symphonie - allant crescendo.

 

Sylvain Faviere.png

Vous êtes confortablement installé dans votre fauteuil rouge. Le chef d'orchestre, soldat-compositeur, entre. Les musiciens débutent la partition.

C’est presque aérien, petite musique de chambre : La vocation d’infirmier de Sylvain, son attirance pour l’armée, son engagement chez les Paras.

Puis résonnent les premiers cuivres : son volontariat pour l’Afghanistan, s'éloigner de sa femme, de ses filles ; honneur, goût de l'aventure - qui n'effacent pas les doutes ; son départ, son arrivée au « Pays de l’Insolence ».

en-afghanistan-le-major-faviere-est-passe-d-infirmier-a_926559_490x290.jpeg

Photo © Sylvain Favière

A cet instant intervient un thème musical d’inspiration orientale : Sylvain est intégré, comme combattant-infirmier, dans une OMLT, unité de l’Armée Nationale Afghane, encadrée par les Occidentaux.

Il se sent proche de ces soldats Afghans, de fait, ses frères d'armes ; il fait de son mieux pour apprendre leur langue, partage le thé, et, évidemment, combat à leur côté.

« Leurs prières rythmaient leurs journées. Ils croyaient en l’éviction des balles, si Allah en décidait ainsi. Ils croyaient au châtiment de feu, en cas de faute. Leur manière de vivre et de penser était si différente de la mienne, Occidental, ayant accès à toutes les commodités du monde. Ils se complaisaient dans le peu, voire le rien, et Allah. Néanmoins, chaque soldat possédait un GSM…

Je leur disais que pour moi, il y avait des anges sur Terre, sous différentes formes. Ces anges vivaient parmi nous pour nous aider dans les moments difficiles. Ils semblaient comprendre. »

 

faviere3.jpg

Photo © Sylvain Favière

Pas d’entracte. La musique ne s’interrompt pas, mais notre soldat-compositeur, introduit, à cet instant, des phrases musicales dissonantes.

« Avec mes camarades, nous échangions nos analyses sur l’éventuelle explosion d’un IED sous notre VAB. Je disais qu’en cas de survie, les douleurs provoquées par les fractures seraient insupportables. Entre les blessures, les équipements et l’environnement du véhicule, la désincarnation risquait d’être laborieuse. Bull disait que la tourelle de la mitrailleuse lourde pourrait céder et lui couper le tronc en deux. Cela s’était passé à Kaboul. Il ajoutait qu’avec une forte explosion, la mort serait instantanée. C’était presque l’idée que nous préférions. »

Puis tous les cors sonnent ! Les tambours grondent !  et… silence.

Retour en France.

Seul le premier-violon joue.

 

Clervoy-Stess.jpeg

Photo ©Ministère de la Défense

 « Qui se souviendrait des noms de nos camarades tombés au Champ d’Honneur ? Qui se rappellerait leurs noms ? »

Et joue encore,

« Personne ne s’intéressait à moi. A ce que je venais de vivre ? Parfois si. Il y avait bien quelqu’un qui me posait une question ou deux. Mais la complexité de la mission et les termes trop techniques ne permettaient pas une synthèse rapide. Alors, très vite, le désintérêt apparaissait sur le visage de mon interlocuteur. »

Joue...

« Je ne comprenais plus les gens. Je ne les intéressais plus. Je n’avais plus rien à leur dire. »

 Et joue, et joue…

« Alors les larmes me montent. Elles remplissent mes yeux abondamment. Elles coulent le long de mes joues. Je retiens un instant mes sanglots, puis j’éclate en pleurs, criant tout ce que je peux. Je suis dans la pénombre, volets tirés. Parce que j’ai honte. »

Tambours ! Cymbales !...

« J’ai envie de tuer. »

Silence…

Alors, une petite flûte, toute douce, comme un murmure, bien agréable à nos oreilles.

« Je n’étais pas malade. J’étais blessé. »

 

4165623.jpg

Photo © Sylvain Favière

Et puis… Oh, ce n’est certes pas l’Hymne à la Joie, mais, à nouveau des cordes. C’est discret au début, mais on les entend. Et on va les entendre, jusqu’au bout de la partition, de plus en plus distinctement...

« Aujourd’hui, cette blessure est devenue une cicatrice, avec laquelle je vis (…) De temps en temps, elle s’ouvre un petit peu (…) Comme l’ange Saint-Michel  avait dû veiller sur moi lorsque j’étais parachutiste de l’Armée Française en Afghanistan, je sais que quelque part, aujourd’hui, j’ai un ange gardien qui panse mes plaies quand elles s’ouvrent, arrêtant les saignements, et me permettant, ainsi, de repartir, soigné de mes maux. »

Le chef d’orchestre soldat-compositeur se retourne,  il regarde la salle. Il salue.

Le public se lève.

Tonnerre d’applaudissements.

 

*

sylvain-faviere-38-ans-etabli-en-bearn_926558.jpegSylvain Favière s'engage comme infirmier-para. En 2011, il est volontaire pour un déploiement en Afghanistan. Agé de 38 ans, il est désormais  réserviste, salarié d'un service de santé au travail. Marié, père de trois enfants, il est aussi… grand-père :). Sylvain sera présent au Salon du Livre, Porte de Versailles, sur le stand de l'Armée de Terre (J53). Il se prêtera au jeu des dédicaces les 22 (10:00-14:00) et 23 mars (10:00-12:30). Liste complète des auteurs ici

 

logo-cabat_article_demi_colonne.jpeg

L’intégralité des droits d’auteur est versée à la CABAT – Cellule d’Aide aux Blessés de l’Armée de Terre 

 


*

Soutenez les Editeurs qui soutiennent nos Troupes : Esprit Com’

 

 

20080_18679_18575_une-sarko-militaires.jpeg

Hommage aux blessés dans leur chair,

Hommage aux blessés dans leur cœur,

Hommage aux blessés dans leur âme.

 

 

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux Infirmiers-Paras, à tous les meurtris.

Sylvain, c'est toujours le même ange...

"Saint-Michel, défenseur des âmes justes,
Saint-Michel, consolateur des affligés…"

Litanie de l’archange Saint-Michel, Saint-Patron des Parachutistes

 

 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un infirmier-para, témoignage stress post-traumatique, Afghanistan  

04/03/2013

D’une Guerre à l’Autre – Yohann Douady – 2ème RIMa - Ed. Nimrod

 

  • « J’ai fait tout ce qu’un soldat a l’habitude de faire.
  • Pour le reste, j’ai fait ce que j’ai pu. »
  • Etienne de Vignoles, dit La Hire, compagnon d’arme de Jeanne d’Arc.

 

Avec « D’une Guerre à l’Autre », le Sergent Yohann Douady nous livre une autobiographie de ses dix premières années de marsouin.

Yohann Douady.JPG

Quel bouquin ! Que les « petits » lecteurs ne s’effraient pas du nombre de pages : « D’une Guerre à l’Autre » se dévore ; j’avais grand mal à le refermer, même tard dans la nuit.

Après une rapide introduction sur la Bosnie, Yohann aborde en profondeur son déploiement en 2004, en Côte d’Ivoire. Il y vit les évènements tragiques du bombardement du camp français de Bouaké, dont il réchappe par miracle, mais où son ami le 1ère Classe Benoît Marzais meurt sous les bombes ivoiriennes, puis le drame de l’hôtel Ivoire, où le 2°RIMa ouvre un feu préventif, pour se désengager de la foule hostile, attisée par les « Jeunes Patriotes » pro-Gbagbo (1).

« Plutôt que de risquer d’affronter la foule, notre Commandant était prêt à sacrifier nos véhicules, après que nous nous soyons barricadés dans l’hôtel. Pour accroitre ce sentiment de malaise, nous reçûmes peu après un drôle de conseil qui nous fût transmis par notre Chef (…) : « Ce serait bien d’appeler votre famille une dernière fois… ». Nous nous regardâmes bizarrement. Certains se demandèrent alors s’il ne faudrait pas songer à garder une dernière cartouche, pour soi, au cas  où… »

381113_2640067007199_1860215454_n.jpeg

photo © Yohann Douady

Dans une seconde partie, courte mais intense, Yohann met en avant sa détresse au retour de Côte d’Ivoire. Relations tendues avec sa hiérarchie, compliquées avec la veuve de son ami Benoît. Incompréhension, engueulades, envie de tout envoyer bouler, détresse, alcool.

Terrain glissant diront certains : « un soldat peut souffrir, mais il le tait ». Et bien, au contraire, ces chapitres sont fondamentaux (2) ! Ils sont un encouragement pour les hommes amenés à vivre une situation comparable, car Douady trouve les clés pour se reconstruire : il se « pause », il parle,  il accepte les mains tendues, il retisse des liens amicaux indispensables dans le contexte militaire, il se donne des ambitions, « fait » Saint-Maixent et est nommé sergent, rejoint la section Tireur d’Elite où il retrouve la place qui lui est due. Bravo pour ce sac vidé. Certes, dans la tête, rien n’est oublié, mais  la clé se trouve bien dans l’échange et le partage.

385233_2640044126627_2100810633_n.jpeg

photo © Yohann Douady

Enfin, une troisième partie, haletante, dans laquelle Yohann retrace son déploiement en Afghanistan en 2011. Là encore, c’est aussi terrible que brillamment conté. La fatigue, et le stress, et la peur, et la sueur, et la crasse. L’amitié, et  la solidarité, et  le courage, et la valeur, et l’engagement. Et le drame. Si cruel, après tant de mois de combats.

Quelques jours avant la fin du déploiement en Afghanistan, la section Tireurs d’Elite de Yohann prépare une dernière mission et charge son matériel dans un VAB.

 

  • Explosion.
  • (...)
  • Yohann ne comprend pas.
  • (...)
  • "Skippy, blessé mais vivant ; Warren, indemne ; le chef Jérôme, blessé et pris en charge ; Mais où est Loulou ?"
  • (...)
  • Une grenade a explosé accidentellement.
  • (...)

314952_2640054646890_301160189_n.jpeg

Chef Jérôme, Skippy, Warren, Loulou, Yohann - photo © Yohann Douady

« A l’image de la plupart de mes frères d’armes, je suis un caméléon, à la fois jeune homme et soldat, courage et peur, rires et larmes… Un caméléon qui se serait imprégné durant dix années de couleurs de la guerre, et dont la peau serait aujourd’hui pigmentée d’une multitude de teintes, allant de la nuance la plus éclatante au noir le plus sombre.

Chaque jour qui passe, je ne peux m’empêcher de plonger un pinceau dans cette palette pour tracer des toiles bariolées ou des fresques tourmentées que j’expose quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures au plus profond de mon esprit. Une succession de scènes sauvages et parfois dantesques qui trouvent leur source dans ce que j’ai vécu, dans les situations de désolation effroyable ou d’humanité absolue que j’ai traversées.

La guerre n’est pas monochrome, c’est bel et bien un tourbillon de couleurs, capable de vous émerveiller, comme de vous donner le vertige, et bien sûr, de saturer votre regard, jusqu’à vous donner la nausée. »

 

(1) 2004. Nous gardons tous en mémoire cette opération difficile, où la force française Licorne s’interpose entre les deux factions rivales : celle du président Gbagbo au sud, celle d’Alassane Ouattara au nord. Ce qui devait être une opération de maintien de la paix, et de protection des ressortissants européens, trouve une apogée dramatique dans le bombardement par l’aviation de Laurent Gbagbo, du camp français de Bouaké (9 morts parmi les hommes des RICM, 2°RIMa et 515°RT, un civil américain, et des dizaines de blessés),  puis les « évènements » de l’hôtel Ivoire, qui voient les soldats français acculés par la foule, radicalisée par le mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes ; Yohann et ses camarades n’ont d’autre  choix que de se dégager par des tirs indirects, faisant, hélas, une dizaine de tués parmi les manifestants.

(2) Cette démarche de transparence est approuvée au plus haut niveau hiérarchique militaire. Pas convaincu ? Lisez la préface du Colonel Héluin chef de corps du 2ème RIMa en 2010-1012, commandant le battle group Richelieu. Et, si cela ne suffisait pas, notez que « D’une Guerre à l’Autre » fait partie des trois sélectionnés pour le prix littéraire Erwan Bergot 2013 de l’Armée de Terre, comité présidé par le général Ract-Madoux… Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre…

 

ivoire-jpg-1972b.jpegJe reviens  sur l’épisode tragique de l’hôtel Ivoire, avec une anecdote personnelle : en mai 2012, j’ai eu la chance de passer une semaine formidable en Auvergne, auprès d’un p’tit cousin militaire. Malgré sa conduite automobile *atypique*, je l’ai accompagné dans la préparation d’un camp scout. Deux jeunes chefs scouts nous accompagnaient, dont un Ivoirien, en école d’ingénieur dans la région. Au gré de la conversation, le sujet des évènements de l’hôtel Ivoire s’est présenté. L’ambiance s’est tendue de fait ; le p’tit-cousin étant passé par la Côte d’Ivoire. Le jeune Ivoirien, un gosse à l’époque, était présent devant l’hôtel, parmi les « jeunes patriotes », et nous manifestait son incompréhension : « Pourquoi les Français nous ont-ils  tiré dessus ? J’étais à côté d’une femme. Elle s’est pris une balle. Elle est morte dans mes bras ». Ce n’était pas le lieu, pas le moment, d’aborder un tel sujet. J’ai donc, en "vieux sage", réorienté la conversation, suivi en cela par les garçons (certains ont encore du respect pour leurs aînés).

Yohann parle de cette femme, page 117. En terminant le chapitre, je me suis dit qu’après ces si dramatiques instants, vécus par les Ivoiriens, manipulés par la propagande de Gbagbo, livrés au phénomène de foule dont on connait la dangerosité; ces si dramatiques instants, vécus par les hommes du 2°RIMa, traumatisés par la mort de leurs frères à Bouaké, acculés par une masse menaçante, hors de tout contrôle, je comprenais les deux partis. Mais, tout en déplorant la dizaine de victimes civiles, je me suis dit que si les « jeunes patriotes »  avaient eu affaire à d'autres hommes que Yohann et ses camarades, avec leur sang-froid et professionnalisme, ce sont des centaines de morts qui auraient gis devant l’hôtel…

Au risque de choquer, au final, il y avait de quoi se réjouir : je me suis réjoui que ce jeune Ivoirien, peu d’années après, soit avec nous dans cette voiture, en France, à suivre des études brillantes, à organiser un camp scout. Je me suis réjoui que la France lui ait donné cette chance. Je me suis réjoui que l’Ivoirien ait serré la main qui lui était tendue (ou l’inverse ?). Je me suis réjoui de le voir assis, à côté d’un milouf de l’Armée Française, en balade, dans notre belle Auvergne. Nous avons passé un week-end formidable tous les quatre, à traverser un torrent en cru, boire des bières (avec modération pour eux), dormir sous la tente (un peu de caillasse plantée dans le dos), remettre nos fringues humides après l’inévitable orage nocturne ; et pour moi, rajeunir de 20 ans.

Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, a été déféré devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, pour crime contre l’Humanité. Il est accusé de meurtre, viol, persécution et actes inhumains.

 

 

298076_2640036046425_299841776_n.jpegEn 2001, au soir même de sa dernière épreuve du baccalauréat, Yohann Douady s’engage. Il rejoint les valeureux marsouins du 2ème Régiment d’Infanterie de Marine de Champagné (Sarthe). Il est déployé en Bosnie dans la cadre de la SFOR, en Côte d’Ivoire à deux reprises (Opération Licorne). En 2005, il est nommé sergent. Il rejoint la section Tireurs d’Elite du 2°RIMa en 2007. En 2011, il est déployé en Afghanistan, au sein battle group Richelieu de la task force La Fayette.

Aux Editions Nimrod

...

212977_des-soldats-francais-evacuent-des-gravats-le-10-novembre-2004-a-bouake-apres-le-bombardement-meurtrier-du-camp-militaire-francais.jpeg

Camp de Bouaké

« Je n’ai vu aucun cadavre français. Je n’ai rien vu. » Président Laurent Gbagbo, 11 novembre 2004, interview  au Washington Post.

« Malgré toute notre tentative d’apporter des réponses allant dans le sens des autorités françaises, il nous revient avec force et évidence une seule réponse : il n’y a pas eu de soldats français tués lors des bombardements de Bouaké. » Ivorian.net, 12 novembre 2004.

« C’est bien beau de dire que ces soldats français ont été tués par les soldats ivoiriens. Encore faudrait-il que nous sachions si effectivement il y a eu des morts. » Tchimou Raymond, procureur de la République de Côte d’Ivoire, 18 janvier 2007, interview au Matin d’Abidjan.

« Les autorités françaises se sont empressées de rapatrier des cercueils, certainement vides, autour desquels un boucan énorme a été intentionnellement organisé pour susciter une vive émotion et la haine contre le régime ivoirien. » Le Temps, quotidien ivoirien, novembre 2009.

« Jusqu’à preuve du contraire, l’aviation ivoirienne n’a tué aucun soldat français. Cinq ans après les accusations farfelues des agents français, ils sont toujours incapables de fournir une once de preuve. » Abidjan Talk, août 2010.

benoit marzais.jpg

Marsouin de 1ère Classe Benoît Marzais

 

insignes.JPG

Hommage

A l’Adjudant Thierry Barathieu, RICM, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

A l’Adjudant Philippe Capdeville, RICM, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au Sergent-Chef Francis Delon, RICM, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au Sergent-Chef Laurent de Rambure, RICM, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au Caporal-Chef Patélisé Falevalu 2°RIMa, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au Brigadier-Chef Franck Duval, 515°RT, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au 1ère Classe Emmanuel Tilloy, 2°RIMa, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au 1ère Classe David Decuypere, RICM, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Au 1ère Classe Benoît Marzais, 2°RIMa, ami du SGT Douady, mort pour la France au camp de Bouaké, Côte d’Ivoire,

Aux blessés.

 

in000003.jpeg

Hommage

Au Caporal Alexandre Rivière, 2°RIMa, mort pour la France en Afghanistan,

Au 1ère Classe Cyril Louaisil, dit Loulou, 2°RIMA, ami du SGT Douady, mort pour la France en Afghanistan, mort au combat.

Aux blessés.

 Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc aux glorieux Marsouins,

 

Fidelitate et honore, terra et mare.

374779_2640066687191_1512381435_n.jpeg

« La mort nous suit.  On la combat, on la donne, pour que les nôtres l’évitent.
Un acte héroïque pour certains, et le plus terrible des péchés pour d’autres.
On n’oublie pas, on vit avec, et on passe outre 
»

1ère Classe Cyril Louaisil, lettre à ses parents

 

« Certains pourront toujours prétendre que nous n’avons influé sur rien, que ces dix années de guerre en Afghanistan ont été inutiles, mais il suffirait que germent les quelques graines d’espoir que nous avons semées lors de nos mandats successifs, pour que rien n’ait été inutile.
E
t même si rien ne germe, pourquoi devrions-nous regretter d’avoir essayé ? 
Pourquoi devrions-nous renier ceux qui ont été tués ou blessés, en essayant 

Sergent Yohann Douady

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Livre, récit biographique d'un Marsouin, 2e RIMa, Bouaké, Hôtel Ivoire, Côte d'Ivoire, Afghanistan, témoignage stress post-traumatique, Afghanistan  

21/02/2013

Hommage à Yves Debay

 Une pensée solidaire aux quatre enfants, leurs parents et ami, pris en otage au Cameroun par des barbares ; à tous les otages en Afrique. 

549455_612190555463255_1778284433_n.jpeg

Comment ne pas revenir sur la mort d’Yves Debay. Quel choc cela a été, pour moi comme pour tant d’autres. Nous ne nous étions jamais rencontrés, et pourtant, j’ai eu le sentiment de perdre un grand frère.

Rappelons, pour les non-initiés, qu’Yves, reporter de guerre, fondateur du magazine Assaut, a été tué le 17 janvier dernier par un sniper, à Alep en Syrie.

Quel personnage ! Oh certes, Yves ne faisait pas dans la dentelle ; on était avec lui "assez" loin du politiquement correct (la distance Terre-Galaxie d’Aldébaran,  vous voyez ?). Reste, qu’en accord ou pas sur certaines de ses positions, je me précipitais avec jubilation sur ses éditoriaux d’Assaut. « Qu’est-ce que le bougre va encore nous sortir ! :) ». Car au-delà du personnage haut en couleur, ronchon, gueulard, provocateur, disciple de Dionysos, transparaissait le cœur d’or, l’humour, le courage, l’humilité, la fraternité ; et, par-dessus tout, un amour (c'est le terme approprié) absolu pour nos soldats.

YDebay.jpeg

Yves n’est plus, mais je le vois, over the rainbow : « Hé Jeanne ! Tu me parleras du sacre de Reims une autre fois ! On va rejoindre Bigeard et Cambronne à la popote du 2ème REP ; ils accueillent un p'tit gars Chef qui arrive du Mali. En plus il est d'origine Belge !  Et puis... ils ont de la bonne bière ! » (flap flap flap) (bruits d’ailes).

Mais rassurez-vous, il prend aussi le temps de veiller sur nos filles et garçons en OPEX, et quand il leur arrive malheur, ça barde là-haut ! 

Ici-bas, on se sent un peu orphelins.

A l'annonce de sa mort, j'ai suivi les news. Je me suis remémoré le battage médiatique lors de la libération de deux journaleux ex-otages en Afghanistan, ou d’une femme ayant de mauvaises fréquentations au Mexique (libérations dont je me réjouis, bien entendu).  J'ai espéré un peu plus que ces quelques mots, coincés entre le temps qu’il fait à Châteauroux, et le prix de l’endive. J'ai espéré, oui, un... hommage.

Hommage des media, il n'y a pas eu.

J'ai trouvé ça moche. 

Invalides2.jpg

Honneur et Patrie ! Le jour où ces mots ne toucheront plus le cœur d’aucun Français, le jour où ils seront devenus incompréhensibles pour la plupart d’entre eux, il n’y aura plus de France.

Le jour où les corps des soldats morts pour la France gagneront leur dernière demeure dans l’indifférence, il n’y aura plus de France".

Le Président de la République, 11 novembre 2011.

 

DEBRAY.jpgYves Debay est né en 1954 au Congo Belge (aujourd’hui République Démocratique du Congo). Il s’engage dans l’Armée belge, qu’il quitte pour rejoindre les troupes Rhodésiennes (actuelle Zambie), puis Sud-Africaines, en lutte contre la rébellion africaine marxiste. Dans les années 1980, il se lance dans le journalisme. Véritable « reporter de guerre », il est sur tous les fronts : Liban, Golfe (en 2003 il «accueille» les chars américains à Bagdad), Balkans, Caucase, Afghanistan, Côte d’Ivoire, révolutions Arabes, et … Syrie. Collaborateur de Raids, il fonde Assaut en 2008, magazine «libre de ton», qui traite de l’actualité militaire, mais dans une approche très "terrain", au plus près des hommes, ce qui le rend passionnant.

 

 

Je renouvelle à la maman d'Yves, ses proches, tous les collaborateurs d'Assaut, son jeune padawan Erwan de Cherisey, mes plus sincères et affectueuses condoléances. 

 

Soutenez Assaut !

Abonnez-vous ! Commandez les anciens numéros !

429261_540963009252677_1735329_n.png

Avec le salut des diables-bleus, biffins, marsouins, képis-blancs, lézards, bigors, harkis, bat'd'af', tringlots, bérets verts, pompons rouges, culs-d'plombs, p’tits-gris, ploufs, pétafs, docs, trans, artiflots, gonfleurs-d’hélice, stratifs, ripainsel, rens, cocoyes, dolos, cyrards, etc… à leur frère Yves Debay.

« We few, we happy few, we band of brothers »

Shakespeare, Henry V.

 

07/01/2013

197 Jours - Un été en Kapisa, Julien Panouillé, 1er RCP, Ed. Mélibée

Panouillé.jpg

 

Rendre son « journal » attrayant pour autrui est un art difficile. Julien Panouillé réussi brillamment ce challenge. Il est vrai qu'il a le sens de la chute, manie très naturellement la petite phrase percutante et le non-dit, qui en dit long...
On passe brutalement de l'action à l'attente, de l'exaltation au spleen, de la fraternité au besoin de solitude.

Lorsque l’on se remémore ses lectures, quand bien même on a le souvenir d’avoir aimé un livre, on en garde parfois peu de choses. Quand je pense « 197 Jours », me vient immédiatement l’image de Julien, se levant la nuit, pour fumer seul sa clope devant l’immensité Afghane (*). C’est un signe : Ce livre se vit plus qu'il ne se lit.

 Saluons aussi les très belles préface (du Commandant de RAPTOR) et postface (du père de l'auteur).

 

 (*) fumer, c’est mal.

 

 "Vivre, ce n'est pas attendre que les orages passent ;

c'est apprendre à danser sous la pluie "

 

 

 

Julien paouillé.jpgLe Caporal-Chef Julien Panouillé est né en 1988. Il est tireur d’élite longue distance au prestigieux 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes de Pamiers, poste qu’il occupe en Kapisa, durant l’été 2011. Je garde en mémoire qu’il est le tout premier à m’avoir fait l’honneur d’une dédicace. Et si vous le croisez, demandez-lui de remonter ses manches… (vous comprendrez).

photo© Sébastien P.

 

 

 

Soutenez les éditeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Mélibées

 

 

 

1er_rc10.jpeg

Hommage :

Au Lieutenant Thomas Gauvin, 1er RCP, mort pour la France en Afghanistan

 

A l'Adjudant Pascal Correia, 1er RCP, mort pour la France en Afghanistan

 

A l'Adjudant Laurent Marsol, 1er RCP, mort pour la France en Afghanistan

 

Au Caporal-Chef Cyrille Hugodot, 1er RCP, mort pour la France en Afghanistan

 

Au Caporal Florian Morillon, 1er RCP, mort pour la France en Afghanistan

 

Aux 55 Chasseurs-Parachutistes du 1er, qui ont péri dans l’attentat du Drakkar, à Beyrouth ; à tous ceux morts en OPEX,

 

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du vieux Chasseur aux Bérets Rouges.

 

Et par Saint-Michel…

 

 

 Livre, journal, récit biographique d'un Chasseur-Parachutiste, 1er RCP, Afghanistan    

04/01/2013

Engagé, Nicolas Barthe, 21°RIMa, Ed. Grasset

Nicolas Barthe.JPG

 

Pour faire contrepoids à la décision bien triste du Conseil de Paris, de refuser de dédier un espace aux soldats français morts en Afghanistan (*), lisez « Engagé », de Nicolas Barthe.

Cela relève du témoignage, mais se dévore comme un très bon roman.

C’est tout en pudeur, bien écrit. Parfois drôle, souvent émouvant. En un mot : passionnant.

Il ne tiendrait qu’à moi, « Engagé» serait imposé au programme de lecture des lycéens, car, au-delà du témoignage opérationnel très réussi, c’est une leçons de vie que nous donne Nicolas, garçon aussi brillant que sympathique. Respect.

 

Et puis, franchement, quelle couverture ! (n’est-ce-pas Mesdames ?) ;)

 

En repensant à "Engagé", me vient immédiatement à l'esprit le silence *assourdissant* de Nicolas, sur l'opération qui vît ses frères d'armes mourir.

Alors, n’en déplaise à certains, saluons comme il se doit la mémoire du LTN Mezzasalma, du SCH Mosic et du CCH Panezyck, tombés avec honneur en Afghanistan.

Et oui, l’honneur existe encore.

(*) Vœu présenté par le maire du XVI°, qui a reçu un vote « contre » des conseillers majoritaires. Voir ici.

 

200082_107540135995720_6110992_n.jpegLe Capitaine Nicolas Barthe est né en 1980 à Nice. Diplômé de l'Université de Sophia-Antipolis et Science-Po Paris, il s'investit dans le monde associatif et sportif. Il s'engage en 2003. Lieutenant, Chef de section de Combat au 21°RIMa, il est successivement déployé au Kosovo, en Guyane, et en Afghanistan. Nommé Capitaine, Barthe a rejoint le Régiment du Service Militaire Adapté de la Guadeloupe. En sus, Nicolas est un supporter (totalement partial J) du (petit J) club de foot OGC-Nice (ouhlala il ne va pas aimer… J) (heureusement, la Guadeloupe, c'est loin)

 

Soutenez les Editeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Grasset

 

 

21°RIMA - 13°RG.jpg

Hommage

Au Lieutenant Lorenzo Mazzasalma,

 

Au Sergent-Chef Laurent Mosic,

 

Au Caporal Jean-Nicolas Panezyck,

 

marsouins du 21° et Sapeur du 13°, morts pour la France, en Afghanistan.

 

Aux Marsouins et Sapeurs morts en OPEX.

 

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du vieux Chasseur aux Marsoins,

Et au Nom de Dieu…

 

 

 

 

 

 Livre, récit biographique d'un Marsouin, 21e RIMa, Afghanistan   

03/01/2013

Afghanistan, Task Force La Fayette - José Nicolas - Ed. L'Esprit de Tous les Combats

José Nicolas.JPG

Attention, chef d'œuvre.

Voici un livre-photo, formidable complément visuel aux témoignages des Barthe, Douady et autres Erbland. Je suis quelque peu contrarié du peu d'écho qu'il a suscité à sa sortie, car c'est une absolue réussite !

A tout Seigneur tout honneur : José Nicolas et ses photos, extraordinaires. José a l'indéniable talent de saisir l'instant. Ses clichés sont plus "scotchants" les uns que les autres. Attachez-vous aux regards des hommes et femmes dans l'action, vous comprendrez.

Une mention toute spéciale au chapitre "Le Repos du Guerrier".

José Nicolas 1.JPG

Photo © José Nicolas

Coup de cœur pour celle-ci. En une image, José saisit toute la complexité du contexte Afghan. 

SDC17933.JPG

Photo © José Nicolas

Ajoutons, et c'est fondamental pour un livre-photo : un "légendage" et des textes d'accompagnement pertinents (de Christophe Gautier), une conception graphique brillante, une superbe impression et un beau papier (recyclé !). Félicitations à toute l'équipe éditoriale !

Tout cela fait de "Task Force La Fayette" le cadeau idéal à faire à vos proches, intéressés par l'action de nos troupes en OPEX.

In-dis-pen-sable !

 

Nicolas_Jose.jpegJosé Nicolas est né en en 1956. Photo-journaliste depuis 1984, il collabore avec des journaux régionaux et organisations humanitaires, avant de rejoindre SIPA Press. "Freelance" depuis 1995, il couvre les conflits du Tchad, Bosnie, Liban, guerre Iran-Irak, Somalie, Rwanda, Afghanistan... (oui, la liste est bien longue...)                         Retrouvez José sur son site, ici.

 

Soutenez les Editeurs qui soutiennent nos troupes : Editions L'Esprit de Tous les Combats

 

 

524595_403699016309182_1611713546_n.jpeg

Hommage :

Au Sergent Sébastien Vermeille, Photographe Sirpa-Terre, mort pour la France en Afghanistan,

A Yves Debay,

Aux reporters et photographes, civils et militaires, morts en OPEX,

Aux blessés.

 

Avec le salut fraternel du vieux Chasseur aux *vrais* reporters de guerre

 

 

 

Livre, photos, Afghanistan   

02/01/2013

« Dix Semaines à Kaboul », Pr Patrick Clervoy, Service de Santé des Armées, Ed. Steinkis

  •  
  •  
  • "Celui à qui la guerre ne fait point horreur, c'est lui, le vrai lâche."
  • Jean Simard, écrivain Québécois

 

Le Professeur Patrick Clervoy, médecin militaire, nous fait partager le journal de bord de ses dix semaines passées en 2011, au sein de l’hôpital militaire de Kaboul.

Une baffe.

 

Patrick Clervoy.jpg

En guise de préambule, au risque d’être trivial, rappelons que le personnel de Santé est exposé aux mêmes risques que les autres militaires.

En Afghanistan, les véhicules ambulances ne sont pas marqués d’une croix (voire d’un croissant) rouge ; ils deviendraient dès lors la cible privilégiée des Talibans…

Peu avant l’arrivée du Pr Clervoy à Kaboul, un colonel Afghan est entré dans une salle de planification située dans la base de l’hôpital militaire, et a abattu froidement 8 américains, avant de se faire éliminer par la garde (à noter que, lors des obsèques de ce colonel, 15 000 personnes étaient présentes… ).

MinDef-ECPAD.jpeg

photo © Ministère de la Défense/ecpad

Les médecins, infirmières et infirmiers, brancardiers-secouristes, sont des combattants, mais avant tout, ce sont  des combattants pour la Vie.

Ce ne serait pas faire honneur aux sacrifices de nos troupes que de se contenter des mots  « blessé », « amputé », « mort ». Ce sont des paravents, et, par confort moral, on ne veut surtout pas regarder ce qui se cache derrière. C’est, de notre part, une forme de lâcheté.

La lecture de « Dix Semaines à Kaboul » est donc incontournable, aussi difficile, « émotivement parlant » soit-elle.

Theatrum-Belli Clervoy 1.jpeg 

photo via  Theatrum Belli

Attendez-vous à être secoués, malmenés, dérangés : l’effroi dans les yeux, le corps en charpie, la  souffrance à devenir fou, le sang qui pisse, l’aorte à clamper, l’os à scier.

Oh non, Clervoy ne nous ménage pas. Il nous fracasse même un peu.

Alors, oui, on se réjouit, admiratifs de l’engagement des hommes et femmes du service de Santé : la petite fille est sauvée, le civil sort de son délire et sourit, le soldat a les clés pour se reconstruire, alors qu’il a tué d’un tir accidentel son camarade (chapitre bouleversant).

Oui. On se réjouit. Mais parfois…

 

  • Les traces de sang ont été nettoyées,
  • Les mains sont propres,
  • Le visage couleur de cire est celui d'un jeune homme aux traits fins et réguliers.
  • "Il est beau", dit l'une des personnes qui l'ont préparé.

 

Je défie quiconque de ne pas terminer certains chapitres les yeux embués (si c’était le cas, placez la main sur votre poitrine gauche. Vous vous apercevrez que vous n’avez pas de cœur).

HMC Kaia effervescence-aux-urgences-de-kaboul-2.jpeg

Hôpital Militaire International de Kaboul, photo © Ministère de la Défense

N’oublions pas que Clervoy est psychiatre. C’est donc au sortir de la salle d’opération, ou après les combats, qu’il intervient. Il est là pour prendre la main de ces filles et garçons, déboussolés, traumatisés, perdus dans un brouillard délétère. Il les fait sortir de ce brouillard, il leur désigne une petite lumière, celle indispensable à leur reconstruction psychologique.

D’une certaine façon, il applique la même démarche à nous, lecteurs : il nous prend, nous aussi, par la main, et nous aide à sortir d’une autre forme de brouillard : celui de la naïveté, des idées reçues, de l’hypocrisie, de l’égoïsme. Il nous  montre à nous aussi une petite lumière : celle qui, désormais, nous interdira de  commenter les news de cette façon : « un 5ème soldat est mort au Mali. C’est triste. Tu m’passes le sel ? ».

 

90832380.jpg

Caporal Alexandre Van Dooren, 1er RIMa

Mort pour la France au Mali

 

  • Derrière ces mots,
  • des soldats ont perdu leur camarade,
  • des parents ont perdu leur fils,
  • une jeune-femme a perdu son compagnon,
  • une petite-fille de deux ans a perdu son papa,
  • un bébé à naître ne connaîtra jamais son papa.

 

 

Nul homme n’est une île.Tout homme est un morceau du continent. Si une parcelle de terre est emportée par la mer, l’Europe entière en est lésée, comme s’il s’agissait de la maison de tes amis, ou la tienne propre.

La mort me diminue, car je suis solidaire du genre humain. Alors, n’envoie jamais demander : Pour qui sonne le glas ?

Il sonne pour toi. 

 

John Donne, Poète anglais (1572+1631), en introduction à « Pour qui sonne le glas », Ernest Hemingway

 

 

Merci Professeur pour votre livre. Merci pour cette baffe. Une baffe salutaire.

 

 *

 

d9c759b91b1d0a22d17b9d_L__SX80_.jpegPatrick Clervoy est né en 1958. Médecin-psychiatre (Santé-Navale), il est titulaire de la chaire de psychiatrie à l’Ecole du Val-de-Grâce, spécialiste des traumatismes psychiques, membre du groupe de travail OTAN sur le stress et le soutien psychologique. Auteur de plusieurs livres, il est déployé régulièrement en OPEX.

 

 *

 

Soutenez les éditeurs qui soutiennent nos troupes : Editions Steinkis

Je tiens à remercier tout particulièrement Ainara

 

 * 

Clervoy - service-de-sante-des-armees.jpeg

Hommage

 

  • Au Premier-Maître Frédéric Paré, infirmier, Commando Marine, mort pour la France en Afghanistan,
  •  
  • Au Sergent-Chef Mathieu Toinette, infirmier, 402ème RA, mort pour la France en Afghanistan,
  •  
  • Au Caporal-Chef Rodolphe Penon, infirmier, 2ème REP, mort pour la France en Afghanistan,
  •  
  • Aux médecins, infirmières et infirmiers, brancardiers-secouristes, sauveteurs au combat, morts pour la France,
  •  
  • Aux blessés.
  •   

Avec le salut fraternel du Chasseur et de la Russe-blanc au personnel de Santé, combattants de la vie.

 

"Mari transve mare, hominibus semper prodesse"

Sur mer et au-delà des mers, pour la Patrie et l'Humanité, toujours au service des Hommes

Devise de l'Ecole de Santé des Armées 

 

 

 

Livre, récit biographique d'un médecin militaire, Afghanistan